‹ De la température de l'homme sain et maladeChapitre 2 sur 18 · Id., ibid.y p · texte numérisé non relu

Id., ibid.y p

de la chaleur animale : « J’ai fait voir, « dit-il, que l’air pur (oxygène), après être (( entré dans le poumon, en ressortait en (( partie dans l’état d’air fixe ou d’acide (( crayeux (acide carbonique). L’air pur, en « passant par le poumon, éprouve donc (( une décomposition analogue à celle qui (( a lieu dans la combustion du charbon. « Or, dans la combustion du charbon, il y « a dégagement de la matière du feu, donc « il doit y avoir également dégagement de « la matière du feu dans le poumon dans « l’intervalle de l’inspiration à l’expiration, ({ et c’est cette matière du feu sans doute « qui, se distribuant avec le sang dans (( toute l’économie animale, y entretient (( une chaleur constante de 32° 1/2 envi- (( ron du thermomètre de M. Réaumur.

« Cette idée paraîtra peut-être hasardée au (( premier coup d’œil, mais avant déjà « rejeter ou de la condamner, je prie de « considérer qu’elle est appuyée sur deux « faits constants et incontestables, savoir, « sur la décomposition de l’air dans le (( poumon et sur le dégagement de la ma- (( tière du feu qui accompagne toute dé- « composition d’air pur, c’est-à-dire tout

(( passage de l’air pur à l’état d’air fixe. « Mais ce qui confirme encore que la cha- « leur des animaux tient à la décomposi- « tion de l’air dans le poumon, c’est qu’il « n’y a d’animaux chauds que ceux qui « respirent habituellement, et que .cette U chaleur est d’autant plus grande que la « respiration est plus fréquente, c’est-à- « dire qu’il y a une relation constante (( entre la chaleur de l’animal et la quan- (( tité d’air entrée ou au moins convertie « en air fixe dans les poumons. »

La théorie de la chaleur animale était désormais établie scientifiquement; on y introduira sans doute plus tard quelques modifications de détails; mais il restera démontré, et définitivement acquis, que la chaleur animale est due aux actions chimiques dont l’économie est le siège.

Lavoisier, poursuivant ses travaux avec ardeur, a encore lu, en 1789, devant l’Académie des sciences, un mémoire dans lequel il développe l’ensemble de ses idées sur la respiration et la production de la chaleur animale.

(( La respiration n'est qu'une combus- ({ tion lente de carbone et d’hydrogène,

« qui est sütiiblable' en tout à celle qui (( s’opère clans une lampe ou dans une <( bougie allumées ; et sous ce point de vue, « les animaux qui respirent sont de véri- « tables corps combustibles qui brûlent et (( se consument.

« Dans la respiration, comme dans la (( combustion, c’est l’air de l’atmosphère (( qui fournit l’oxygène et le calorique, (( mais, comme dans la respiration, c’est la (( substance même de l’animal, c’est le sang « qui fournit le combustible.

(( Si les animaux ne réparaient pas ha- (( bituellement par les aliments ce qu’ils (( perdent par la respiration, l’huile man- (( querait bientôt à la lampe, et l’animal (( périrait comme une lampe s’éteint lors- « qu’elle manque de nourriture ^ »

A cette merveilleuse découverte Lavoisier en ajouta une autre, également importante et fort remarquable, il constata que, même chez les mammifères, le poumon n’êst pas la seule surface respiratoire, il découvrit la respiration cutanée, et embrassa ainsi, dans leur ensemble et dans

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