STAHL
de la chaleur n*y occupe qu'une place étroite , voici cette dé- . (ioition (t. IV, p. à lia): «(La fièvre consiste dans une altéralion remarquable et assez uniforme du mouvement du sang, eoostamment accompagnée de sensations alternatives de chaleur, de froid, et d'atonie ou impuissance d'exécuter librement les mouvements volontaires. A ces signes pathognomoniques viennent se joindre ordinairement des perturbations sensibles et manifestes dans l'appétit, la coction et la digestion paisible des aliments, dans l'excrétion des matières inutiles, dans la rétention des substances utiles au corps et leur assimilation enfin, c'est-à-dire dans le phénomène général de la nutrition. Ajoutez à cela de notables dérangements aussi manifestes que sensibles dans les excrétions de la seconde comme de la troisième digestion , c'est-à-dire dans la transpiration et l'éjection de l'urine. En même temps il existe une véritable torpeur dans les fonctions animales, tandis que la sensibilité universelle a acquis plus d'activité, et même une intensité insoKte, tant au point de vue général des sensations ordinaires , qu'au point de vue spécial d'un sommeil paisible. »
La théorie de l'utilité de la fièvre est exposée très-correctement par Stahl en ces termes (t. IV, p. âSi ) : c^Il faut sérieusement examiner quels sont les symptômes inutiles, fâcheux et passifs qui dépendent de la funeste efficacité de la maladie, et quels sont ceux qui, bien qu'inévitablement importuns, accompagnent d'une manière inséparable et nécessaire certaines actions vitales, utiles, indispensables, qui se traduisent avec plus d'intensité par des excrétions et des sécrétions. . • De cette importante considération ressortira enfin la méthode même que le médecin doit suivre dans le traitement des fièvres. Il verra combien il serait désavantageux de combattre par des tentatives téméraires les salutaires efforts et tes mouvements généreux de la nature, de les affaiblir par des moyens inopportuns, ou même de les négliger sous un prétexte quelconque; il comprendra combien il est utile, au contraire, et à
132 CHAPITRE l". — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.
.tous égards, de suivre sans réserve, à l'exclusion des autres modes de traitement, la méthode naturelle qui lui est indiquée par cette observation souverainement importante, et qu'on ne devrait jamais oublier, savoir: que cett fnréeisiment à l'aide des assauts fébriles, ainsi que des effets légitimes et proportionnés de l'attaque, que les hommes sont intégralement délivrés des Jièvres, par lu puissance spontanée de la nature, en dehors de tout concours de la médecine et sans l'intervention taucun moyen ar^fi" cieLn
Et cela ne suffit pas à Stahl, il revient souvent sur le même sujet et termine ce chapitre ainsi : «(Sans doute cW bien parler que dire que, pour chasser et expulser au dehors les matières fébriles, leurs effets et leurs funestes propriétés, le meilleur et Tunique moyen consiste dans une habile provocation , dans une administration régulière des sécrétions et excrétions naturelles. Mais (t. IV, p. &68) qui pourra obtenir une exécution normale et légitime de ces fonctions vitales? Les fièvres elles-mêmes, seules; les fièvres toujours constantes avec elles-^mémes, à condition que des causes accidentelles ne viendront pas pervertir, troubler et arrêter leur cours régulier, » Nous recommandons ce dernier point à l'appréciation de ceux qui sont k m^me de le comprendre.
Ceux-là seront toujours rares en tout temps, ce seront les stoiques, les gens de sang-froid dont le scepticisme repose sur des bases scientifiques. La tourbe médicale se ruera toujours vers les remèdes. L'auteur du traité satirique de i'expectation ne sera compris que du petit nombre, et Fera plus loué pour ses défauts, pour ses écarts d'imagination, pour son animisme, que pour les arrêts sévères et peu consolants que lui a dictés la froide raison.