INFLUENCE DE L\ TEMPÉRATURE EXTÉRIEURE
36 degrés et demi, sa température initiale, que cinquantecinq minutes après sa sortie de l'eau.
3° Dans trois cas, où la température d'une main avait été abaissée de lO, ii, i3 degrés, pour avoir séjourné dix minutes dans de l'eau à zéro, il a fallu plus d'une heure pour que cette main revînt à sa chaleur première , dans une atmosphère de 1 5 à 1 6 degrés.
Il est donc bien certain que nos extrémités refroidies ne reprennent leur température qu'au bout d'un temps assez long. C'est là un résultat capital, car il concourt à démontrer un fait sur lequel nous insisterons plus tard, à savoir que le froid fait contracter d'une manière durable les vaisseaux sanguins.
Troisième partie. — De l'influence du refroidissement d'une 'petite partie du corps sur la température des parties éloignées et sur la température générale. — W. Edwards avait constaté qu'en plongeant une main dans de l'eau à zéro, l'autre main perdait jusqu'à 6° C. 11 avait cru légitime de conclure que la température générale du corps s'était abaissée.
MM. Brown-Séquard et Tholozan ont vérifié l'exactitude du refroidissement pour la main non immergée, mais ils ont vu, en outre, que la température buccale ne variait pas, que même parfois elle s'élevait un peu. On conçoit, disent-ils, que, par suite de l'excitation si vive des nerfs sensitifs ou centripètes de la main, la moelle épinière réagisse et produise la contraction des vaisseaux des deux mains.
• Mais Je plus puissant élément d'échauffement ou de refroidissement ne se trouve pas indiqué dans les recherches de MM. Tholozan et Brown-Séquard : cet élément, c'est le mouvement du milieu qui enveloppe notre corps. Nous devons renvoyer, sur ce sujet, aux belles études de William Edwards que nous avons analysées dans la première partie.
M. Jonathan Osborne a essayé de préciser ces influences
diverses, en se plaçant dans les conditions où se trouve un malade dans une chambre et en déterminant la puissance différente de refroidissement de l'eau et de l'air, différence que nous utiliserons plus tard, quand nous étudierons l'action antipyrétique de l'eau froide.
M. Osborne ^ a établi la différence du refroidissement dans Tair et dans l'eau, à une égale température : dans une chambre à la température de hh^ F. (t 2",2 a G.), le thermomètre tombe de 80° à 90° F. (de 82", 9 à 26^,7 G.) en 9/1 secondes, et dans l'eau à la même température, en 8 secondes. Ainsi l'eau à i2'',2 2 G. est 12 fois plus refroidissante que l'air à la même température, fait qui concorde parfaitement avec notre sensation lorsque nous prenons un bain à la température de l'air.
Dans une chambre close à ko° F. {^k",kk G.), le thermomètre opère son refroidissement en 7 4 secondes; et dans la même chambre, à la même température, le thermomètre enveloppé d'un linge humide se refroidit en 36 secondes.
Le refroidissement dans Tair ou l'eau en mouvement. — Dans l'eau tranquille à 7o''F. (2 t°, 1 G.) le thermomètre se refroidit en 9 4 secondes; mais, si l'on remue l'eau, il se refroidit en 1 5 secondes. L'auteur explique ainsi comment aucun homme ne peut dépasser une certaine limite de temps en nageant, quelque grande que soit sa puissance musculaire, parce que le contact permanent du corps avec des masses d'eau toujours renouvelées le refroidit à tel point, qu'il en résulte une limile à l'action de ses muscles.
Le rapport du refroidissement dans l'eau tranquille au refroidissement dans l'eau mise en mouvement est de 100 à 60. A des températures plus basses la différence doit être encore plus grande.
' Jonathan^Osborne, Thermomètre à nal, XXXIII, 66, p. 278, a8i, may refroidissement : mesure du. refroidisse- 1869.) (Schmidt's Jahrb. t. CXV, ment du corps par l'air. {Dublin Jour- p. i/i6, i863.)