INFLUENCE DU VENT
Dans l'atmosphère d'une chambre à 5 7° F. (i3°,9 C) le thermomètre se refroidit en 1 1 5 secondes ; et il se refroidit en 16 secondes, si l'on f;iit agir un soufflet. Rapport : 100 à 1/1. — Ainsi s'explique l'action rafraîchissante des Punkah de l'Inde et de nos éventails.
Alors même que, dans une chambre, toutes les fenêtres et les portes sont closes, il y a des courants d'air rafraîchissants qui peuvent être appréciés au thermomètre. Ainsi un thermomètre suspendu librement dans une chambre close à 60° F. (i5°,6 C.) se refroidit en i3i secondes, tandis que placé dans un cylindre de verre fermé dans cette même chambre, il se refroidit seulement en lôy secondes. Rapport : 83 à 100.
[njltience du vent, le plus puissant élément climatérigue. — A l'air lihre et à une température de 61° F. (16°, 1 G.), le thermomètre se refroidit en 45 secondes; dans le même air, le thermomètre enfermé dans le cylindre se refroidit en 1/19 secondes. Rapport: 3 à 100; c'est là une différence dont le thermomètre ordinaire ne donne aucune idée. A Saint-Pétersbourg, les cochers de drowski se tiennent à l'air libre même par les plus grands froids quand l'air est tranquille; mais souffle-t-il du vent, ils doivent, sous peine d'être gelés, se réfugier sous des abris. Des observations semblables sont faites par les voyageurs au pôle nord.
Injluence réfrigérante du courant d'air dans une chambre. — Le thermomètre, dans une chambre à la température de hk" F. (6°, 7 C), se refroidit en 79 secondes, et, dans la même chambre, par une nuit tranquille, avec une température de 5 1 ° F. ( 1 o",6 G. ) , la fenêtre étant entrouverte , le thermomètre placé à un pied de la fenêtre se refroidit en 32 secondes. Pendant une autre nuit, à 5i° F. (10°, 6 G.) dans la chambre et 45° F. (7°, 2 G.) au dehors, le thermomètre, au voisinage de la fenêtre fermée, se refroidit en 100 secondes, et, quand
la fenêtre fut entrouverte et que le vent se fit sentir, le thermomètre se refroidit en 33 secondes. L'influence du courant d'air serait évidemment plus active encore dans une chambre chauffée. On comprend l'influence qu'exercent les courants d'air sur la production de certaines maladies.
Influence réfrigérante du courant d'air formé par un foyer (cheminée). — Sur le côté exposé au feu d'un petit écran, la température était de 16°, i C, et le thermomètre s'y refroidissait en 193 secondes. Derrière l'écran, la température était de i2'',9 G., il se refroidissait en 79 secondes; dans une chambre à la même température, le thermomètre placé loin du foyer se refroidissait en 100 secondes. Lors donc qu'on se tient assis en face d'un foyer, on a beau chauffer le devant de son corps , on a froid au dos , plus froid même qu'en dehors du courant aspirateur du foyer.
M. Osborne cherche ensuite à déterminer la puissance de refroidissement des chmats, et il propose, pour déterminer cette influence, un procédé thermométrique fort ingénieux.
Les médecins ont besoin de connaître les propriétés physiques des lieux où ils envoient leurs malades. Ils se servent des tables obtenues à l'aide du baromètre, de l'hygromètre, de l'anémomètre , du pluviomètre; il manque un instrument qui rende les sensations immédiates de chaud et de froid produites par l'air. Notre corps s'adapte à une température extérieure constante , mais la brusquerie des variations l'atteint et le trouble. Il s'agit donc moins de fixer le degré du thermomètre que la soudaineté de son abaissement, qui est aussi celle de notre refroidissement. Par exemple, dans un milieu dont la température est au-dessous de 26°,5 C, nous pouvons éprouver une sensation de fraîcheur; à i3'',3 C. nous ne nous trouvons point mal étant bien habillés et dans une chambre bien fermée, mais, dans un courant d'air de même température, nous éprouverons une sensation de froid qui est propor- '
RÉSISTANCE À LA CHALEUR
tionnelle à la conductibilité, laquelle est en raison de l'humidité.
Or le thermomètre ne nous apprend rien sur ces deux états; il nous donne la température du milieu ambiant, mais non son pouvoir réfrigérant; on ne peut obtenir ce renseignement qu'en portant dans le milieu refroidi et dans le milieu mobile , un thermomètre qui marque le degré le plus élevé de température du même milieu tranquille; si le thermomètre soumis à cette épreuve est artificiellement maintenu toujours au même degré, la rapidité avec laquelle il tombe montre quelle est la quantité du pouvoir réfrigérant, et la somme de toutes les influences de milieu qui soustraient de la chaleur.
L'auteur échauffe son thermomètre à 90° F. (39°,2 C.) et le laisse tomber à 80° F. (a 6°, 7 C). Il se sert, pour réchauffement, d'eau ou d'une lampe à alcool. 11 préfère le thermomètre à alcool parce qu'il est plus facile à lire.