‹ De la température du corps humainChapitre 54 sur 150 · FRANÇOIS DE SAUVAGES · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE SAUVAGES

raison , mais sans commentaire , ce fait que , lorsque les malades se plaignent, dans les fièvres, d'un froid incommode, il arrive quelquefois que les assistants les trouvent chauds et même plus chauds qu'à l'état naturel. Le plus souvent, ajoute-t-il, les assistants trouvent le malade réellement froid, surtout aux extrémités. Malheureusement Fizes veut expliquer ce phénomène par la viscosité du sang, son ralentissement dans les capillaires, etc. Enfin il exprime par une formule scientifique, à allures sévères, tout son système relativement à la chaleur^ : Toute chaleur dans le corps humain est toujours en raison composée de l'agitation intestine des particules , de la célérité de son cours, de sa quantité présente dans une partie, et de sa consistance. Comprenne qui pourra! Fizes était professeur de mathématiques et, dit-on, grand praticien, mais il était aussi professeur de chimie; il paraît surtout avoir été médecin encyclopédiste : hardi à conclure et à tout expliquer, ce qui est un vice médical.

FRANÇOIS DE SAUVAGESl ( École française, wiii" siècle.)

Préoccupé surtout de faire une classification méthodique des maladies. Sauvages a négligé de s'étendre sur la physiologie et sur les perturbations des fonctions en général. Ce f[ui suit est extrait de son livre intitulé : Nosologie méthodique ou distribution des maladies en classes, en genres, et en espèces, suivant l'esprit de Sydenham et la méthode des botanistes (traduit du latin parGouvion, 1772).

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- François de Sauvages île Lacroix, 1706-1767. Nosoiogiste , ami de Linné, et classificateur. Né à Alais en 1706; élève de Montpellier, savant botaniste; professeur de botanique en 17.34 à

Montpellier. Premier médecin du [roi, publie ses classes de maladies, Nosologie méthodique. Se rattache , par ses opinions sur la fièvre, à la théorie de Haies, qu'il a traduit et commenté. Contemporain de Van Swieten et de De Haën.

170 CHAPITRE l". — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

li ne faut point chercher dans ce livre un chapitre de pathologie générale. La chaleur du corps humain ny a point de chapitre à part. Les notices concernant cette question sont dispersées à travers l'ouvrage. Nous les y recueillons , au fur et à mesure, sans en former un article spécial par un groupement artificiel.

«Les fièvres, dit Sauvages, sont appelées par les Grecs pyreta etpyrectica nosêmata; par les hsims, febres; par les Anglais, fevers, agues; par les Espagnols ,^eères, calenturas; par les M\emands , febers ; par les Italiens, caldezze. (Tome II, p. 279.)

ce Les mots de febris et febriculœ viennent du latin fcrveo, s'échauffer, devenir chaud, ou de februo, je purge; mais les noms grecs, espagnols et italiens, sont dérivés du feu et de la chaleur, w (T. 11, p. 278.)

Après cette déclaration. Sauvages s'empresse de dire que le poids est le principal indicateur de la fièvre, et, s'il reparle de la chaleur, c'est en analysant tous les symptômes et en relatant l'opinion de Galien (t. U, p. 278): «La fièvre est une altération de la chaleur naturelle ou un changement contre nature accompagné de battements de pouls plus forts et plus fréquents. 7? Il ne repousse pas l'aphorisme 563 de Boerhaave : «Les symptômes de la fièvre sont : le frisson, la chaleur et l'accélération du pouls. "

Dans un long chapitre sur la théorie des fièvres, Sauvages fait un véritable cours sur la circulation du sang, sur la masse du sang, sur sa pression manométrique , etc. ; mais la chaleur n'est point relatée. (T. II, p. 979 et suiv.)

Sauvages consacre un chapitre au frisson et ne paraît pas douter de la possibilité d'expliquer ce phénomène. (T. il, p. 369.) Ce chapitre commence ainsi : «Le froid est une sensation incommode occasionnée par le ralentissement des particules ignées qui sont dans notre corps ..." Vient ensuite un chapitre inattendu sur la Chaleur fébrile , qu'il définit, tome II, ]>. 879 : «Une sensation incommode occasionnée parlaquan-

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