‹ De la température du corps humainChapitre 35 sur 150 · BORELLI · texte numérisé non relu

BORELLI

cœur, et je vis que le degré le plus élevé de la chaleur du cœur ne dépassait pas ho, c'est-à-dire le degré de chaleur du. soleil en été. Et, après avoir mesuré, avec de semblables thermomètres, le degré de chaleur du foie, des poumons et des intestins sur ce même cerf vivant, je vis que le cœur et les viscères avaient la même température. Ainsi le cœur n'est donc pas le principal foyer de la chaleur animale, et n'a pas besoin, pour sa prétendue ardeur, d'être refroidi et ventilé. 55

Borelli poursuit son raisonnement en ces termes : « D'ailleurs l'air froid ne pénètre pas dans le cœur, il se réchauffe en route, à moitié chemin de la trachée, et il arrive presque chaud au sang. Quant à la nécessité du froid de l'air pour entretenir un foyer de chaleur, on sait qu'il n'en est rien, puisqu'un air chaud entretient aussi bien la flamme qu'un air froid. »

Quant à la théorie des vapeurs fuligineuses dont l'expira- . tion purge le sang (opinion ancienne), Borelli en donne l'explication suivante : wLes anciens philosophes, en voyant sortir de la bouche des animaux des vapeurs chaudes, qui, dans l'hiver, font comme une fumée, ont pensé que le foyer du cœur émettait de vraies fumées et que des fuliginosités étaient ainsi excrétées , mais , dit-il , cette fable s'en va elle-même en fumée, v

Borelli admet que la chaleur du sang résulte de son mouvement, que le cœur n'engendre aucune œuvre de fermentation, attendu qu'il n'est qu'un muscle comme tous les autres . . .

Je ne nie pas, dit Borelli, qu'il ne s'en aille par la bouche quelques vapeurs aqueuses mêlées à l'air expiré, mais cela ne vient pas du cœur, mais de la trachée, du gosier, du palais et des narines. Les raisons de Borelli pour nier cette excrétion pulmonaire sont que la nature a confié à la sueur, et aux reins surtout, la faculté de séparer l'eau du sang.

La première application du thermomètre à la médecine et à la physiologie fut donc faite par Borelli , et cette unique expérience suffit pour ruiner une théorie vieille de vingt siècles.

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