‹ De la température du corps humainChapitre 140 sur 150 · CHAPITRE il · texte numérisé non relu

CHAPITRE il

nécessairement enlrainer des troubles fonctionnels qui sont en fait très-variés, mais où prédominent deux groupes symptomatiques, en raison de leur fréquence et de leur tendance à amener la mort; nous voulons parler des troubles des fonctions du cœur et de celles du cerveau amenant la paralysie du cœur et la paralysie du cerveau.

Le trouble de la fonction du cœur se traduit d'abord par l'augmentation de fréquence des battements. L'accélération du pouls qui est propre à la fièvre peut être considérée comme résultant de l'élévation de la température du corps; c'est là un fait qui résulte de l'examen statistique d'une masse considérable d'observations, où l'on voit que la fréquence du pouls est d'autant plus grande que la température est plus élevée. Il va de soi c[ue c'est là un fait général, mais que, dans certains cas particuliers, il peut se rencontrer des anomalies, et que, d'ailleurs, les influences extérieures qui agissent sur l'homme sain de façon à accélérer son pouls, peuvent aussi agir de même sur l'homme atteint de fièvre.

L'influence excessive que les hautes températures exercent sur le cœur, et qui , à la fin , amène la paralysie de cet organe , se manifeste principalement sous la forme d'une excessive accélération jointe à un aff'aiblissement du pouls; il s'ajoute à cela bientôt d'autres manifestations de l'affaiblissement général delà circulation, entre autres l'hypostase et le refroidissement des parties périphériques, tandis que la température est trèsélevée à l'intérieur du corps; enfin la mort arrive le plus souvent avec les symptômes de l'œdème des poumons.

Les troubles des fonctions du système nerveux central, en tant qu'ils sont particuliers à la fièvre, doivent aussi être considérés comme produits par l'action directe des hautes températures sur l'organe central; c'est ce qui résulte de l'observation de l'état du cerveau dans un très-grand nombre de malaches fébriles. Quelque variée que soit la nature des maladies, ces troubles sont au fond les mêmes, et 'eur mode

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comme leur iiilensité (étant mise à part la question de l'idiosyncrasie) ne dépendent que du degré et de la durée de l'élévation de température. Dans la pneumonie, dans l'ërésipèle de la face, dans le rhumatisme articulaire aigu, ils sont, quand la température a même élévation et même durée , identiques à ceux qui accompagnent les maladies dites typbiques.

La connaissance de ces troubles fébriles, dont une description plus détaillée nous entraînerait trop loin, et la certitude qu'ils dépendent de l'élévation de la température, aident déjà puissamment au diagnostic. Il arrive en effet très-souvent que, lorsqu'un malade commence à délirer ou à tomber dans l'état soporeux, le médecin croit avoir affaire à une méningite ou à une affection du cerveau, ou bien à un cas d'urémie ou de cbolémie, ou à quelque autre toxémie, tandis qu'en réalité il ne s'agit que de simples effets de l'élévation de température. Sans doute, il y a des cas où il est difficile de distinguer si les troubles existants dépendent seulement de la fièvre, ou s'il faut les imputer à quelque complication particulière; et l'on sait que, dans les maladies fébriles les plus différentes, on voit assez fréquemment survenir des complications. Or, pour bien distinguer en pareil cas, il est de la plus grande importance de noter avec soin et d'apprécier avec exactitude l'état de la température du corps et ses oscillations par rapport à ces troubles psychiques.

L'influence de l'individualité est ici très-grande. Il y a des hommes qui délirent sous l'influence de la moindre fièvre, tandis que d'autres n'arrivent au délire que par des températures bien plus élevées et plus prolongées. Chez les buveurs, le délire fébrile prend souvent le caractère du delirium tremens, et, chez beaucoup d'entre eux, le delirium potatorum n'est qu'un simple délire fébrile modifié par les dispositions particulières de l'individu.

11 faut dire aussi que, parmi ces symptômes, les plus graves ne sont pas ceux qui font le plus d'impression sur le vulgaire:

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