CHAPITRE I
marche forcée ou un exercice violent, ont absorJDé une grande quantité de boisson froide, n'est point rare, mais elle demeure inexpliquée. Il en est de même de l'immersion prolongée dans l'eau froide. . . (Voy. la dissertation de Cullen : De frigore, Edinburgli, 1780.) Currie s'occupe des sensations subjectives du malade par rapport au froid , suivant le degré de chaleur de son corps . . .
Le chapitre xiii traite du bain froid tlans les maladies convulsives, la folie, etc. On y trouve des cas de tétanos guéris par ce moyen, également des cas de danse de Saint-Guy et d'hystérie convulsive.
Au chapitre xiv, Currie insère un mémoire qui avait été lu par lui devant la Société royale et inséré dans ses Transactions en l'année 1792 : Sur le froid à propos de matelots morts étant en mer sur une épave. A cette occasion , Currie institua des expériences pour examiner les effets de l'eau pure et de l'eau salée comparativement, en les prenant à la même température. Ces expériences sont intéressantes en raison même de l'époque où elles ont été entreprises, c'était le produit de la grande école de Hunter. Combien notre époque se trompe en s'attribuant le mérite d'avoir inauguré la physiologie expérimentale!
Première expérience. — Currie plaça un large vase contenant cent soixante gallons d'eau salée, au grand air. La température de l'eau, comme celle de l'air, était de 7° à 8" C. Le sujet était un homme de vingt-huit ans, vigoureux el sain; l'heure : 4 heures après midi. La température du sujet était de 36'',5. On déshabilla l'homme, puis il fut mené nu dans une cour ouverte et exposé à l'air avec un vent de nord-est pendant une minute , puis plongé dans l'eau jusqu'aux épaules. Le thermomètre, d'abord échauffé dans de l'eau à 38" C, fut introduit dans sa bouche, sous la langue; la colonne mercurielle s'abaissa rapidement et s'arrêta, une minute après, à 87" F. (3o°,6. C). L'homme se tint immobile dans l'eau et
JAMES GURRIE.
le thermomètre remonta peu à peu; en douze minutes il était remonté à 93°,5 F. C). Au sortir de l'eau et étant re-
placé à l'air libre, exposé au vent, l'homme, que l'on enveloppait de linges, se refroidit (le mercure baissait rapidement). On le plaça dans un lit chaud, sa température était alors de 3o" C. dans la bouche et de 3i°,6 C. dans l'aisselle. On le frictionna et il but de i'eau-de-vie , on lui appliqua une vessie d'eau chaude sur le creux de l'estomac. Trois heures après il n'avait pas encore recouvré complètement sa température normale.
Deuxième expérience. — Le lendemain, à la même heure, la même personne fut immergée comme ci-dessus. Son pouls était, avant l'expérience, de 85 pulsations, et sa chaleur de 37", 7 C, l'eau et l'air étaient à 7'',5 C, le vent était nord-est { et fort.