SANCTORIUS
(Fin du xvi' siècle, i56i-i636.)
Sanctorius (Santorio) a établi un fait, c'est que l'homme perd constamment de son poids par la perspiration insensible (sueur, respiration). Cette découverte fut un événement dans l'histoire de la physiologie et de la médecine. Sanctorius a étudié les variations du poids de l'homme dans toutes ses conditions, exercices du corps, genre d'alimentation, sommeil, impressions morales, activité intellectuelle, passions, amour, colère, etc. Il pesa tout, l'entrée et la sortie, les aliments ingérés et les excrétions. Il fut le premier à concevoir l'avenir de la balance en médecine, il fut le devancier de nos contemporains, qui s'aidèrent de cet instrument dans
^ Sanctorius appartient au temps de la renaissance, il est contemporain de Galilée, il est le plus curieux des physiciens italiens ; c'est un mécanicien physiolofjiste. Son titre de gloire, c'est qu'il a voulu remplacer la tradition par l'expérimentation.
Sanctorius est né à Capo d'Istria au milieu du xvi" siècle, en i56i. H étudia à Padoue, pratiqua la médecine à Venise, devint professeur à Padoue; mourut en 1 636.
H publia sous le titre hardi de Medicina statica un ouvrage que Boerhaave jugeait ainsi : Nullus liber in re medica ad eam perfectionem scriptus est. Il emprunta à l'instrumentation de son temps la balance et l'appliqua à la physiologie; il n'eut pas la pensée d'en faire autant pour le thermomètre.
Il avait inventé un sphygmomètre pour compter le pouls. C'est l'époque où Galilée trouva le pendule, où l'on in-
venta les lunettes. Ce fut une révolution scientifique que le moment où les hommes commencèrent à attaquer l'étude des sciences naturelles avec des instruments perfectionnés.
Sanctorius {Notice sur Sanctorius , par Dodart, Acad. des sciences, lecture faite en 1702 , et publiée en 1725 par Noguez à la suite des aphorismes commentés de Sanctorius) a fait connaître ses premières recherches sur la perspiration en iSg^i, publié sa Medicina statica en 1 61 i (5 1 9 aphorismes). II fut attaqué par l'astrologue Hippolytus Obicius de Ferrare. Dodart a recommencé les expériences de Sanctorius sur lui-même et sur d'autres, à partir de l'année 1668, et les a continuées trente -trois ans. Son mémoire est intitulé De medicina statica gallica; il a ajouté des aphorismes à ceux de Sanctorius et en a donné le commentiiire.