‹ De la température du corps humainChapitre 111 sur 150 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

lions de ce refroidissement dans l'hypérémie de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, analogue au phénomène qui se produit après la section des nerfs sympathiques , après laquelle on voit la température de la tête et du cou s'élever, tandis que celle du sang s'abaisse.

g. rEMPÉRATURK POST MORTEM.

La mort supprime les causes connues de la production de la chaleur, laisse subsister le refroidissement par rayonnement, et bientôt l'équUibre s'établit entre le cadavre et la température extérieure. Mais il n'en est pas toujours ainsi : dans quelques maladies la température s'élève au lieu de baisser après la mort. Il faut donc ne pas se contenter de l'observation banale du refroidissement, mais tâcher d'en suivre les lois en tenant compte de la maladie qui a amené la mort.

C'est ce que le docteur Alf. S. Taylor et le docteur Wilks^ ont essayé de faire, et ils ont, dans cent observations, mesuré la température trois et quatre fois sur chaque sujet, après la mort. On a tenu compte du genre de maladie qui avait précédé, de la température du lieu, etc. Le thermomètre a été le plus souvent appliqué sur la peau de l'abdomen, quelquefois dans l'intérieur du corps. Trois heures après la mort , sur soixanteseize cas, la température a été de 2 5° C. Dans les autres cas elle a été, au maximuui, de 34", 5 C. et, au minimum, de i5°,5 C.

Quatre ou six heures après la mort, la température moyenne, dans quarante-neuf observations, a été de 2 3°,3 (maximum 3o degrés, minimum lô",!)).

Six ou huit heures après la mort, sur vingt-neuf cas, la température moyenne a été de 92°,2 (maximum 26°,6, minimum ,5°,&).

' Docteur AU. S. Taylor et docteur la mori (Guy's Ho.ip. Rep., .H' sér. Wilks, Refrmdi.iseinent du cnrpx npvh IX, p. 180, 186.S).

chaleur, jamais une augmentation de sa production. Si l'on plaçait ces animaux dans l'étuve , on voyait leur température tomber à Su" C, température du milieu ambiant. A de plus hautes températures, leur chaleur propre montait, mais non pas plus vite que chez les animaux à l'état normal. Quelque temps après l'opération , la production de la chaleur s'accroissait certainement, mais l'auteur voit là un effet de la fièvre traumatique.

Ce sont des arguments puissants à opposer à la théorie de Liebermeister, Naunyn et Quincke.

L'auteur a fait en octobre 1872 trente expériences sur le refroidissement chez des marmottes et des hérissons endormis, et conclut ainsi :

1° Les animaux hibernants supportent facilement un fort refroidissement de leur corps : en effet leur température propre, abaissée, à plusieurs reprises, jusqu'à 6,5, à et 3 degrés, et même jusqu'à i",8 C, a pu être ramenée à l'état normal sans l'aide du réchauffement ou de la respiration artificiels;

2° Les nerfs et les muscles chez des animaux amenés à un pareil refroidissement étaient encore excitables, car leurs muscles se contractaient énergiquement par de faibles courants d'induction, les électrodes étant placées soit directement sur les muscles refroidis , soit sur leurs nerfs ;

3° Le cœur des hibernants se contractait encore d'une façon rhythmique alors que la température du sang qui y était contenu n'était que de -f- li" C. ;

li° Les hibernants refroidis n'ont pas, comme les lapins, le tétanos^

Si l'on rapproche ces expériences de celles que l'auteur a faites en 1871 sur les lapins, on voit que ceux-ci se comportent tout différemment. L'auteur promet de poursuivre ses recherches.

A côté de ces expériences d'Horwath, qui forcent à réfléchir sur le mode du refroidissement, sur le rôle que celui-ci joue

dans les actes fébriles, nous plaçons également une analyse des recherches faites sur le refroidissement par suppression des fonctions de la peau. Il semble paradoxal, tout d'abord, de soutenir que, lorsqu'une des sources de refroidissement, la perspiration cutanée , cesse de s'accomplir, la chaleur diminue; il en est pourtant ainsi, et ce sera un fait dont nous aurons à tenir compte en exposant les diverses théories de la fièvre.

Breschet et Becquerel • furent les premiers qui signalèrent l'abaissement de la température chez les animaux recouverts d'un enduit imperméable. Des la[)ins rasés et recouverts d'une couche de colle de pâte, de suif, etc., perdirent en une heure et une heure et demie, ih' a iS°C. et succombèrent peu après.

Le fait expérimental a été confirmé par Gerlach Valentin ^ Edenhuizen", Laschkewitsch, etc. Valentin fit remarquer qu'en même temps qu'ils se refroidissaient, les animaux subissaient un ralentissement très-marqué dans leurs mouvements respiratoires, que les quantités d'oxygène absorbé et d'acide carbonique exhalé diminuaient dans une proportion considérable. Pour lui la mort survient parle fait même du refroidissement subi par l'animal, et il le prouve en empêchant celui-ci de mourir en le plaçant dans une étuve chauffée à 35" ou 38° G.

Edenhuizen a trouvé que les lapins succombaient même quand leur peau n'était que partiellement recouverte ( 1/6" ou 1/8°). Le refroidissement subissait dans sa marche une progression proportionnelle à l'étendue de la surface cutanée enduite. . . Mais les phénomènes chaleur, pouls, respiration,

' Breschet et Becquerel, Comptes yaienlin, in Arch.Jiir phys. Heilk. ,

rendus des séances de l'Académie des i858, p. /i33.

sciences. (Séance du 18 octobre 1 84 1. ) * Edenhuizen, in Zeilschr fur rat.

^ Gerlach, in Miilier's ^rc/iw, i85i, Med., i863, p. a5. p. 'i3.

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