H. Uoger, Archives générales de médecine
série, t. V, p. 291.
leur progéniture les moyens les plus ellicaces de protection contre le refroidissement extérieur.
Dans la vieillesse, — la puissance respiratoire va toujours en diminuant et la chaleur propre subit une décroissance correspondante. W. Edv^ards assigne comme limite de la température des sexagénaires 35^ à 36^, et pour les octogénaires 34® à 35®. H. Roger et J. Davy ont aussi fait de nombeuses expériences pour éclairer la question ; leurs chiffres diffèrent un peu de ceux qui viennent d’être indiqués, variations qui tiennent probablement à la différence des constitutions et aux antécédents des individus observés.
Influence de la privation d'aliments. — • Les expériences de Ghossat ^ ont établi que, chez les animaux soumis à une abstinence forcée, la chaleur baisse en moyenne de 0®,3 par jour; mais le dernier jour de la vie, le refroidissement a lieu avec une telle rapidité, que la perte s’élève à 14®, et que la mort arrive lorsque la tempéra-
1. Recherches expérimentales sur l'inanition, Paris, 1843, p. 155.
lure du corps est descendue à 2k'' ou 25®. Comme ce degré est celui auquel, en général, succombent les animaux sains qu’on plonge dans des mélanges réfrigérants, quelques personnes ont pensé que la cessation de la vie, chez ceux qu’on prive d’aliments, est la conséquence du refroidissement du corps résultant de la diminution graduelle de la production de la chaleur.
Cette opinion, jusqu’à présent, n’est pas suffisamment appuyée par les faits pour être adoptée ; dans les expériences faites sur les animaux, on a constaté, en effet, que la diminution progressive de la chaleur était quelquefois interrompue par des périodes de réaction pendant lesquelles cette chaleur atteignait et dépassait même son chiffre normal.
Limites extrêmes entre lesquelles peut varier la température de l'homme. — Bien que l’homme puisse vivre dans des climats de température opposée, variant de 20® au-dessous de 0® à 30® au-dessus et même à àO® et 50® au soleil, ainsi que cela se voit chaque année en Afrique, sa température propre n’éprouve que des variations de peu
d’importance. Il y a, entre la température des individus qui habitent les pays les plus chauds et ceux qui habitent les pays les plus froids, à peine une différence de 1 degré plus en faveur des premiers.
Lorsqu'on enferme des animaux dans des étuves à + 60^^ ou à 4- 90°, leur température peut s’élever de 4, 5, 6 degrés au-dessus de leur température normale.
L’homme résiste mieux; on a constaté chez des individus qui se sont soumis volontairement à des expériences de ce genre, que la température de leur corps ne s’élevait pas au delà de 3° à ce qui s’explique par l’abondance de la sueur qui bientôt inonde toute la surface de la peau et la refroidit par l’évaporation.
Quand on pousse l’expérience chez les animaux jusqu’à la mort, ils succombent généralement lorsque leur température s’est élevée de 5, 6 ou 7 degrés au-dessus de leur température normale.
Lorsqu’on place des mammifères dans une atmosphère à 0°, ou dans des mélanges réfrigérants, leur température s’abaisse graduellement, et il leur est impossible de lutter longtemps contre une expérience un
peu prolongée. Ce mélange leur soutire plus de chaleur qu’ils n’en peuvent produire, et ils ne tardent pas à succomber. La mort survient, en général, quand ils ont perdu un peu plus du tiers de leur température normale, c’est-à-dire H ou 15 degrés L
Ainsi les limites extrêmes de température que les organes intérieurs de l’homme peuvent supporter sont de 7® et de — 15®, c’est-à-dire que les variations de température comprennent 22 degrés : au delà de ces chiffres la mort est imminenle et certaine.
Cette histoire de la calorification chez tous les êtres vivants, quoique très-abrégée, permet de conclure :
1® Que la chaleur développée chez les animaux est le résultat d’une combustion ;
2® Que cette combustion est produite par la combinaison de l’hydrogène et du carbone avec l’oxygène ;
3® Que le carbone est fourni par les aliments, véritables combustibles introduits
1. Bcclard, Traité élémentaire de physiologie humaine, 4" édit., 18G2,p. 417.
dans restomac, puis transportés, par les organes de la digestion, dans les parties du corps où s'accomplit l’assimilation ;
4® Que l’oxygène de l’air, introduit dans les poumons, se fixe sur les globules du sang; que ceux-ci sont transportés, par la circulation, jusque dans la trame la plus profonde des tissus; que c’est là que s’opèrent les actions chimiques productrices d’électricité et de chaleur, que l’oxygène transporté par les globules du sang brûle les matériaux anciens, contribue à leur élimination et favorise l’assimilation des matériaux nouveaux;
5° Qu’il n’y a pas de foyer spécial de chaleur, que le phénomène s’accomplit partout, mais dans des proportions inégales, et que l’équilibre de température s’établit par la circulation du sang constamment transporté dans toutes les parties du corps.
§ 2. Température de T homme malade.
Les observations de température faites sur les hommes malades sont de date toute récente; elles n’étaient pas possibles.
ou du moins elles n’olïraieni pas de garanties suliisantes d’exactitude avant l’inven^ tion des thermomètres à mercure très-sensibles et dont chacun des degrés est divisé en dixièmes, en vingtièmes et même en centièmes, comme ceux de Walferdin. Cependant plusieurs médecins avaient pensé à utiliser les instruments tels qu’on les possédait il y a quarante ans. Le docteur Casper, de Berlin, se servait du thermomètre de Réaumur pour constater la température du corps des cholériques; je suivis son exemple, pendant mon séjour dans la capitale de la Prusse, au mois d’octobre 1831, lors de la première invasion de l’épidémie de choléra. Voici le résultat de nos observations.
Le thermomètre de Réaumur, placé dans la paume de la main des malades, ne s’élève ordinairement qu’à 17° ou 18°.
Placé sous l’aisselle, il marque 1 7® ou 20*^.
Introduit dans la bouche, ou soumis à l’action de l’haleine, il donne 20^ ou 21°.
Mais sur l’épigastre, il s’élève à 20°, 21° et22°L