CHAPITRE II
Pour lui, il admet sans hésitation des nerfs vasomoteurs dilatateurs ainsi que des nerfs vasomoteurs constricteurs.
Le fait serait démontré par l'expérience suivante : La glande sous-maxillau'e d'un chien esL mise à découvert^; l'excitation de la corde du tympan,* directe ou réfléchie par impression sur la langue, rend la glande turgide, rutilante; la circulation s'y produit plus active; la sécrétion salivaire est abondante. L'excitation de la corde du tympan met donc en jeu des nerfs dilatateurs des vaisseaux, accélérateurs de la circulation. L'excitation des filets du sympathique, au contraire, arrête la circulation; la glande pâlit, la sécrétion cesse ou est faible.
M. Cl. Bernard retrouve ces nerfs dilatateurs dans l'oreille du lapin et dans les autres parties du corps. Si la démonstration expérimentale de l'existence des deux nerfs est facile à donner, il y a de grandes difficultés pour concevoir comment des vaisseaux se dilatent sous l'influence des nerfs dilatateurs. M. Cl. Bernard a supposé que la corde du tympan agirait par une sorte d'interférence nerveuse, en suspendant l'action des nerfs constricteurs. Ce n'est qu'une hypothèse, mais elle a un grand nombre de faits en sa faveur.
Deux ordres de phénomènes de température sont en rapport avec les deux actions vasomotrices : i" les nerîs- dilatateurs sont calorifiques ; 2° les constricteurs sont frigorifiques.
L'appareil nerveux, en réglant le calibre des petits vaisseaux, influence et gouverne tout un ensemble de phénomènes physiologiques : la circulation, la chaleur, la pression vasculaire, la tension artérielle et veineuse. Des expériences manométriques démontrent que la pression du sang augmente dans les vaisseaux du côté paralysé, par section du sympathique. La contractilité des vaisseaux agit donc comme un frein pour modérer l'impulsion partie du cœur. Le système nerveux
Cl. Bernard, loco citnto. Voir les ilélnils de l'expérience, p. 3 'j'y.
RÉGULATION OR LA CHALEUR
ne fait que commander le degré de celte diminulion dans un organe donné. Le vaisseau ne se contracte pas d'ailleurs d'une façon permanente, il est le siège d'oscillations contractiles.
C'est donc d'une façon indirecte, c'est-à-dire par l'interniédiaire de la circulation, c|ue le système nerveux semble agir sur la chaleur. Il en est de même quand, au lieu d'étudier la circulation périphérique, on étudie les rapports du système nerveux et du muscle cardiaque. Celui-ci obéit à deux ordres de nerfs qui règlent son activité. Les uns font contracter le cœur, ce sont les nerfs accélérateurs émanés de la moelle épi nière; les autres arrêtent les contractions, ils émanent du pneumogastrique ^
En résumé, le cœur, système circulatoire central, comme les vaisseaux capillaires, système circulatoire périphérique,, a des nerfs modérateurs ou paralyseurs et des nerfs constricteurs ou accélérateurs. Son nerf constricteur ou accélérateur est un nerf sympathique venant de la moelle dorsale. Le nerf modérateur ou paralyseur est le nerf vague et vient de la moelle allongée. 11 agit sur le cœur sans doute à la manière de la corde du tympan sur les organes glandulaires en paralysant les nerfs constricteurs.
Pour M. Cl. Bernard, les phénomènes de calorification sont de deux ordres, création, répartition. Ce dernier rôle de répartition appartient au système de la circulation générale. Le passage du sang à travers tous les organes égalise leur situation thermique. Le système nerveux commande les variations de vitesse par les moyens que nous venons de résumer. Mais là ne se bornent pas les actions frigorifiques ou calorifiques du grand sympathique. Lorsqu'on coupe le sympathique dans le cou, et que la calorification s'accroît dans toute la moitié cor-
' Voyez les expériences de section de la moelle et les recherches de Cyon sur le nerf dépresseur.