‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 37 sur 122 · STLVIUS DE LE BOË · texte numérisé non relu

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faits. La méthode est bonne, la vie est ramenée à Tanalyse par le moyen des forces physico- chimiques, la vérité se trouvera plus tard, et, si pendant deux siècles il faut attendre Lavoisier, la voie est toute tracée.

Sylvius rapporte un grand nombre d'expériences de physio^ logie (vivisections, respirations artificielles) qu'il a faites, soit seul, soit avec Swammerdam.

La fièvre. — On trouve dans Sylvius l'origine des opinions que ses compatriotes Boerhaave et Van Swieten professeront plus tard sur la valeur du pouls et Tinsuffisance des signes tirés de la chaleur. C'est le culte du pouls qui recommence au détriment de l'étude de la chaleur.

Sylvius débute en déclarant qu'il ne consent point à s'humiiier devant les décrets des médecine autoritaires qui veulent soumettre tout le monde à l'adoration de certaines idées traditionnelles dont ils se font les commentateurs officiels ; qu'il n'y a que^expérience qu'on puisse invoquer. La méthode expérimentale est proclamée en ces termes ^ : Per solam experientiam omnibus paientem comparatum determinatumque omni œvo, quidquid hactenus boni certique habemus in medicina. Sylvius De le Boê a raison , et il nous serait facile de montrer que tout ce que nous savons en médecine , nous le devons à l'observation indépendante. Or l'expérience démontre, dit Sylvius, que le seul signe pathognomonique et constant de la fièvre c'est là fréquence sumaiurette du pouls, et par là il ne faut point entendre] une fréquence plus grande mais naturelle et habituelle k un^individu en état de santé, ni cette fréquence non naturelle qui résulte d'un violent exercice, de la colère, etc. Quant à cette duUeur accrue de tout le corps qui accompagne le plus souvent les fièvres, elle n'est ni constante ni spéciale à la fièvre; ainsi les maniaques et d'autres ont quelquefois cet accroissement de

* DiêpmL WÈêdieamm , IX, i, p. «5.

122 CHAPITHË r. — LA CUALEUR ET LA FIÈVRE.

chaleur sans fièvre, et nous avons nombre de fois constaté, montré aux assistants, et cela avec Tassentiment des malades eux-mêmes qui en convenaient , des maladies où il n'y avait aucun accroissement de chaleur nulle part pendant des semaines, des mois même; bien au contraire, il y avait un refroidissement persévérant, pénible pour les malades et perceptible pour les assistants ^

Ce n'est pas qu'il ne se soit trouvé des gens pour soutenir contre tout bon sens et contre l'évidence que , chez ces malades , chez ces fébricitants , malgré le froid apparent, il y avait augmentation de la chaleur intérieure dans le cœur. Mais l'expérience est là pour prouver d'ailleurs que les remèdes réfrigérants conviennent moins bien aux malades que les réchauffants (spiritueux et huiles essentielles).

Ne voit-on pas aussi que, dans les fièvres intermittentes, au début, pendant des heures entières, le frisson est violent, et à tel point, que, pour le vulgaire, le frisson est toute la maladie, qu'en Allemagne on appelle la fièvre intermittente*fièvre à frisson (nous disons en France fièvre tremblante). C'est bien à tort que quelques personnes professent cette opinion erronée, que le stade de chaleur dure quatre fois plus que celui de froid; nous avons montré le contraire m nosocomio aeademico.

S. De le fioé ne se contente pas de cette affirmation; il va plus loin, et trop loin, puisqu'il affirme que la fièvre peut exister sans que nos sens perçoivent une augmentation de chaleur dans les parties du corps soit extérieures, soit intérieures, et que , par conséquent , il faut s'en rapporter au pouls et à lui seul. Cette erreur est plus surprenante encore chez Boerhaave et surtout chez son élève Van Swieten , qui connaissaient l'usage du thermomètre. De Haén devait corriger cette erreur définitivement.

' Goinroe quelques observations ther- tant 60 ans que !e thermomètre était mométriques vaudraient mieux que ces trouvé I II lui faudra encore deux siècles semblanla de preuves I II y avait pour- pour rendre ces dissertations inutiles.

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