ARISTOTE
(384 aiu avant Tère chrëliGonc.)
Les anciens Grecs avaient-ils un moyen de mesurer la chaleur? Getle question est examinée dans un livre allemand contemporain [ArUtoteks Thierkunde, par Jûrgen Bona Meyer, D^pkU. t. V, in-S", Berlin, 1 855). Déjà elle avait été traitée, en 1 8â5, par Paul Ermann [Mén. de l'Ac. de Berlin)^ et par Humboldt dans son Cosmos. Il semble que les Grecs n'aient pas eu d'autre thermomètre que leur main. Ils admettaient, sans restriction et sans contrôle, que tous les animaux qui n'ont point de* sang sont pins froids que ceux qui ont du sang, et que
50 CHAPITRE V, — LA CHALEUfi ET LA FIÈVUE.
les poissons sont faits pour une moindre chaleur que les mammifères et les oiseaux, mais il ne semblé pas que leurs philosophes en aient cherché d'autre preuve que celle que leur fournissait l'acte de prendre un poisson dans la main et de sentir qu'il est froid. Paiménide tenait les animaux pourvus de sang pour plus chauds, et Empédocle tenait, au contraire « pour les poissons, disant que Téiément (l'eau) froid où ils vivaient devait refroidir l'excès de leur chaleur. «Si donc, dit Aristote, il y a un tel doute entre le froid et le chaud , que doit-on penser des autres phénomènes ? n
Lui-même, dit l'auteur allemand J. B. Meyer, chercha à bien définir les mots dé chaleur et de froid, et distingua d'abord la chaleur étrangère de la chaleur propre. Il arriva à cette notion que la chaleur propre se refroidit moins vite que la chaleur acquise par voisinage. Il admit qu'il n'y avait que le feu et le souffle chaud qui continssent une chaleur propre. Le sang, disait-il, n'est pas chaud en soi, n^jais il ne l'est qu'en tant que véhicule de la bhaleur vitale dans le corps animal vivant. U n'avait pas non plus l'idée de la chaleur spécifique, à peine savait- il que l'eau a un point d'ébuUition fixe. Il savait que les animaux ont une chaleur déterminée, mais il ignorait qu'elle fût toujours la même et indépendante du milieu ambiant. Pour lui , la chaleur était liée à l'idée de feu , aussi comprenait-il le froid comme un élément spécial et non comme une simple privation de chaleur.
Pour Aristote comme pour tous les anciens, le sang est chaud de par la chaleur innée du cœuri et le cœur est la source de la chaleur de tout le corps. {De part. III- V, 667 b, â6.) Cette même chaleur du cœur était la cause du pouls et l'origine de tous les mouvements.
GELSE.