‹ De la température du corps humainChapitre 109 sur 150 · Med. Times and Gazette, 1867, p. îi · texte numérisé non relu

Med. Times and Gazette, 1867, p. îi

poussé encore plus loin, il n'y a plus de réchauffement. A l'autopsie on trouve les poumons remplis de sang avec un exsudât séreux dans le parenchyme et dans les bronches. Il en est de même chez les animaux qui, après avoir été refroidis, ont été ramenés à la température normale, et, de plus, on trouve chez eux un exsudât dans les plèvres.

Les animaux refroidis peuvent être ramenés à la température normale par un réchauffement artificiel qui les reporte à 89° C. D'abord la température propre monte lentement, mais, à partir de 3o degrés, elle s'élève rapidement, et alors les animaux s'endorment. Dans un milieu à ^Jo"C., la température de l'animal monte de 1 8 degrés à 89 degrés en deux ou trois heures. Il y a des animaux réchauffés qui ont, dans la journée, une sorte d'état fébrile (/i9"C.), avec catarrhe nasal, bronchique, conjonctival. On peut aussi réchauffer les animaux avec la respiration artificielle, à la condition que l'air de la chambre ait au moins 1 0 ou 1 9° C. Le retour de la chaleur ramène l'activité musculaire, la bêle se tient debout, se meut et urine. Mais la température ne monte de 1 8 à 89 degrés qu'en vingtquatre heures. Un animal refroidi jusqu'à la température de 2 5''C., puis maintenu dans une atmosphère froide, regagne sa température normale, mais aussi lentement : dans un cas de ce genre il fallut huit heures, et la température montait en cinq minutes de o", 1 seulement.

Il semble résulter de ces expériences que l'on ne doit point tenter de ramener lentement à leur chaleur les hommes qui semblent morts de froid, mais qu'il faut les réchauffer promptement. Même après que l'on a réchauffé fortement le corps, il est très-dangereux de le laisser dans un milieu froid. La respiration artificielle corrige l'état morbide des poumons que nous avons décrit, et doit être employée avec avantage chez les hommes refroidis. Ces faits aident à comprendre ces cas d'hommes qui, en Russie, étant restés plusieurs jours engourdis dans la neige, auraient été ramenés à la vie.

39'i CHAPITRE II. — L\ CHALEUR ET LA FIÈVRE.

En 1870, le docteur Horwath ' a répété les expériences précédentes et confirmé les résultats annoncés par le professeur Walther de Kiew: il a vu c[ue les lapins que l'on a refroidis dans la neige, jusqu'à ce que la température du rectum marquât '2 0° Vj., peuvent êire rappelés à la vie. Au-dessous de iio" C. cela devient inq>ossible : la mort est certaine. Dans cette expérience, le refroidissement a lieu progressivement et de la même quantité dans le même espace de temps.

Dans un travail publié en 1878, Horwath - a cherché à déterminer la part dos divers systèmes dans les accidents qui succèdent à la congélation, et pour cela il a expérimenté sur des grenouilles. Voici ses conclusions :

1° Un froid de — 5° C. détruit la faculté contractile des muscles striés chez la grenouille, mais, après qu'elle est dégelée, ses muscles sont de nouveau sensibles aux excitations électriques et mécaniqups. Humboldt a vu des muscles de grenouille refroidis à — 1 5" G. se contracter après avoir été dégelés, et Kiihne a vu le même fait après un refroidissement de 7 à 10 degrés; mais ces faits ne peuvent s'expliquer que si l'on admet que le muscle n'avait pas été refroidi au degré où était le milieu ambiant , c'est ce que l'auteur pense établir.

2° Si l'on arrache le cœur d'une grenouille, qu'on le congèle assez pour que, jeté dans un bocal de verre, il sonne comme une pierre, et qu'on le dégèle, il se contracte encore quelque temps d'une façon rhythmée.

L'auteur a examiné divers appareils : l'iris, les vaisseaux sanguins, les sacs lymphatiques, les muscles des grenouilles gelées, et il a trouvé que le degré de congélation réelle des muscles au delà duquel il n'y a plus de retour possible à la vie est — 5" C, tout au plus.

' Docteur Horwalli , Expériences in- - Ilorwatli, Expériences sur la cun-

sérées dans un travail sur //HiflH?7)o») p/ gélniwii [Ceiitralblatt , n° 3, janvier

ses lempératiires (Wie)i. med. W ochen- i8y3). sckrift, XX, p. 32, 1870).

l'eau au-dessus de zéro pour leur rendre leurs mouvements. M. Gavarret emprunte à M. Gaymard^ un fait fort intéressant, qui prouve qu'un animal vertébré peut résister à une congélation complète. M. Gaymard plaça des crapauds dans une boîte remplie de terre et les exposa en plein air à l'influence de la température extérieure. Au bout de quelque temps on ouvrit la boîte. Ils étaient durs et roides comme des cadavres gelés. Toutes les parties de leurs corps étaient inflexibles et cassantes. Quand on les brisait, il ne s'en échappait pas une seule goutte de sang. Ces animaux avaient creusé des trous dans la terre de la boîte, ils s'étaient ainsi refroidis lentement, et étaient parvenus graduellement à l'état de congélation. Placés dans de l'eau légèrement chauffée, ils recouvrèrent la flexibilité de leurs membres, à mesure que les glaçons fondirent, et, en dix minutes, ils revinrent complètement à la vie. M. Gaymard fait observer qu'une congélation rapide tue toujours ces animaux; pour qu'ils résistent, il faut que l'influence du froid soit graduée. Les mêmes expériences furent tentées sur des grenouilles et ne réussirent pas.

Dans ces dernières années, plusieurs auteurs ont cherché à préciser la limite des animaux supérieurs au refroidissement.

Walther^ a étudié l'influence du refroidissement artificiel sur les animaux supérieurs. Si l'on place, dit-il, un lapin dans un milieu refroidi, en l'empêchant de se mouvoir, et si l'on fait tomber la température de l'animal à 18 ou 20° C, puis si on le replace dans un milieu qui ne soit pas plus chaud que la température normale de l'animal, il perd la faculté de regagner sa température normale (3()" G.). M. Cl. Bernard^ avait déjà observé le même fait sur des cochons d'Inde.

' Gaymard, Biblioth. univ. de Ge- Herm. Weikart in <4?t/i. (/ce //«VA., III,

nère, 1860, t. XXVI, p. 207. p. 198-920, i863). Compte rendu par

'- Ettidp stir la chnievr aniiiiale {Bei- H. Hiippert dans Schmidrs Jahrb.,

tràge tu (1er Lehre von der thierischeii i863, t. CXIX , p.

Wûrme; von A. Wallher in Vircliow's ' CI. Bernard, Levons, i8iî6. Arch. XXV, p. /iii-'ti-, 1862, u.

Après la mort , la chaleur propre de l'animal tombe encore de i à 2 degrés au-dessous de celle du milieu, sans doute par suite de l'évaporation des liquides de l'organisme.

Quand on retire les animaux de l'appareil réfrigérant, ils sont incapables de se tenir sur leurs jambes, et de faire aucun mouvement locomoteur; pourtant ils ont encore des mouvements volontaires réflexes et de la sensibilité : les battements du cœur ne sont plus qu'au nombre de i 6 ou 20 par minute (un lapin en a 2/to d'habitude); la respiration devient si faible, qu'on voit à peine le mouvement thoracique; le plus souvent la respiration est extraordinairement accélérée, mais trèssuperficielle. Toutes les excrétions cessent, notamment celle de l'urine. Les yeux de l'animal sont largement ouverts, et on ne voit jamais rien qui ressemble au sommeil hivernal. Les animaux commencent à dormir quand on les a réchauffés fortement. On ne saurait fixer la limite exacte, pour la chaleur animale, où les fonctions des nerfs et des muscles cessent; la mori , c'est-à-dire la cessation de l'action du cœur et des poumons, a lieu dans des circonstances différentes et avec des températures différentes. Le minimum de la température propre où Wolther ait encore observé des mouvements et de la sensibilité a été 4- 9° C. Les animaux restent dans l'état de demiparalysie quelquefois pendant dix ou douze heures; si l'on cesse le refroidissement et qu'on les réchauffe, on n'empêche pas pour cela leur mort, quand bien même on les ramène de 18 degrés à 89 degrés en les abandonnant à eux-mêmes.

Dans l'état de refroidissement, les animaux sont tout à fait aptes à supporter les expériences de physiologie sur les nerfs, parce qu'on n'a pas alors à craindre les mouvements musculaires et l'écoulement du sang. Chez les animaux refroidis, l'influence réchauffante des contractions musculaires, qui, même à 20 degrés, présente encore une certaine force, augmente la chaleur propre de l'animal , et fait monter par exemple la température de 2 à h degrés ; mais, quand le refroidissement est

chambre de 4- 9° C. on observa une marmotte endormie. Elle ne respirait que trois fois à la minute.

Le 9 décembre, à la température de 9° C, l'animal, sans mouvement et les yeux fermés, repose sur le côté. Sa température rectale, de 8 à 9 heures, demeure à 8°,4 ou 8°, 6 C; de 9 à 10 heures, elle monte à iS" C, et de 10 à ti heures, à 32" C. A partir du moment où l'animal a atteint 1 i°,5, il s'est soulevé et s'est mis à manger.

Chez toutes les marmottes observées, le réveil a été marqué par une ascension de la température qui s'est faite ainsi : Pendant la première heure qui suit, la température a monté de Q^d.; dans la deuxième heure, de 5 degrés, et dans la demi-heure suivante, de 1 5° C. La température s'élève parfois . en quarante minutes, de 1 7° à 3:^°C. Gela ne ressemble point à ce que l'on voit chez les autres animaux, soit refroidis artificiellement, soit en état de fièvre ascendante, chez lesquels réchauffement se fail relativement avec une grande lenteur. (L'auteur cependant aurait pu ciler l'accès de fièvre intermittente qui montre une ascension parfois très-rapide de la température.) Ce qui est vrai, c'est qu'on ne peut rappeler à la vie des animaux dont le refroidissement est descendu à 9.0° C.

Ce réchauffement si rapide des marmottes est d'autant plus étonnant que les deux principaux facteurs de la chaleur, la contraction musculaire et l'énergie respiratoire, font ici presque défaut. On ne peut supposer que l'animal ait une réserve d'oxygène grâce à laquelle il se réchauffe. En somme on ne peut ici appliquer les théories admises pour la chaleur des animaux.

L'auteur a voulu se rendre compte exactement de la quantité d'eau et d'acide carbonique éliminée par l'animal à l'état de sommeil hivernal, au moment du réveil, et à l'état de veille définitive, et il ne s'est pas fié au nombre des respirations pour en déduire la quantité des produits expirés.

Une marmotte de i53 grammes un quart, la température

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de la chambre étant de + 9° G., a, pendant le sommeil hivernal, excrété, en une heure :

CO' = 0,01 5 grammes.

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