‹ De la température du corps humainChapitre 112 sur 150 · TEMPÉRATURE POST MORTEM · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE POST MORTEM

Enfin douze heures après la mort, trente cinq observations ont donné, en moyenne, 'Ji'',7 (maximum 96 degrés, minimum i3'',3).

La température du milieu a varié pendant le cours de ces observations, de 4- 3",5 à + 91" C. Voici quelques-unes des conclusions de ce travail :

Les morts qui ont succombé à une maladie longue et épuisante perdent leur température propre plus lentement que ceux qui ont succombé à une maladie aiguë.

Les gens morts par accident ou à la suite d'une opération subissent souvent une décomposition rapide.

Les cadavres gros conservent leur chaleur plus longtemps que les maigres.

Un temps humide, même en hiver, active plus la décomposition que la chaleur de l'été.

Le refroidissement des cadavres est un phénomène physique qui dépend du rayonnement et de la conductibilité; il est donc sous l'influence directe du milieu. Un noyé se refroidit beaucoup plus vite qu'un cadavre exposé à l'air. Le corps est-il posé sur un sup|)ort bon conducteur du calorique, nu ou à peine vêtu, ou est-il exposé à un courant d'air, la chambre est-elle grande, alors le refroidissement va infiniment plus vite que s'il se trouve tout à fait vétu, dans un lit et dans une chambre close. La peau est un bon conducteur du calorique: aussi le simple toucher du cadavre ou une appréciation rapide de la température, ne suffisent-ils pas pour émettre une opinion fondée , d'autant que l'une des mains de l'observateur peut trouver un endroit du corps chaud et l'autre main le trouver froid. Lorsque la température du mort était tombée à 1 5° C, et qu'on élevait la température du milieu de 10 degrés, on pouvait maintenir le corps longtemps à cette température de i5 degrés. Les corps des adultes se refroidissent plus lentement que ceux des enfants et des viedlards (question de masse).

Les organes internes conservent leur chaleur beaucoup plus longtemps que la surface du corps. On y a trouvé souvent de 2/1 à 29 degrés, quinze ou vingt heures après la mort, alors que la surface avait pris la température du milieu ambiant. D'autres observateurs ont noté des températures intérieures encore plus élevées (87 à Sg^C.) avantla putréfaction.

Souvent il y a une élévation de température après la mort, par exemple dans les cas de tétanos. Chez un malade mort de la maladie de Bright, lej auteurs ont trouvé une fois la température plus haute de i",5 quatre heures après, que deux heures après la mort, la température de l'air étant de 17° G. Ce serait un cas fréquent chez les gens jnorts de la fièvre jaune (docteur Dowler), et le maximum irait jusqu'à lio et même /i5 degrés. On a observé le même phénomène chez les cholériques. On n'a point constaté un refroidissement plus rapide chez les gens morts d'hémorragie.

M. Alvarenga ^ a fait des recherches analogues sur un homme mort d'hémorragie cérébrale. Une heure avant la mort, le thermomètre marquait 36°, 5; le thermomètre resta appliqué dans l'aisselle et fournit les indications suivantes :

Heures. Température. Heures. Température.

8 heures Mort. 1 1 heures 3o°,o

8h.3/[\ 35,0 iih. 3//1 28,4

9 heures 34 ,6 Midi 27 ,0

10 heures 39,2 1 heure 18,0

' Alvarenga, Précis de thermométrie clinique générale. Trad. de Papillaud, 1871, p. 199.

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