‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 24 sur 122 · FERNEL · texte numérisé non relu

FERNEL

débate ainsi: fehris est calarprater naturam e corde in omne cor^ pus effutui. 11 refuse au frisson du début la qualité de fièvre , parce que, dit-il, la chaleur n'est |)as encore allumée (quodnandiim $U calor incensus). Cette erreur provient de l'ignorance de la répartition de la chaleur, et de la chaleur interne indépendante de l'externe, tantôt connue, tantôt oubliée, rapports que le thermomètre a permis de fixer définitivement. Fernel nie les fièvrçs froides : il n'y en a, dit-il, que de chaudes : neque uUa recte potest frigida febria appellari, sed omnis in caloris génère

Quant à la nature, à l'essence de la chaleur, suivant les idées métaphysiques des anciens, Fernel reconnaît uoe chaleur innée d'origine céleste, celle-là ne varie point et ne s'accroit point, elle est salutaire, omnium funciionum primarius est opifex; elle ne peut contribuer h la fièvre. Mais il y a une autre chaleur, celle-là contre nature, et qui peut être de trois sortes : i ''simplement en excès {^calorie exsuperanûa) ; 3' chaleur de putridité [ex putrescenie materia)^ opinion empruntée aux alchimistes; 3" maligne et vénéneuse. Pour qu'il y ait fièvre, il faut que cette chaleur contre nature persiste et soit constante, et qu'elle occupe non une partie, mais tout le corps. Pour cela, il faut qu'elle provienne du cœur et soit répandue dans les artères (e corde in omne corpus effusus). Ce qui ne veut pas dire qu'elle soit née dans le cœur, le cœur n'en est que le propagateur (voir Avicenne) : aliunde sublatus corferit.

La division des fièvres suit nécessairement la division des trois espèces de chaleur contre nature, d'où les fièvres simples, ptitrides, pesiUentieUes.

Les médicaments chauds* sont plus sûrs et plus doux que les froids, car les médicaments froids, qui ont pour objet

Fenielu de Otho Heurn. 1, in-quarto, ' Tktrapeuticu univenalii ieu me-

lypis Gtsberii, a ZijH, et Theodori ab dêndi rationi» iiber I : De cura morbi,

Aekendijck, anno cbbcLfi. rap. m. SimpUciê affeetuêf timplex rri-

ThfibriinUy t. Il, c^. I, p. .3. ratio. T. I, p. 2)76.

80 CHAPITRE r. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

de combattre la chaleur en excès, peuvent abaisser en même temps la chaleur naturelle , mais les médicaments chauds , en chassant le froid, raniment et réchauffent la chaleur interne. La chaleur du corps , s'ajoutant alors à cette chaleur acquise , combat plus efficacement et plus facilement le froid extérieur. (La théorie de la chaleur nuisible aapparatt pas ici.) Dans un chapitre du De natura hominis^ intitulé : Ut innalum calidum œtatum inelinatione $tatm mutalùmem subeai (La chalei^r innée subit des modifications avec Tâge), Fernel commente Galien simplement. 11 y a, dit-il, plus de chaleur et d'humeur chez les enfants, Tune tempérant l'autre, et la chaleur sert à Taccroissement, comme a dit Hippocrate. Hippocrate dit que l'homme a son maximum de chaleur au premier jour de sa vie, et que la chaleur se perd avec les années.

Fernel ne fait que raisonner et commenter sans rien affiimer. . . D'après Galien, il dit que nous avons en hiver une plus grande masse de chaleur intérieure qu'en été, parce qu'en hiver le froid ambiant refoule en nous la chaleur^ . . .

La peau se resserre et ne laisse arriver à la surface que le moins de chaleur possible [fariêque cutis spiracula astringmu, calons substantiatn cogit et ita cœrcet, ut nihil ejus aut tninimum possit ^uere.) L'inverse a lieu en été, oh la peau relâchée permet à la chaleur de se répandre au dehors {^anAientis fervor corparum ^iramenia laxat etnUeriores humons foras elicit^ neeesse est substantiœ calons plurimum dtffluere, etc. )

Cette explication se rapproche singulièrement de nos théories actuelles sur l'action des nerfs vaso-moteurs.

L'idée de la conservation de la chaleur malgré le froid extérieur, c'est-à-dire d'une température constante chez l'homme et les grands animaux est classique, du temps de Fernel : Hyeme ex fngoris sœvitia, substantia coloris nihilo Jtt frigidiar,

^ Uber IV, De tpiritibuê et caUdo mnaio; cap. it. Ut ùifialilm caUdum per ùmato, cap. fin, 1. 1 , p. 88. anni tempora et per regionet mmtÊtmr H

* Uber iV, De Ê/mîtibus et caUdo multiplex ilUut appeUatio, L 1, p. 90.

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