‹ De la température du corps humainChapitre 51 sur 150 · MARTINE (G · texte numérisé non relu

MARTINE (G

(Ecossais, xviii" siècle.)

L'ouvrage De calore animaUum"^ débute ainsi: c^Onne saurait nier que la théorie de la chaleur des animaux ne soit d'un très-nohle usage pour bien comprendre et appliquer justement la médecine, w Cette propriété des animaux, nous dit Martine, n'a cessé de torturer l'esprit des physiciens de tous les siècles, aussi quelques anciens qui ne doutaient de rien (omnia se scire proftentes^ ont-ils émis à cet égard nombre d'absurdités. Enfin Harvey démontra la circulation, qui est ipsius calons vera causa. Tout ce qui a été écrit sur les tempéraments et la chaleur innée n'offre rien de sérieux. Nous suivrons l'auteur dans l'énumération historique et critique qu'il nous donne des auteurs qui l'ont précédé. ^ Harvey ne nous a rien laissé de positif sur la chaleur animale, il croyait à la chaleur innée. René Descartes, ce grand instaurateur de la philosophie mécanique, et ses élèves, ont fait du cœur le foyer de la chaleur. Le savant Conringe, dans son livre De calido innato sive igne animali, n'a fait que reproduire les hallucinations des anciens. Ni les hypothèses de Sylvius sur la fermentation des humeurs par la chaleur du cœur, ni les effervescences produites par le mélange du sang avec le chyle ou la lymphe , théorie qui souriait au grand Newton lui-même, ne peuvent rendre compte du phénomène. En vain on s'attend à quelque chose de mieux de la part de l'ingénieux Willis. »

L'hypothèse qui plaît le plus à Martine est celle de Back (De corde), par laquelle le sang, échauffé par son propre mou-

^ Ecossais , a étudié à Leyde et en Ita- l'jho, et des commentaires sur i'anato-

lie. Mort, en 1760, à Cartliagène, dans mie de B. Eustactie. Edinburgh, i 756. un voyage qu'il faisait en Espagne à la ^ Georgii Martinii, Be similibiis ani-

suite d'un lord. Il a publié un ouvrage malibus et animalium calore libri duo,

important: De similibus animalibus et London , mdccxl , p. 1 2g. De eaZore am-

animaliim calore libri duo, Londini malium, proœmium.

162 CHAPITRE l". — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

vement, répartit la chaleur par tout notre corps. Asclépiade et d'autres anciens paraissent avoir professé une doctrine analogue. L'auteur nous apprend qu'il a commencé son ouvrage à Leyde et l'a fini à Paris en 1799. Il décrit d'abord le thermomètre et la température de l'air.

Fahrenheit évalue la chaleur de la peau humaine à 96° (35'',6 C). Boerhaave, on ne sait pourquoi, estime que la chaleur vitalede l'homme est de 92°(33'',3 C.) à 9/1° (34°, 4 C), jamais de g 6° (35°,6 C), à l'état sain. Martine indique Sanctorius comme l'inventeur de la thermoscopie. Newton, Muschenbrock, Bacon, ont émis leur opinion sur la chaleur animale et avancé la science sur ce point.

Au moment où Martine écrivait, la question des rapports de chaleur de l'animal avec le milieu ambiant occupait fort les esprits. Aussi voit-on dans Haller tout un cours de géographie thermique. Martine a les mêmes préoccupations , et se demande si la chaleur animale excède, égale, dépasse la chaleur de l'air. Boerhaave avait, après Sanctorius, avancé à tort que les animaux ne supportaient pas un air beaucoup plus chaud que leur sang; à cette époque encore l'air passait pour un rafraîchissant des poumons.

Martine s'inscrit respectueusement contre l'opinion de Boerhaave, et la démontre fausse; il cite surtout les expériences d'Araontons.

La proposition 2 est ainsi conçue: motos vel circulutio sanguinis perenms est vera causa caloris animaliiim. Un vieux livre attribué à Hippocrate dit : to od[xa ovk ehai Tp (pvasi B-spfxbv âAXà ^epixaiveaOai. Or nous vivons dans un milieu habituellement plus froid que nous, il faut donc une cause intérieure de chaleur qui nous permette de lutter contre l'action de l'air ambiant. Hippocrate a bien vu [De diœtet. XLV, \v) le rapport qui existe entre la chaleur et la fréquence du pouls. Martine cite l'homme immobile opposé à l'homme en action, le lipothymique opposé au fiévreux. La principale source de la

Page 1