HALES
bien qu'on y trouve une grande érudition et les preuves d'une éducation mathématique distinguée. Cette dissertalion n'a pas avancé la question de la chaleur fébrile. Ce n'est point que la confiance en soi manquât à Sauvages, car dans son avertissement il s'exprime ainsi : " J'ai réitéré bien des expériences de notre auteur, j'y ai ajouté celles que j'ai crues nécessaires pour y embellissement de cet ouvrage ^ "
Haies ^, en bon physicien, tient fort aux globules du sang,
1 Avertissement , f. xiv.
^ Quelques citations de Haks. — «Nous voyons, dit-il, par la dixième expérience, que le sang passe avec plus de rapidité à travers les poumons qu'à travers les autres vaisseaux capillaires du corps, d'où nous pouvons fort raisonnablement conclure qu'il acquiert principalement sa chaleur par la vive agitation qu'il y essuie. Mais nous apprenons de l'expérience journalière que le mouvement du sang accéléré par le travail ou l'exercice, en augmente la chaleur; d'où nous pouvons inférer que c'est surtout dans les poumons que le sang acquiert sa chaleur, puisqu'il y roule avec plus de rapidité que dans les autres vaisseaux capillaires du corps, et que la chaleur du sang est principalement produite par ce frottement; c'est ce qu'on peut prouver, de ce que cette chaleur est bien plutôt augmentée, quand on fait des mouvements violents du corps, qu'elle ne pourrait l'être par aucun mouvement de fermentation ou d'effervescence, et, au contraire, dès que le mouvement du sang vient à cesser, soit par la mort, soit lorsque quelque cause le fait extravaser, il se refroidit aussi promptement qu'aucun autre fluide de pareille densité, et qui serait exempt de toute effervescence. n
Tons les mécaniciens de cette époque
étaient employés à faire des calculs sur la vitesse du sang, sur l'étendue des surfaces de l'arbre circulatoire, sur le frottement des globules, etc. . . . Voici un exemple des calculs de cette nature emprunté à la i o" expérience de Haies.
«La somme des surfaces de toutes les vésicules pulmonaires d'un veau a été estimée égale à /io,ooo pouces carrés, d'où l'on peut conclure que la somme des surfaces des vésicules pulmonaires du chien en expérience (eu égard à son poids) doit être égale à 13,121 pouces carrés; et, comme l'on a prouvé par la huitième expérience que livres ou ^ 1 3,686 pouces cubiques de sang passaient au travers du ventricule gauche de ce chien, ces pouces cubiques divisés par partie d'un pouce ou 0.000672, le diamètre des petits vaisseaux capillaires, le produit est 169172 pouces carrés, ce qui est la quantité du sang qui y passerait. Ces pouces cubiques divisés par 12121, le nombre des pouces carrés dans les vésicules des poumons, donnent 18,95 ce qui est la — partie du sang employé; et donnant la moitié d'un de ces pouces pour l'espace qui se trouve entre les cavités des vaisseaux sanguins, alors la somme de toutes les cavités de ces vaisseaux sera la — partie de toute la masse écoulée, savoir /i,3/i livres de sang, et.
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corps solides et capables de développer de la chaleur par le frottement, il convient que, si de l'eau pure circulait dans nos vaisseaux avec la même vélocité que le sang, elle n'en acquerrait cependant pas la chaleur. . . Leuwenhoeck a observé', dit-il, que le sang des poissons, lequel est plus froid que celui des autres animaux, a proportionnellement plus de sérosité; le sang des animaux terrestres contient vingt-cinq fois plus de globules rouges qu'à volume égal n'en contient celui d'un cancre ou écrevisse. Si, conformément au calcul de M. Jurin, au rapport de M. Motte [Abrégé des transact. philos, part. Il, p. i43), les globules rouges font la à" partie du sang, et si, selon son calcul aussi, le diamètre d'un globale est 3^ de pouce, alors le quart du cube de Sq/io ou 8,5o3,o56,ooo sera à peu près le nombre des globules rouges contenus dans un pouce cube de sang, et la distance mutuelle des centres d'un globule à l'autre sera 3^ de pouce. . . » Nous ferons observer que l'appréciation du volume de l'hématie à 3^ de pouce ne s'éloigne pas beaucoup de l'évaluation actuelle. Le pouce étant de 3 centimètres^, si nous divisons 82/10 par 3, nous avons 1 080, divisez par 10 pour obtenir 1 millimètre, nous obtenons, pour diamètre de l'hématie -^g, or notre chiffre est ^7;;. Quant à l'évaluation du chiffre total des globu'es dans un espace donné, on ose à peine faire le calcul aujourd'hui, même avec les instruments d'analyse dont on dispose.
par conséquent, une quantilé de ce fluide égale à 27,9 fois la capacité de ces vaisseaux doit 'y couler dans une minute. Nous voyons par ce cnicui, et par la petite proportion de la masse des poumons à loute celle du corps, que in vélociié du sang doit y être considérablement accélérée. '1
Il faut convenir que ces calculs sont fatigants à lire et que c'est se donner beaucoup de mal, quand il était si simple de faire comme Borelli , de plonger un tbormoujètrc dans le ventri-
cule gniiclie, puis de faire la même expérience dans le ventricule droit.
L'observateur aiu'ait vu que le sang n'était pas plus cbaud à droite qu'à gauche : alors s'évanouissait l'écliafaiidage mathématique.. .. Les savants mathématiciens ont besoin d'un médecin technicien qui leur montre les conditions du problème, c'est là ce qui doit consoler l'amour-propre des médecins.
^ Exactement 3 centimètres égalent i,3(jy pouce.