‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 36 sur 122 · SYLVIUS DE LE BOE · texte numérisé non relu

SYLVIUS DE LE BOE

(vTii* siècle, 1616-1679.)

PhffsMogie [De chyli muUUione m êonguinem, eirculari êangmnU motu et cordis arteriarumque pultu). — Voici comment Sylvius explique la chaleur^ : le chyle mélë au sang arrive au cœur droit où il y a un foyer de chaleur, mUturam hanc heie^ rogeneam aceendit atque rarefacit iniemu» corêiz ignis.

Revenu des poumons au cœur gauche, le sang mêlé h l'air inspiré y retrouve de la chaleur, m coït/» ventrieulo nnisÈro aecenditur iterato et rarejit sanguis ab eodem igné cordie intemo. Il considère le sang comme le véhicule de la chaleur intérieure et vitale du cœur, êustentatur et consenxUur eanguine o/tematim in eordie ventriculos impubo, kinc et expuUo, utpote par- Mo euo ignis eordù int&mu» et vitaHs.

Il appelle aussi cette chaleur ignis innatus et vitœ fine, et ammœ fanon corparisque vinculum fninutrium. 11 croit que le sang artériel est plus chaud que le veineux.

Du reste De le Boê explique admirablement la circulation du sang et le mécanisme du pouls.

Il ne pouvait manquer d'appliquer ses théories chimiques à la chaleur du sang; après avoir dit [De respiratione) que la vie dépend de la perpétuité du feu allumé dans le cœur, il admet' que la cause de cette chaleur dans le cœur est une efferves-

* Prolestant, d^otigine française, né à Hanaa en 161 A, uiort en 1673. Étudie à Sedan, est reça docteur à Bâie, voyage en Allemagne, en France, en Hollande. Exerce la médecine à Leyde , où il devient professeur de médecine pntiqoe.

Quoique né 37 ans après Van Helmonl, il est le prétendu chef de Técole chimiatriqoe. Il élait bon anatomiste, physiologiste et chimiste. On Ca Ircp blémé.

il avait en chimie des idées fort en avance sur son temps et même sur le siècle suivant (xviii*). 11 était expérimentateur, il a popularisé la découverte de Harvey sur la circulation du sang et Ta complétée.

* Frandsd De le Boe Sylvii Optra miHea, Genève, mdclxxxi, p. 5.

^ Ce sont les idées de Galien, auxquelles il ajoute seulement le mélange du sang, de la bile et de la lymphe.

120 CHAPITRE r. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

ccncc (ou fermentation) produite par le mélange de la bile et de la lymphe (il compare cette eilervescence à celle du sulfate de soude traité par un acide); or Tair a pour but d'intervenir comme tempérant dans cette effervescence pendant l'inspiration, tandis que l'expiration a pour effet de détruire les vapeurs formées par cette opération cbimi(jue ^ : liuic ejervescenliœfervorique contemperando inspira tioncm aeris ; Jialitibus vero tune simul excitaUs exicrnunandis exspirntioneni ejusdcm opinamur dicaiam. Ainsi la res[)iration sert à amender le sang (^emendare sanguinemy La preuve, dit-iP, c'est que les animaux qui ont des poumons ont plus de clialeur que ceux qui n'en ont pas, que la respiration croît et décroît comme la chaleur du cœur. — Que de vérités entrevues par Sylvius !

Voilà donc une théorie chimique de la respiration et de la chaleur animale, substituée aux notions vagues des anciens et au mécanisme insuHisanl des contemporains de De le Boé. Pendant le xviii'' siècle, tous les médecins furent pour le développement de la chaleur par le mouvement (frottements). Ces deux tendances rivales ont eu chacune leur utilité. Aujourd'hui la tendance définitive, p(^ut-étre, des sciences naturelles est de tout ramener à des axiomes de mécanique, car la mécanique doit finir par absorber la chimie et la physique (théorie mécanique de la chaleur, transformation des forces, conservation de la force).

Ce qui est vraiment topique dans De le Boë, c'est l'opinion qu'il émet, à savoir que l'air ne tempère pas seulement l'effervescence du sang, mais qu'il cède au sang quelque chose de inatérieP ; necesse est ut aliquid ex aère communicetur snnguini, quod contrariam dh, quant m corde accepit, producat in ipso mutationem. Cette matière, De le Boë suppose (|ue c'est un sel très-pur.

Il ne sert de rien de critiquer ces essais chimiques impar-

' De respiratinne unuqtie pulmonnm, ranatomic comparée, nanguini ex aerf p. 17-1 8, LVIL nliquid commuïncari.

* Assez jolie preuve, empruntée à ^ P. ic), LXXIV.

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