‹ De la température du corps humainChapitre 27 sur 150 · GUILLAUME RONDELET (DE MONTPELLIER · texte numérisé non relu

GUILLAUME RONDELET (DE MONTPELLIER

( xïf siècle, i5o7-i566 '.)

Dans le livre De curandis febribus'', Rondelet remarque l'utilité de la nomenclature des maladies, surtout de celle qui nous vient du grec, parce qu'une bonne nomenclature nous donne une première idée du siège et de la nature des maladies. Cette idée a été fort développée par les modernes (Chaussier, Piorry, etc.) Donc le mot fièvre, dit Rondelet, vient du latin febns, forsan a fervendo, quod in febre omnia ferveant, de même que les Grecs avaient appelé la fièvre 'nrvpeTÔs, du radical îffDp, feu.

La fièvre c'est le feu , ou plutôt , suivant les idées de Galien,

' Liber IV, De spiritibus et innato calido. Cap i, Calorem quendam in nobis cunctisque viventibus inesse, eumque divinum, 1. 1, p. 79 et sq.

^ Les médicaments que conseille Fernel ° sont divisés par lui en chauds et froids.

Le persil , l'hysope sont cliauds.

Le vinaigre est froid ou tempéré ; il en est, de même du verjus.

li y en a de tempérés comme l'huile, de modérément chauds comme la camomille.

Le bol d'Arménie est mixte.

La chaux, l'orpiment, l'arsenic, sont immodérément chauds ( échauffants) caustiques , septiques . . .

•'' LeRondibilisde Rabelais, naturaliste

et médecin, né en 1607 à Montpellier; élevé pour être prêtre ; précepteur ; professeur en i5/i5; médecin du cardinal deTournon, voyage avec lui en Italie; meurt en i566. Ouvrages : Sur les poissons, 1 5 b8 ; Matière médicale , i556. Ouvrages de médecine: Pathologie, 167/1, Paris; Sur la vérole, de morbo gallico , Venise, i566. Traité des urines, 1610, Francfort.

Les indications bibliographiques renvoient à l'édition : Gulielmi Rondelelii, doct. med. etc., in aima Monspeliens} academia professoris , etc., opéra omnia medica. Excudebat Stephaniis Gamonelus

MVCXl.V.

'' De curandis febribv s, liber unus, p. 738 et s([.

■ Thcrapeutices univcrsalis, icu medendi rationis Jiber V, De nsitata medirnincntorum mulcria, t. I , p. .'i78.

c'est une intempérie de la chaleur naturelle, un excès de chaleur. Avicenne dit de même que la fièvre est une chaleur contre nature (^prœter naturam) allumée dans le cœur et de là répandue dans tout le corps par les veines et les artères. Rondelet raisonne ainsi: le cœur est la source de la chaleur naturelle , mais la fièvre est une modification de la chaleur naturelle qui se fait dans le cœur avant de gagner le reste du corps.

Les fièvres tirent leurs variétés de la nature de la substance altérée et du mouvement de la chaleur. C'est presque l'idée moderne. Pour se faire une opinion sur la nature d'une fièvre, on cherche : i° l'organe malade; 2° le mouvement delà chaleur. La chaleur fébrile peut être répandue dans tout le corps, ou bien elle peut être en dedans alors que la surface du corps est froide; le cœur agit comme une ventouse, et d'ailleurs l'air extérieur peut refroidir la peau.

Avec Galien, Rondelet reconnaît trois ordres de fièvres, comme il y a trois sortes de chaleurs fébriles^:

1° Chaleur acre (fièvres putrides);

2" Chaleur peu intense sans acrimonie (fièvres éphémères);

3° Chaleur peu apparente et qui semble couver sous les cendres (fièvre hectique).

Galien a comparé la chaleur, dans le dernier cas, à celle d'un pot de terre chauffé; dans le premier (fièvre putride), à celle d'un bain chaud; dans la fièvre éphémère, à l'air chaud.

Rondelet continue sa dissertation ainsi : « Différences d'après la marche de la chaleur : la chaleur fébrile des fièvres éphémères s'allume très-vite et-s'éteint de même. La chaleur de la fièvre hectique est lente à se montrer et à s'éteindre; dans les fièvres hectiques, cela dépend de la nature de l'humeur.. .2 n

Nous trouvons un passage qui s'applique bien aux théories

' Même livre, p. 7^1. — ^ Difjhantia a molu cfiloris , p. 'jlt;i.

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