HO
La même marmotte, deux jours après, à l'état éveillé et à une température de la chambre de + 1 3°,5 , a excrété, en une heure :
CO" -= 0,5 1 3 grammes, HO =0,093
Quelquefois l'excrétion d'acide carbonique, dans la veille, diffère encore plus de celle du sommeil.
L'auteur a observé un phénomène particulier chez les animaux qui avaient été soumis déjà à l'action des hautes températures dans une étuve : c'est une sorte d'accoutumance qui faisait que, si on les replaçait quelques jours après dans la même atmosphère échauffée, ils présentaient moins de malaise, leurs muscles ne s'engourdissaient pas tant, et leur température ne montait plus si haut que lors de la première expérience. Horwath, ainsi que Rosenthal, se range à l'avis de Senator contre celui de Liebermeister, et repousse la théorie, de l'accroissement de la production de chaleur dans le refroidissement. Examinant ensuite le traitement des fiévreux par le refroidissement, il pense que la meilleure méthode est de les refroidira un faible degré, mais d'une façon continue, à l'aide d'une forte ventilation, ou, si cela ne suffit pas, en les plaçant sur des matelas d'eau, dont on peut faire varier la température.
Quant à l'influence élévatrice de la température qu'exercerait la section de la moelle d'après Naunyn et Quincke, l'auteur, pas plus que Riegel, n'a pu la constater dans ses expériences. Au contraire, la section de la moelle en un point élevé, en raison de la section concomitante des nerfs vasomoteurs, lui a constamment montré une augmentation de la perte de
M. Cl. Bernard a répété ces expériences, et il en a déduit des résultats plus applicables à l'homme'.
M. Cl. Bernard, après avoir refroidi un lapin par section de la moelle, constate, cinq heures après l'opération, que la température rectale s'est abaissée de ho degrés a ■ah degrés. Elle n'est que de 6 degrés supérieure à celle du milieu ambiant.
A ce moment les respirations sont rares et les mouvements du thorax presque abolis; les battements du cœur sont à peine perceptibles; les propriétés nerveuses sont émoussées. L'animal a les apparences de la mort, mais la vie persiste, elle n'est qu'engourdie. Chez les animaux à sang froid, la vie peut se réveiller vingt-quatre heures après la cessation des battements du cœur. Chez les animaux à sang chaud, la mort est la conséquence immédiate de la cessation de la circulation.
Mais, si le mammifère et l'homme même sont amenés à cet état de refroidissement où ils ne diffèrent plus physiologiquement d'un animal à sang froid, alors la cessation de la circulation ne sera plus immédiatement mortelle. Ainsi, dans le refroidissement cholérique, en 1889, Magendie a constaté qu'un individu sans pouls, à qui il avait pu ouvrir l'artère radiale sans qu'il s'écoulât une goutte de sang, avait encore assez de force pour se tenir assis sur son lit, réfléchissant et parlant.
L'homme refroidi successivement avait été amené par la maladie à l'état où se trouve la grenouille à laquelle nous avons enlevé le cœur.
Nous verrons, dans la partie clinique de ce travail, que, dans certaines intoxications, la température peut subir un abaissement considérable, et quelles sont les limites qu'elle ne peut pas franchir.
Nous n'avons pas à parler de l'hibernation : c'est une étude
' Ci. Bernarti , Chaleur animale, p. 161.
39/i CHAPITRE II. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.
qui s'ëloigne trop de notre but spécial , et nous renvoyons au livre de M, Gavarret ' ceux qui seraient tentés de connaître les détails si curieux de ce phénomène. Nous croyons cependant devoir réserver une place à l'analyse d'un mémoire de Horwath ^, qui a cherché à déterminer quels étaient les enseignements applicables à l'homme malade que l'on pouvait tirer du mode de réchauffement des animaux hibernants. Nous utiliserons plus tard ces expériences en développant la théorie de la régulation de la chaleur.
L'auteur a étudié le sommeil hivernal. 11 s'est proposé de rechercher en quoi et par quoi un animal à sommeil hivernal diffère d'un animal d'autre espèce et non sujet à cet engourdissement. Les animaux mis en observation étaient des marmottes; le temps de l'observation, l'hiver de 1871-1879. Les animaux, pris dans leur lieu de naissance en oclobre, avaient été séquestrés et nourris de blé, de carottes, pain, viande et pommes de terre.
Ces marmottes pesées dans l'hiver avaient le poids de i5o à 206 grammes. Toutes les mesures de température furent prises avec un même thermomètre placé aussi profondément que possible dans le rectum. La température intérieure de la marmotte à l'état de veille ne s'éloigne pas de celle des autres animaux à sang chaud (35 à 87" G.), tandis que, pendant le sommeil hivernal, elle se rapproche de la température du milieu ambiant. L'auteur a vu une marmotte qui, quelques heures avant, était dans le sommeil hivernai à une température extérieure de + C., etdontle rectum n'avait que cette même température de 2" G., s'éveiller et presque aussitôt se mettre à courir avec vivacité. On ne voit point les autres animaux à sang chaud survivre à un refroidissement si voisin de la congélation. Expériences : Le 6 décembre à une température de la
' GavFirve{ , Chaletir animale. De l'ht- animale {Cnilralbintt , n°' hb-l\'j-î)b, beniation, p. i66 el suiv. 1872).
'-' Horwalli . PhijKiulogii' de la chulerir
ne sont pas également influencés. (Voyez les détails dans le mémoire d'Edenhuizen.)
Laschkewitscli ^ attribue la mort à l'augmentation de la perte de chaleur. Il fait ses expériences sur des animaux dont il enduit la peau de vernis bu de colle. Il rappelle que la mort survient quand un sixième de la peau est vernissé, mais <jue la cause de la mort nous échappe. Valentin pourtant avait observé que les phénomènes morbides étaient enrayés quand on maintenait l'animal à une haute température. Laschkewitsch a remarqué que les extrémités vernissées étaient beaucoup plus chaudes que les autres. Sur un lapin, cette différence était de i°,5 C. L'animal ayant été placé dans une chambre froide, le refroidissement porta plus sur la partie vernissée (i° C.) que sur les parties non vernissées (o°,5 C). L'animal mourut au bout de cinq jours, présentant tous les phénomènes morbides qui accompagnent le refroidissement. Les vaisseaux de la partie vernissée étaient très-dilatés et remplis de sang, les muscles y étaient rouges; pourtant cette partie était très-amaigrie par rapport à la correspondante. On mit dans un appareil calorimétrique un lapin vernissé et un lapin à l'état normal : le premier perdit i3°,5, le deuxième ne perdit dans le même temps que 1 1 degrés de sa chaleur. Le lapin sain fut placé encore le lendemain dans l'appareil et perdit en cinq minutes 3 degrés , tandis que le lapin vernissé perdit dans le même temps 5 degrés. Ensuite l'expérimentateur enveloppa le lapin vernissé d'ouate, et l'animal vécut tant (|u'on le laissa ainsi enveloppé.
Laschkewitsch conclut que la mort par suppression artificielle de la perspiration cutanée a pour cause prochaine t'augmenlation de la perte de chaleur. Il faut chercher les condi-
' Des causes de rabaissement de la Anat. , Physiul. imd ivifs. Med., 1868,
température par la suppression de la p. 61; et Sclimidt's Jo/irèMcA , 1868,
perspiration cutanée, par le docteur W. 3" partie, p. yi'i.) Laschkewitsch à Pétersbonrg. ( Arcli. fiir