CHAPITRE I
JAMES CURRIE»
( Fin du xvui'' siècle, 1756- i8o5.)
En 1797 paraissait la première édition, en un volume, du traité de James Currie, M. D. F. R. S. d'Edinburgh, Fellow of the royal Collège of Physiciens de cette ville. Déjà, dixhuit ans auparavant, Currie avait fait un mémoire Sur l'injluence du froid par rapport aux corps vivants ^. Le livre qui parut ensuite, et eut plusieurs éditions, eut pour titre : Médical reports of the effects of ivater cold and warm as a remedy in fever and other diseases wether applied ta the surface of the hody, or used internally, including an inquiry into the circumstances that render cold drink, or the cold hath, dangerous in health; to which are added observations on the nature of fever, and on the effects of opium, alcohol, and inanition.
Nous avons étudié cet ouvrage sur la cinquième édition en dçux volumes, avec additions, publiée à Londres en 181 h.
La préface de là première édition (1 797), reproduite dans les éditions ultérieures, est utile à lire parce qu'elle marque bien quel était le but que poursuivait l'auteur, et quelle était l'intensité de sa conviction.
Cette préface, datée de Liverpool, 3i octobre 1797, et adressée en forme de dédicace au Right hon. sir Joseph Banks, président de la Société royale, est ainsi conçue :
«Monsieur,
ç^En vous offrant ce volume, je vous prie de permettre que
■ Écossais. D'abord commerçant en qu'une idée ait fait son chemin ! Les
Virginie. En 1776, àvingt ans, il étudie physiologistes expérimentent, les phi-
à Edinburgh, puis à Glascow, puis exerce iosophes formulent les lois, les méde-
à Liverpool , où il est nommé médecin cins tâtonnent et essayent timidement,
d'hôpital. Nommé, en 1792, membre La thérapeutique ne peut être hardie
(le la Société royale de Londres. et rationnelle qu'appuyée sur des faits ;
- Que d'étapes successives avant agere, non lorpii !
JAMES CURRIE
je dise en quelques mots dans quel esprit il a été écrit, et dans quelles circonstances j'en ai entrepris la publication.
«Il y a dix-liuit ans, alors que j'étais à Edinburgh, j'eus à traiter comme sujet de mémoire : de l'influence du froid sur les corps vivants, pour une société d'étudiants dont j'étais membre. En défendant mes assertions contre des argumentateurs ingénieux, je me trouvai en contradiction constante avec des faits qui avaient pour eux l'autorité de la chose jugée; alors je découvris que les chiffres de la température du corps humain dans les maladies, même ceux qui ont été fournis par les auteurs les plus estimés, étaient, à peu d'exceptions près, fondés non sur une mesure exacte de la chaleur, mais sur les sensations du malade ou de ceux qui lui donnaient leurs soins.
rr Pénétré de la pensée que, tant que l'on n'aurait pas déterminé plus exactement l'état de la température dans les diverses conditions de la santé et de la maladie, on ne pourrait établir aucune théorie stable des mouvements vitaux, ni faire faire aucun progrès au traitement des maladies où la température est diminuée ou accrue, je n'ai cessé, depuis cette époque, de recueillir et de collationner les faits se rapportant à mon sujet, me réservant de rendre publiques mes recherches un jour ou l'autre, si elles étaient dignes de fixer l'attention. Pour mener à bien cette entreprise, il me sembla que je n'avais besoin que de bons thermomètres, de temps et d'attention, et j'embrassai en imagination tous les effets de la température sur la santé et la maladie, vaste plan irréalisable, ainsi que l'expérience me l'a appris depuis; y aspirer serait témérité ou folie. J'ai beaucoup profité des idées qui m'ont été communiquées sur l'ensemble de la question par mon respectable ami le D' Percival.
«Malgré mon désir de retarder la publication de mes recherches jusqu'au moment oii mon plan primitif serait exécuté, et bien que je fusse, d'autre part, sollicité de publier quand même ces essais, de peur de transformer une publi-