‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 55 sur 122 · ROBERT DOUGLAS · texte numérisé non relu

ROBERT DOUGLAS

proposition 5 est ainsi conçue : ci La chaleur extérieure relâche les vaisseaux des animaux; le froid extérieur, au contraire, les resserre. » En voici le corollaire: «Le froissement des globules cesse dans les extrémités capillaires lorsque la chaleur de Tanimal coïncide avec celle de son milieu, n

L'auteur émet ensuite une proposition qui suppose de nombreuses expériences et, pour ainsi dire, une science faite, mais il ne cite point ses sources: «Il y a un certain degré de chaleur extérieure dans l'étendue duquel la chaleur innée d'un animal, quoique vivant et en bonne santé, s'éteint insensiblement. Ce degré, dans les animaux d'un tempérament chaud , coïncide avec la température naturelle de leur sang. De cette limite, si l'on suppose qu'un animal chaud parcourt une suite indéfinie de degrés de froid, toujours en augmentant, l'augmentation de sa chaleur innée se fera en même raison que celle du froid, jusqu'à une certaine étendue; elle se fera ensuite, en raison de plus en plus faible, jusqu'à ce. que la chaleur innée de l'animal soit dans son plus grand degré de vigueur, et, depuis cette période, elle diminuera par degrés, à mesure que le froid augmentera, jusqu'à ce que l'animal meure , et qu'enfin sa chaleur s'éteigne tout à fait. »

Le livre que nous analysons contient des idées qui n'étaient pas toutes personnelles à l'auteur; on y trouve exprimés des aphorismes classiques en ce temps; on y voit quel usage on faisait alors du thermomètre et du microscope , combien le public médical se complaisait dans la physiologie expérimentale, et quel milieu scientifique éclairé présentait alors l'Angleterre.

Robert Douglas soutient la proposition que la chaleur animale est engendrée par le froissement des globules de notre sang contre les parois des extrémités capillaires^, ti Naturellement la chaleur innée d'un animal et la friction des ^obules dans ses extrémités capillaires (qui, toutes choses égales d'ailleurs, est

' Tliéorème, p. 5i.

proportionnelle à la vitesse du mouvement de ces globules) ont non-seulement des périodes similaires et relatives les unes aux autres, depuis celle de froid extérieur dans laquelle elles cessent toutes deux , jusqu'à cette autre dans laquelle leur trop grande constriction produit le même effet , mais encore ces périodes sont, de part et d'autre, réglées et déterminées par une seule et même cause, la vitesse du mauvemeni du sang, if

On ne peut s'empêcher d'admirer la logique de ces raisonnements et d'estimer une époque où l'étude des sciences physiques appliquées à la médecine avait le pas sur l'empirisme brutal et mercantile des médecins praticiens purs de tonte préoccupation scientifique.

Appliquant à faux un principe vrai, Douglas dit donc que la dilatation et la contraction des extrémités capillaires d'un animal influent sur la génération de la chaleur, mais il se trompe en n'y voyant que la question du frottement. On ne peut, dit-il, expliquer nos sensations de chaud et de froid que par les différents degrés de constriction ou de relâchement des extrémités capillaires.

Dans la partie où l'auteur développe ses idées sur la gàii-ration de la chaleur relativement à la grandeur différente des animaux, il rappelle (voyez plus haut) ce principe de Newkm, que, coDome les surfaces des corps ne décroissent pas si rite que leur volume (qui décrott en raison triple, au lieu que les surfaces décroissent en raison double de leur diamètre respectif) , c'est pour cette raison que les temps du refroidissement des corps sont, cœteris paribus , comme leurs diamètres respectifs. Les grands animaux doivent donc perdre beaucoup moins de leur chaleur que les petits de la même température; et cette perte se doit faire en raison juste de leurs diamètres,

Cest là un grand fait de physiologie. C'est une très-belle application de la géométrie à la physiologie et à la médecine des petits enfants. I^es modernes l'ont acceptée sans en citer ou sans en connaître la source.

L'autettr rappelle que, d'après Leuwenhoeck, les globules du sang et les vaisseaux capillaires ont le même diamètre dans les petits animaux que dans les grands.

Se fondant sur les calculs de Haies , à savoir que la surface respirante des poumons est vingt fois aussi grande que celle de tout le corps; mais considérant que Tair qui y pénètre est déjà échauffé dans son passage à travers les voies nasales et se dilate, il admet que nous perdons au moins la moitié de notre chaleur par les poumons dans Tacte de la respiration.

L'auteur est amené nécessairement h régler sa thérapeutique sur la contraction des capillaires : <( Donc, dit-il, d'apràs ce que nous avons dit sur la chaleur contre nature des animaux, on comprend pourquoi les astringents, dont l'effet tend à diminuer le diamètre des extrémités capillaires, raniment et fortifient notre chaleur innée, et pourquoi, d'un autre côté, tout ce qui peut relAcher produit un effet contraire. 79

( École française, itiu* sîède.)

ff La fièvre, dit Fizes^, tend directement è la destruction du principe vital et fait périr la plupart des hommes, qu'elle soit essentielle ou symptomatique. Son nom lui vient peut-être de l'ancien mot latin (sabin) februo, qui signifie purifier. Les Grecs l'appelaient purétos, de pur, feu , à cause que la chaleur accompagne ordinairement la fièvre.» Fixes constate que les médecins diffèrent d'avis sur l'essence de la fièvre : il se range

* Né à MoQtpellier eo 1690, mort detjièvre$, etc. Fonquet, au dire de

en 1766. Homme trèa-cëlèbre dans la Deagenettes, se vantait d*avoir acheté

pratique, médecin da roi, fils d\m nombre d*exemplairea du TrotCtf dss^

profeaaeor de malfaématiques. Profea- vr»s pour les anéantir comme perni-

arar de chimie i Tuniversité de Mont- cieux.

peHier, a publié de nombreux ouvrages * Traité daJUvru, traduit du latin

d*anatomie, de physiologie, un Traité de M. Fiios, idco.!!, p. t.

k Topinion des modernes qui combattent Fernel et tous les anciens, en ce >ens que la chaleur se trouve souvent sans la fièn*e, et que la 6èvre n'est pas toujours accompagnée de cbaleur; et il cite comme exemple le déInU de$ aecii fébriles et certaines fièvres malignes qu'on appelle^^tiidn. «On peut ajouter encore, dit Fizes, que, dans les fièvres malignes, la chaleur n'excède pas de beaucoup celle que nous avons naturellement; souvent même on n'y remarque aucune diiïérence. 79 Voilà 01^ est Terreur de Fixes, et tout naturellement il devait chercher ailleurs que dans la chaleur la mesure de la fièvre: il devait abandonner Hippocrate et faire prédominer le pouls. Voici sa DécLAAATi05 ^ : « U s'agit de chercher un signe pathognomoniqne de la fièvre, sur lequel il ne puisse plus y avoir de contestation. Or c'est une chose uco^hub de Um$ le» fraùciem, qu'il y a fièvre toutes les fois qu'on trouve le pouls accéléré et les fonctions lésées considérablement. On peut donc définir Ja fièvre relativement à la pratique: imc accélération eumaiureUe du pouls, ou, ce qui revient au même, la fréquence du pouls jointe arec une lésion de fonctions constante et notable, y» Fizes ne manque pas de faire remarquer que, suivant cette définition, la fièvre pourra aussi bien exister avec le froid qu'avec le chaud , quoiqu'elle soit plus ordinairement accompagnée du chaud. Il indique comme cause prochaine de la fièvre une augmentation dans la vitesse des contractions du cœur, jointe avec le ralentissement du sang dans les vaisseaux capillaires, et encore faut-il que ces deux causes soient réunies. Fixes admet, du reste, une matière fébrile qui épaissit le sang, ou le raréfie (?).

Au chapitre des fièvres putrides, Fizes décrit le froid fébrile qui , dit-il, ne se montre pas seulement au début des fièvres putrides, mais encore dans celui des autres fièvres; il distingue quatre degrés' dans le froid fébrile : t"" refrigeratio (frisson); q" horripilatio ou horror; 3* rigor; 4* algor. Et il signale avec

* Pag»» 3. — • Pagp 60.

raison , mais sans commentaire , ce fait que , lorsque les malades se plaignent» dans les fièvres, d'un froid incommode, il arrive quelquefois que les assistants les trouvent chauds et même pluê chauds qu'à l'état naturel. Le plus souvent, ajoute-t-il, les assistants trouvent le malade réellement froid, surtout aux extrémités. Malheureusement Fixes veut expliquer ce phénomène par la viscosité du sang, son ralentissement dans les capillaires, etc. Enfin il exprime par une formule scientifique, à allures sévères, tout son système relativement à la chaleur^ : Tottie chaleur dans le corps humain est toujours en raison composée de l'agitation intestine des particules, de la célérité de son cours, de sa quantité présente dans une partie, et de sa cansis-tance. Comprenne qui pourra! Fizes était professeur de mathématiques et, dit-on, grand praticien, mais il était aussi professeur de chimie; il parait surtout avoir été médecin encyclopédiste : hardi à conclure et à tout expliquer, ce qui est un vice médical.

( École française, xvin* siècle.)

Préoccupé surtout de faire une classification méthodique des maladies, Sauvages a négligé de s'étendre sur la physiologie et sur les perturbations des fonctions en général. Ce qui suit est extrait de son livre intitulé : Nosologie méthodique ou disirAution des miJadies en classes, en genres, et en espèces, 5tftvont T esprit de Sydenham et la méthode des botanistes (traduit du latin parGouvion, 1779).

* Page 'jo, Montpdlier. Premier rnédecin du|roi,

* François de Saavages de Lacroix, publie ses dasaes de maladies, NoioltH 1 7 06-1 767. Noaologiste , ami de Lionë , giê méthodique. Se rattache , par ses opi* ei daasificatenr. Né à Alais en 1 706 ; nions sur la fièvre, à la théorie de Haies, âève de Montpellier, savant botaniste; qn^il a traduit et commenté. Conlemprofeweor de botanique en 1734 i porain de Van Swieten et de De Haén.

11 ne faut point chercher dans ce livre un chapitre de pathologie générale. La chaleur du corps humain ny a point de chapitre à part. Les notices concernant cette question sont dispersées à travers l'ouvrage. Nous les y recueillons, au ftir et à mesure, sans en former un article spécial par un groupement artificiel.

« Les fièvres, dit Sauvages, sont appelées par les Grecs pyreta eipyrectica nosémata; par les Latins ,ye6re<; par les Anglais, fevers, agues; par les Espagnols, jEeiref, calenturas; par les Kl\emands , Jiebers ; par les Italiens, caldezze. (Tome II, p. 979.)

frLes mots de febris eifebriculœ viennent du latinyîn«o,8'échauiïer, devenir chaud, ou de februo, je purge; mais les noms grecs, espagnols et italiens, sont dérivés du feu et de la chaleur. 9» (T. II, p. 373.)

Après cette déclaration. Sauvages s'empresse de dire que le poule est le principal indicateur de lajlèvre, et, s'il reparle de la chaleur, c'est en analysant tous les symptômes et en relatant l'opinion de Galien (t. II, p. 978): c(La fièvre est une altération de la chaleur naturelle ou un changement contre nature accompagné de battements de pouls plus forts et plus fréquents. ?) Il ne repousse pas l'aphorisme 563 de Boerhaave: «Les symptômes de la fièvre sont : le frisson, la chaleur et l'accélération du pouls. 79

Dans un long chapitre sur la théorie des fièvres, Sauvages fait un véritable cours sur la circulation du sang, sur la masse du sang, sur sa pression manométrique, etc.; mais la chaleur n'est point relatée. (T. II, p. Q79 et suiv.)

Sauvages consacre un chapitre au frisson et ne paratt pas douter de la possibilité d'expliquer ce phénomène. (T. II, p. 369.) Ce chapitre commence ainsi : «Le froid est une sensation incommode occasionnée par le ralentissement des particules ignées qui sont dans notre corps . . . t? Vient ensuite un chapitre inattendu sur la Chaleur fébrile, qu'il définit» tome II, p. 379 : «Une sensation incommode occasionnée parlaquan-

dtë et lagitation trop forte des particules ignées, laquelle est proportionnelle à la vivacité de la faculté sensitive, et qui, de la part du corps, est comme le produit de la quantité des particules ignées, dans un espace donné, par leur vitesse doublée.» Cette définition prétentieuse, et qui affecte un faux air de calcul mathématique, marque bien l'esprit de l'auteur et de ses contemporains (encyclopédie). Plus loin, Sauvages dit que la chaleur est produite par le frottement. (Traducteur de Haies.)

Voici maintenant quels sont, d'après Sauvages, les principes de la chaleur (t. Il, p. 38i ) : fcLes aliments, les boissons ou les choses comestibles qui contiennent quantité de particules ignées, alcalines, volatiles, aromatiques, spiritueuses, telles que les viandes salées, poivrées, les esprits fermentes, les substances chaudes; comme aussi les choses externes chaudes, comme l'air d'été, l'insolation, les étuves, les bains chauds, etc., à quoi l'on peut ajouter celles qui augmentent le frottement des solides et des fluides , telles que l'augmentation de la force du cœur, du mouvement musculaire par la course, la vocifération, la colère, etc., lors surtout que le corps est dense et pléthorique, y^

Sauvages parle doctement de Umt et écrit sans hésitation (t. Il, p. 389) que : « 1* le cerveau, le cervelet et la moelle, étant moins denses que les autres viscères , doivent moins s'échauffer; les reins sont très-denses, et de là vient qu'ils s'échauffent beaucoup; et encore, qu'une chaleur fébrile de 33"* R. (âi^G.) doit dissoudre le sang, qui se coagulerait à une plus haute température, et qu'alors les matières tenaces et visqueuses qui obstruaient les vaisseaux recouvrent la fluidité, etc.i»

Ailleurs Sauvages dit que la sueur emporte les humeurs saisugineuses , car la sueur est l'humeur lixivielle du sang. (T. U,p. 386.)

A côté de cette science dangereuse d'un demi-savant saturé

J72 CHAPITRE r. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

de théories et prodigue d'explications, Sauvages possède une expérience pratique fort raisonnable.

(T. II, p. 383.) Quand la chaleur fébrile est trop forte » la nature, dit-il, nous indique les moyens qu'il faut employer, savoir : la Mignée, la ventilation et les boissons froides. Mais rien n'indique que telle fût la pratique habituelle de Fauteur.

Sauvages parle aussi de la matière phlogistique engagée dans les vaisseaux, et il consacre un chapitre à des expériences de chimie hématologique. Ailleurs, au chapitre intitulé Théorie des phlegmasies , Sauvages rapporte des observations thermométriques faites sur lui-même (t. III ,p. 77): <^ J'ai remarqué, le ao août 1760, que la chaleur de mon urine, de ma bouche, de mes aisselles, etc., était de aS"" R. (SS"" G.); je me portais bien alors. Ayant eu la fièvre depuis, dans le temps même que je sentais une chaleur brûlante dans la plante des pieds, la chaleur n'a pas passé Si"" R. (38%7 G.).» On voit par là (xmbien la science pratique de la thermométrie était chose encore peu connue à cette époque (^en France).

A l'article Frisson, dans le chapitre Des spasmes eloniques universels (t. IV, p. 71), Sauvages s'exprime ainsi: «Le frisson est de deux espèces , ou avec froid , ou sans froid . . . Quelquefois il ne se fait sentir qu'au malade, et la chaleur naturelle subsiste dans la partie que le médecin touche. »

Le frisson avait été fort étudié dans ses diverses formes et manifestations dans les accès de fièvres intermittentes. (Torti, De febrihus.) Gependant ces notions empiriques n'éveillaient que médiocrement l'attention des observateurs.

Ailleurs, au chapitre Des douleurs vagues avec chaleur excessive (t. VI, p. iâ&), Sauvages, en un court paragraphe et qui marque de sa part peu d'intérêt, nous donne un résumé de sa science tbermométrique, il s exprime ainsi : «La chaleur d'un homme sain, en hiver, est de 37*" R.; en été, de 3 0 (de 3 3% 7 à 37% 5 G.); elle est d'autant plus grande qu'elle monte plus haut comme à 35'', à 38^ Lorsqu'elle va au

delà, les parties se brûlent, les organes se détruisent; il se forme ou une escarre ou un sphacèle sec, les fluides se dessèchent, les fibres se rident, la partie reste privée de sentiment et de mouvement. Une chaleur au-dessous de 35^ rarë- 6e les fluides environ dune soc" partie de leur volume, les vaisseaux se dilatent à proportion, la partie devient rouge, douloureuse, etc. t»

Si l'on relève les erreurs de fait contenues dans ce paragraphe, on trouve d'abord que l'auteur suppose la chaleur du corps beaucoup plus élevée en été qu'en hiver; ainsi il donne le chiflre 37" R., soit 33%7 C. pour l'hiver, ce qui est trop bas; et 30"* R., soit 3 7% 5 G. en été, chiffre normal en tout temps , quoique un peu trop élevé.

Plus loin. Sauvages, exprimant une opinion qu'il ne dit point avoir vérifiée sur lui-même,* ajoute : «Il parait, par le thermomètre, que la chaleur du corps humain pendant la fièvre, qui est le temps où elle est la plus forte, n'est que de 34* R. (A 2", 5 G.).» G'est là une vérité qui n'a point été contredite par les expériences ultérieures.

Sauvages n'a donc point ignoré l'usage du thermomètre appliqué à déterminer l'existence de la fièvre, sinon à en graduer l'intensité, mais il ne peut être compté parmi les auteurs qui ont fait progresser la médecine dans cette direction. A peine connaissait-il ce qui, en d'autres pays, était professé sur cette partie si importante de la pathologie générale.

( Ecole française, itiii* aiècie.)

Parlant du cœur, Sénac doit parler de la chaleur distribué par la circulation.

' Grand mëdedn français que l'on cogne,àLombex, 1 698; mort en 1770. peut comparer â De Haên. Né en Gas- D^abord protestant, élevé pour être mi-

CHAPITIU: 1^ - LA CHALKUR ET LA KIEVUK.

Cliap. i\ • : <T La chaleur est produite j)ar ractioii des causes de la circulation 01 par l'action du sang, v

Sénac cherche \g foyer de la chaleur.

Ce n'est pas la fermentation, c'est le frottement qui entretient la chaleur. L'eau, dit-on, ne s'échaufle pas par le battage, mais c'est une erreur, elle s't^chauffe un peu comme on le voit au thermoscope, et le lait battu s'échauffe.

Sénac n'adopte pas toutes les idées de Martine.

r. C'est dans les vaisseaux capillaires que se fait surtout la chaleur. . . Ce qui prouve (|ue c'est dans ces vaisseaux que sont les principales causes de la chaleur, c'est f]u^ Fachon (les nerfs produit quelquefois du froid en certaines parties: la sni face du cor|)s se refroidit en diverses maladies, tandis que les viscères sont brûlants; le nez, le visage, une main, un pied se refroidissent subitement, tandis que le reste du corps conserve une chaleur égale : or les nerfs ne peurent que houcltrr les raissediix vajnllnlres par leur contraction; c'est donc l'action (b^ ces vaisseaux i\m est la principale cause de la chaleur. ??

Ce n'est pas la cause de la chaleur du sang, c'est son mode de répartition, de régulation. Sénac l'explique parfaitement et nous ne dirions j)as nneux aujourd'hui.

rrCest encore dans la nature du sang (|u'il faut chcrcber les causes de la chaleur; sa pesanteur, sa masse, ses parties huileuses, sont des agents sans les(piels les artères n'exciteraient |)as autant de chaleur. . .

r~ il y a aussi les molécules roujrcs du saufr. . . les saiipiées dolreni

ni^lrc, succède en i 75» n (lliicoyncaii , proriiier rrn'dociti du roi.

()iivra|jos: iVo//r(V(M cours d»' (himir,

].\\'nUomip(lr //cM/rr, nvcr des Ef^snis

de plnjsuiitc.

Sur l'usnnp tirs pnrtv'a du rorpx humain, 1 7^4 , 173.'».

Sur f(i tiiillp.

Sni' le choix dex sa irnrr,\.

Sur In ppstr , 1 7'i'i.

Ih» la striiriurr du raur, de son action et de .s*'» wnladies.lLti{'\U\ i7'i().

Dr In fièvre mtermiUrntf,

Mciiihro de rAcadi'mie des sciellce^.

' Traité de la structure du cœur, de sou action et de ses wnladiet^ j>ar M. Sénnr; Paris, mdccxlix, l. II, p. a6o.

SÉNAG. 175

néceêMÎrement diminuer la clialeur, puisqu elles affaiblissent la cause mouvante. . .

«La diète doit produire le même effet; un jeune homme, selon le témoignage de Martine, perdit, dans deux jours de jeûne, plus de quatre degrés de chaleur ^

« Le sang s'échauffera davantage chez ceux qui ne boivent pas, qui useront d'aliments huileux , aromatiques, c'est ce qu'a remarqué M. Hoffmann. Les matières animales seront aussi une source de chaleur.

f(Chez les malades, qu'il y ait une irritation qui aiguillonne les nerfs et les vaisseaux, ces impressions porteront la chaleur à un grand excès.

«Les degrés de chaleur sont les nié mes dans toutes les parties des corps animés . . .

« Les sens avaient conduit plusieurs médecins à cette égalité. Selon Bacchius, Thomas Cornélius, Wepfer, la chaleur n'est pas plus vive dans une partie que dans une autre. Mais les sensations sont des marques infidèles de la chaleur; les impressions que les corps étrangers font sur la peau dépendent de la disposition différente et des nerfs; quand même les dispositions ne nous tromperaient pas, nous ne pourrions pas apercevoir les différents degrés de chaleur, nous ne pourrions distinguer que les grandes variétés.

« Borelli a cherché , dans le thermomètre , une mesure moins équivoque de la chaleur; il n'a pas trouvé plus de chaleur dans le cœur que dans les autres viscères. Malpighi, par de semblables expériences, a démontré la même égalité. De même Amontons, Martine."

Sénac reconnaît que, si les parties profondes sont plus chaudes,. c'est qu'elles ont plus de sang et sont mieux protégées contre le froid extérieur.

Scbwenke a ai&rmé que le sang tiré des veines est moins

* Voir Gbos'sat, Lu peupUt gtoutom du Nord.

176 CHAPITRE r. — LA CHALEÎJH ET LA FIÈVRE.

chaud que celui tiré des artères, mais ses expériences ne sont pas irréprochables.

Chap. IV : ftS'il y a un degré fixe de chaleur dans le corps humain, ce degré osi toujours renfermé entre 90 et loo' F. (32. V\ et 87,8' C), (lejjré rare. Les corps des animaux sont plus chauds que le corps humain... (liiez 'les moutons, bœufs, cochons, la chaleur est à 100, 101, ton, io3' F. et plus haut ch«.'z les oiseaux. 55

Sénac rapporte les observations de Cokburn et Derhani sur la diminution de la température avec des pulsations lentes.

A cette épo(|ue on admettait encore que la chaleur du corps humain dépassait toujours celle de Tair. Singulière erreur, qui, outre les anciens, avait pour parrains de$ hommes comme Boerhaave, Cokburn, Amontons, Polenus, ces deux derniers, t\ la vérité, ayant haussé le degré de la chaleur connue de l'air.

Sénac ajoute : rrSous la ligne équinoxiale même, Tair est moins chaud que nos corps.»

îç Pourtant la variété des températures selon les climats, dit Sénac, ne fait pas varier celle de notre corps.?? (C'est un progrès.)

r^ La chaleur, dit-il, ne s'accumule pas. . . il en est des chairs comme d'autres matières; qu'il y ait un vase plein d'eau auprès d'un feu d'un certain degré, quoique à chaque instant il parte de ce foyer une cause de chaleur, cette cause n'échauffe pas davantage les molécules de l'eau \

«La chaleur est le principe de la vie chez les hommes et les animaux , elle peut aussi devenir Tinstrument de leur perte: i7 fallait donc la mesurer, fixer le degré qui est nécessaire à la vie, et celui qui détruit les corps.

çç Quelques degrés de chaleur ajoutés à la chaleur ordinaire se font sentir vivement : on éprouve une ardeur brâlante;

' H ignore la pression atmosphérique et Véraporation, cause de régulation.

cependant ils n'élèvent que très- peu la liqueur du thermomètre.

(tDans la fièvre tierce ou la quarte, les. corps paraissent brûlants, cependant elles n'ajoutent pas à la chaleur naturelle plus de 6 ou 7 degrés F. de chaleur.

«Dans le commencement de ces fièvres, la chaleur est, selon Sehwenke, de 87 ou 90 degrés F. )33° 5 G.); dans la violence de l'accès, elle monte à 1 oA"" F. (4o" G.)

fc Selon le même auteur, une pleurésie et une • fièvre produites par la goutte avaient élevé la liqueur du thermomètre jusqu'au 108* degré (4 3% 2 C.)^

(tU est difficile de mesurer la chaleur des malades, ils n'appliquent pas bien, ni assez longtemps le thermomètre, ils laissent entrer l'air dans le lit . . .

fc Un excès de chaleur, quoique petit en apparence , bouleverse toute la machine animale, multiplie la force du cœur, hâte le cours du sang, agite toutes les parties; c'est un aiguillon appliqué è tout le tissu du corps, xr

ApplieatSons à la médecine. — Ghap. v. (c Ce nest pas par k sentiment qu'on peut apprécier la chaleur. On sent beaucoup d'ardeur dans des parties qui ne sont pas plus échauffées que dans leur état naturel; les nerfs portent quelquefois, dans un membre, un sentiment d'ardeur démenti par le thermomètre.

« La force du pouls est aussi, en divers cas , une mesure équwoque de la chaleur.

R Quelquefois les parties externes sont peu échauffées ou froides; cependant le pouls est tendu, vif, fréquent; il est vrai qu'alors la chaleur peut être violente dans les entrailles, parce que le sang s'y ramasse; c'est ce qui arrive, par exemple, dans le froid qui précède la fièvre.

n Si de telles observations nous montrent les degrés de cha-

'Voir Sehwenke, Né à Uttècfat, i6g6; éludie A Lcyde, exerce à la Haye, professeur dVbstélriqae, mort en 1768.

leur et Tétat des parties du corps, elles nous montrent, en même temps , les secours ; Tair ne doit donc pas être trop chaud, puisque, en conservant la chaleur des corps, il les échauffe. Les lits échauffes, les couvertures trop pesantes, des habits trop serrés, sont des sources d*une nouvelle ardeur; il faut donc tempérer Tair que les malades respirent, et ne les couvrir que suivant la nécessité. »

A ce propos, nous dit Sénac, il faut lire les expériences de Boerhaave sur les animaux mourant dans une atmosphère à

lie* F.

Au chapitre yi, Des causes du froid : « La chaleur des corps animés s exhale, pour ainsi dire, continuellement; elle se partage â Jtair qui environne ces corps; or cette communication ou cette perte continuelle produit la température qui est nécessaire à la santé, température qui serait sujette à de moindres changements, si le même air était toujours appliqué à la peau; mais l'atmosphère qui nous environne change continuellement; elle se renouvelle plus souvent quand le vent souffle; celles qui succèdent dérobent chacune au corps un nouveau degré de chaleur; an peut donc sentir un plus grand froid, quoique Voir ne soit pas moins chaud, n

Dans quelques-unes de ses parties et dans cette dernière plus spécialement, l'œuvre de Sénac est absolument dans le courant des idées actuelles , c'est un excellent chapitre de physiologie et nous sommes heureux de le lire dans un auteur français.

DE HAÊPi'.

( Ecole flamande e^ Autriche, xviu* siècle.)

L'historique de la chaleur, d*apris de Haên, — De Haën ( Ratio

> Antoiae de Haën, ne en l'joii â len Tappeia â Vienne en i75â.nypro-

la Haye, mort en 1776. Elève de Roer- fessa la clinique et fit partie de cette

haate, exerça vingt ans à la Haye , sans pléiade de diniciens célébrai, Van Swie-

aueane fonction enaeigoante. Van Swie- ten, Stoli, Frank.

DE HAÊN.

medendi)^ au chapitre intitulé : De sanguine humano ejusque eo' hre^^ fait un rapide historique des opinions émises par les anciens sur la chaleur animale. Ce court passage mérite d'être lu , et nous en donnons la traduction ici : 9 Quel est celui d'entre nous qui entreprendrait de donner l'explication de ces phénomènes, à l'aide des principes connus de la physique ou de la physiologie^? On rencontre là, en face de soi, des difB* cultes insurmontables. Avant que l'on connût la circulation de Harvey, l'école médicale enseignait la chaleur innée, d'après la doctrine du grand Hippocrate (aph. 1, i/i, i5). Hippocrate. parait n'avoir pas voulu, en parlant de t^ ifAtpur^ Q'épfi^^ dire autre chose, sinon que la chaleur, dans le corps humain, commençait avec la vie, variait dans les maladies du plus au moins, et disparaissait avec la mort. Jusque-là il agissait en vrai et sage philosophe, constatant et expliquant simplement les effets d'une chose dont il ignorait la nature. Pourquoi n'at-il pas toujours gardé cette réserve philosophique ?

«Qu'on voie aux livres De camibue et de morbo sncro entre autres ! il avait reconnu que le sang qui sort d'une blessure est chaud , et que , lorsqu'un homme perd en une grande quantité, il a froid et pâlit. Il conclut de là que la chaleur natt du sang, et que les parties sont d'autant plus chaudes qu'elles ont plus de vaisseaux rouges, qu'elles sont d'autant plus froides qu'elles en ont moins; et, par suite, il admet que le cerveau est la partie du corps la plus froide. 11 ne s'arrête pas là; c'est pourquoi, dit-il, la pituite s'y accumule, et elle est éliminée parles narines; et, lorsqu'elle s'y amasse en trop

SoD ouvrage le j^us célèbre est intitolé : RaÊMO medendi m ntMocmnio prac^ tieo quod in graUam medieinœ êtudiotO' fwm eondidit Maria^Thenna. Vienne, 1 758. H publia, en outre, de nombreux mémoires originaux , pratiquée.

* Antonii de Haen. Ratio medendi in uotoeamio praiico rnndobamnêi, 5 vol.,

Neapoij, typifl Donati Gampi, mdcclxvi, t. I, cap.xxT, p. 969.

* De Haëo est un médecin modeste, qui a conscience des difficultés. Il est assez savant pour ne pas oser de ces explications chimiques avec lesquelles jonglent les médecins hardis, mais peu scrupoleui.

grande abondance, elle est envoyée par le cerveau aux poumons, et y étant froide, elle refroidit le sang contenu dans le poumon et le coagule; elle est, en outre, envoyée dans d'autres parties du corps et y produit diverses maladies : apoplexie, épilepsie, asthme, et une foule d'autres maladies pituiteuses.

R C'est ainsi que se trompent les plus grands génies, lorsqu'ils franchissent inconsidérément les limites qu'ils s'étaient d'abord fixées prudemment à eux-mêmes.

« Si nous consultons Aristote dans les livres De la génération. De la respiration, et au quatrième chapitre de la Météorologie, nous voyons cet esprit si subtil s'ingénier à nous démontrer que quandoquidem quatuor elementis, aère, aqua, igné, terra, niliil non constet, id calidiuê esse, quod in hoc commistione ignem haberet reliqiM principia superantem. Il n'y a point de lumière dans ces ténèbres.

« En lisant Aristote et Galien , on est stupéfait des étonnantes idées des anciens philosophes sur la chaleur du corps humain, et nous ne trouvons rien qui nous éclaire.

«Au temps de Galien, les médecins, les philosophes oscillaient entre ces deux hypothèses :

R Si la chaleur a pour origine le mouvement du cœur et des artères, ou si, comme le mouvement même du cœur qui est inné, la chaleur était de même innée. [Galen.advers» Lycum, cap. Il et in commentariis,) Galien répond à cette question, comme Aristote, à la façon des péripatéticiens.

te Aux dogmes des péripatéticiens ont succédé les dogmes cartésien et newtonien.

((Mais leurs explications sont insuffisantes, hérissées de difficultés et de desiderata, »

Chaleur des corps vivants. — De Haen ( 1 7 5 6) , dans le chapitre De sanguine humano ejusque calore, expose les contradictions qui existent entre les faits et les théories; il oppose, avec confiance, l'observation clinique aux doctrines et à l'autorité de

DE HAËN. 181

renseignement magistral, il fait part de tous ses* scrupules, et sait s'abstenir des explications inutiles.

11 s'exprime ainsi : «Nous avons observé plusieurs fois, cbez des malades traités de la façon ordinaire* ou par l'écorce du Pérou (quinquina), que souvent il ne restait nul indice de fièvre, ni dans le pouls, ni dans la respiration, ni dans l'urine, ni dans les sensations du malade, et que, pourtant, le thermomètre accusait cbez eux, 3, à et jusqu^à 6 degrés de cbalenr de plus qu'à l'état normal.» (De Haén employait ]e tbermomètre de Fabrenbeit , dont les degrés sont plus rapprochés que ceux du Celsius. )

De Haén continue ainsi : «Il y a lieu de s'étonner de ce fait, d'autant plus qu'il y a des fièvres aiguës dans lesquelles le même tbermomètre , appliqué au même endroit du corps, avec le même soin, et pendant le même temps, ne donne pas un degré de cbaleur plus élevé, alors que les malades accusent une sensation de cbaleur incommode et que nous-mêmes, par le tact, nous sentons cette augmentation de cbaleur. y>

Le fait-principe énoncé ici par de Haén est de la plus grande importance pratique, il va tout droit à montrer que les sensations sont trompeuses, que le pouls et la respiration peuvent aussi nous induire en erreur, et que le thermomètre seul a raison; telle est aussi la doctrine moderne.

De Haén ajoute : «Que dire du fait suivant? dans une fièvre suraigué, vraiment ardente, où l'on avait tiré au malade cinq livres de sang très-couenneux (^summe eoriacei sanguinis)^ où il se plaignait lui-même d'une cbaleur insupportable, et remerciait Dieu du bien-^tre que lui procuraient ses servants en lui promenant sur le visage des éponges imbibées é^eaufraUhe; comment se fait-il que, dans ce cas, le malade n'avait que i oo degrés F. (soit 37%8 C), 98 et 99 degrés F. (36%7-37%a C.)? Ce degré est inférieur à ceux que le thermomètre donne cbez les malades qui sont presque guéris de la fièvre, et qui ne

se sentent pas , et ne nous paraissent pas , à la main, plus chauds qu'à Télat normal. Dans les maladies malignes, la chaleur n'excède pas de plus de 3 à /i degrés la chaleur normale, tj De Haên cite encore l'exemple d'un jeune garçon de i3 ans, pâle, exsangue, au pouls petit, cachectique, scrofuleux (il paraît s'agir d'une péritonite tuberculeuse), qui, pendant six mois, ne cessa d'avoir environ i oo" F. de chaleur (37^8 C). çç Comment cette fièvre, avec cette pâleur et cette cachexie? C'est un problème qui étonne et est sans solution, n Suit un autre exemple : il s'agit d'une femme qui, en 1765, devmt hémiplégique au quatrième jour après l'accouchement. Son bras paralysé était froid et ne pouvait être réchaufl'é, et pourtant les artères y battaient fortement, tant la radiale que les interosseuses. D'où vient ce froid avec l'intégrité des artères où coule le sang, source de la chaleur? — De Haén a tenu cette femme en observation j)endant l()ng(em|)s, la paralysie s'est accentuée, il y a eu rétraction et atrophie du membre; la main marquait •70 et l'aisselle y G, soit une dilïérence de 2 3'\ et cependant, les artères battaient dans la main. — Comment, dit-iL peuton exjdiquer ce lait ^ ?

Il faut avouer que l'objection de de Haën persiste en partie, et que, même de nos jours, tous les problèmes relatifs à la chaleur animale ne sont pas résolus. Seuls, les ignorants ont réponse à tout.

De Haën expose la contre-partie de ce qui précède: c'est l'observation d'un honnne qui n'avait pas de battements artériels dans un bras et [)ourtant y montrait la température normale. (.C'était dans l'aisselle cpie le thermomètre était habituellement aj)pliqué par de Haën.) Un fait très-considérable, ou du moins très-remarque parmi ceuv que de Haén a faitcon-

' En effet, la force, 1»t fréquence ilu la diflerence de chaleur dans les mem-

pouls, ne prouvent rion pour la clia- l>res paralysés, n*a ('(é trouvée que de

leur, rV«t iinfi fpirstion do rapillains et nos jours. Voyoz dans le chapitre II : lié

ilc tipjJH vitHomotoftys. — La causo de f^nlulum ilf la rhalcttr.

DE HAËN. 183

nattre, c'est la coexistence d'une grande chaleur avec le frisson. Wunderlich a relevé ce fait et en a tiré des conséquences lëgilimes: il a montré que nos contemporains avaient ignoré les travaux de leurs devanciers, au point qu'en 1839 un savant observateur, M. Gavarret , dans le service de M. Andral àla Charité , avait retrouvé cette coïncidence de la chaleur avec le frisson et l'avait vraiment découverte , personne , à cette époque , ne songeant aux travaux de de Haën sur la chaleur. Or le mémoire de M. Gavarret a été heureusement le point de départ d'une série de recherches d'où est sortie la rbnaissangb de la thermométrie clinique , et il marque une date fùstorique. Voici le passage court, mais significatif , qui termine le chapitre De soHfpnne hummo ejtuque colore de de Haën: «J'ai institué, Tan dernier, des expériences qui montraient que l'homme, dans le frisson de la mort, conservait sa chaleur normale, et que quelquefois, dans le frisson fébrile, la chaleur était au-cieMu^ de la normale. 7> Cette série de contradictions engendraient le doute dans l'esprit de ce grand observateur, dépourvu, comme on l'était de son temps, des secours de la physiologie. Il renonce à rejcpUcaiion du problème: «Il nous faut peul-étre avouer, dit-il , que la chaleur a une autre origine que le sang luimême. »( Et cela est vrai en effet.) Et il ajoute: « En savons-nous beaucoup plus que ceux qui disaient simplement que la chaleur était innée?» La phrase suivante est un acte d'humilité chrétienne : InteUexi quod omnium operum du nullam postit homo ùwenire rationem eorum quœ 9uni suh sole; et quanto plus laboraverit ad quœrendum, tanto minus inveniiU. Eiiamsiiixit sapiens se nosse, non poterit reperire. Eccl. cap. xviii.

Il y a encore d'autres observations faites par de Haén , par exemple l'élévation excessive de la température du corps pendant l'agonie et même après la mort, phénomène qui était inexpliqué en 1766 : &^ mirum dietu! omnium maximus calor inventus est hominis, quo tempore cum morte luctatur, exspirat, jamrque aliquanium vivere desinit. Ainsi chez un malade qui, pen-

\Sà CHAlMTHfc: l\ — LA CIlALfcilh ET LA FIEVRE.

dant le cours de sa maladie, n'aviiit pas eu plus de io3 degrés F. (soit 89°, 5 C), la chaleur s'éleva, au moment de la mort et deux minutes après, à 106' (ii", i C). Autre exemple: un homme avait, neul heures avant sa mort, une température de 07° (3()", 1 C). Le thermomètre avait été api)Iiqué pandani litiit minutes , temps usité par de Haên pour l'évaluation de la chaleur. Au hout de 1 5 minutes d'application, le thermomètre marquait 100 degrés (87% 8 C), ce qui était la température habituelle dans la maladie. Au moment de la mort, même température, et elle persista pendant 7 minutes 1/2; /i minutes s'écoulèrent encore et la température monta à 101° (38", 3 C). A partir de ce moment, on examina le thermomètre nV//j-/yôi,s^ de 4 en 4 minutes, et Ton nota les chiffres (jy (37^'î (].), 98 (36%6 C), 97, 96, et, quinze heures après la njorl, le thermomètre était descendu seulement à 83, alors que Tair extérieur ne marqtiait que 60(16 C).

(]ette analyse patiente et obstinée doit assurer à de Haên une place considérable dans l'histoire de la thermométrie médicale, d(mt il est presque l'inventeur.

En un autre chapitre portant presque le même titre-, de Haën reprend la question de l'origine et des causes prochaines de la chaleur animale. U trouve insullisnnte la théorie de la chaleur par le frottement seul, et admet l'rxistence d'autres causes de la chaleur dans le corps. (îependanl il s'arrête là et , se garde de tomber dans des explications malheureuses.

Nous avons fait connaître les faits partieuliers et importants que de Haën a le premier indiqués et qui lui servaient d'arguments pour combattre les théories régnantes jusqu'alors. Mais de Haën ne s est pas borné au rôle de critique, ni à celui à^ohservateur curieux: il a tenté de réaliser un travail d'ensemble

' (^e sonl là dos expériences suivies, instrument qui donne la thcrmoi^raphir Nous nVn taisons pas de meilleures nu- nmlinuc. — - T. II, p. «if), citpul iv : jourd'hui. Il nous reste à découvrir un Dr sonirttitie et cahn'huwano.

DE HAËN. 185

sur ia thermométrie tnéthodique, et il en a tire tout ce qu'un grand professeur cooune lui en pouvait tirer pour l'enseignement public. Sans doute, il a dû commettre des erreurs de détail , et les instruments dont il $e servait n'avaient pas atteint à la perfection dont les nôtres se rapprochent davantage; mais ses préceptes étaient et demeurent bons, et, en le lisant, on croirait lire l'œuvre de quelque clinicien éclairé de nos jours; il faut avouer que l'immense majorité des médecins vivante en sait moins sur la thermométrie que de Haén, et que quelques-uns, même parmi les maîtres, seraient fort embarrassés de répondre aux questions que de Haén faisait à ses élèves. Et il ne faudrait pas croire que le professeur de Vienne fût seul possesseur de cette méthode en 1756; il se plaint de ce que les auteurs de son temps ne s'expliquent pas suffisamment sur la durée que doivent avoir les examens thermoscopiques tam in œgris quam in sanis, — Au reste, nous donnons ici une analyse étendue des chapitres xix du tome T' et iv du tome II.

Gh. XIX. De supputando cahre corporis humani^. «Des hommes très-ingénieux, Fahrenheit et Prins, et surtout Réaumur, dont on ne saurait trop faire l'éloge, nous ont, après Torricelli, Galilée, Drebel, Pascal, dotés de thermomètres propres à déterminer le degré de la chaleur humaine. Nous avons ainsi appris que tout ce qui ne vit pas, tout ce qui n'est point placé dans la sphère d'activité du feu, n'a que la chaleur de l'atmosphère: tels sont le bois, la pierre, les métaux-, la soie, la laine, l'eau, le vin, l'alcool, lesquels ont la même température, qui est celle de l'atmosphère. Mais nos sens ne nous permettent pas toujours d'en bien juger : c'est ainsi qu'en hiver le fer poli nous parait beaucoup plus froid qu'un vêtement de laine, le verre que le bois; ce qui s'explique parce que notre propre chaleur, qui est très-supérieure à celle de l'atmosphère , a très-vite amené h son degré l'atmosphère de la laine , mais

• Tome If p. i5ri.

ne peut que lentement échauffer les particules de la surface du fer poli , . . % et de même que ce métal poli s'échauffe plus lentement , de même il conserve aussi plus longtemps la chaleur. Ti De Haén renvoie ensuite le lecteur au beau mémoire de Boerhaave sur le feu (De ^<?), et dit modestement, en parlant de ses propres travaux : Inventis addere facile.

f!t Fait» principaux. — i* On a fixé à 96" F. (35° C.) la chaleur de l'homme à l'état sain, à 87* jusqu'à gi** (3o%4 à 3/i%5 C.) celle de l'homme atteint du frisson fébrile, et à 96^" jusqu'à 108'' (35,6 à k^"* G.) celle d'une fièvre ardente ; on a même dit que la chaleur pouvait monter un peu plus haut. Donc il y a bien moins d'écart entre le point normal et celui du refroidissement qu entre le point normal et celui de réchauffement excessif.

« Q** On a dit que la chaleur de l'atmosphère était toujours inférieure à celle de l'homme sain, même m ardente Sirio; qu'il était même impossible à un homme de vivre longtemps dans un air pareil, à plus forte raison dans un air qui aurait une température dépassant celle du corps humain, v Suit une citation de Boerhaave qui est très-intéressante (cap. De igné, exp. tQ, coroll. 16): Sanguisfrigidiorinaretos, elasticos, fortes canales arteriœ pulmonalis, vi cordis dextri, atque molimine ingenti respirationis, pressus, aetusque, necessario per unum pulmonem fertur copia œque magna, quam, eodem tempore, per universum corpus, omnesque ejus partes simul. Hinc igitur idem sanguis nuUa in parte corporis usque adeo atteri, adeoque et calescere poterit, quam in pulmone solo. Foret ergo cahr iUius homini intolerabilisj imo letalis. Yerum aer, respirando ductusin pulmonem, est semperfrigidior longe, quam hic sanguis. Et per Malpighiana, sanguis hic in arteriolas minimas fusus , quœ vesicuUspulmonumtenuisnmisadplicantur undique, per superficies ergo incredibiliter latas exponitur aeri, per omnia momenta temporis renovato, adeoque semperfrigido, unde sanguis ex se, in nulla iterum totius corporis plaga réfrigératur plus, hoc respectu, quam pulmone nostro.

DE HAtN.

«t 3*" De grands mattres en Tari de ia médecine ont décidé (de-cretumjuit) que les décroissances de la chaleur d^nsle corps humain , à l'état morbide , devaient être imputées à un moindre frottement des humeurs dans les vaisseaux et des humeurs entre elles, et que les accroissements de chaleur tenaient à une augmentation du frottement.

ff^Avec tout le retpect qui est dû à de si grands noms, je me permettrai d'invoquer mes propres observations avec leurs conclusions nécessaires.

«Boerhaave, Fahrenheit, Haies dans son Hémostaiiqîie , Derham dans sa Théologie physique (lib. I, cap. u), Sauvages dans son livre De Viajlammation, nous disent quelle est la chaleur de rhorame et de tous les corps , mais ils ne nous disent pas pendant combien de temps ils laiisaient letliermomètre appliqué ^

«Or c'est ce qu'il faut chercher d'abord, avant de rien conclure relativement à un phénomène de l'ordre physique, et c'est ce que montreront les observations suivantes , que j'ai faites sur moi â l'état sain et sur plusieurs autres personnes dans le même état, et aussi chez plusieurs malades. Et cette expérience, je ne l'ai point faite une fois ni dix, mais très-souvent, et toujours j'en ai tiré le même enseignement.

«Lorsque le thermomètre est maintenu pendant un demiquart d'heure dans l'aisselle d'un homme sain ^, il marque de 96* à 96' F. (35" à 35»,5 C); au bout d'un quart d'heure, 97% 98", 99* F. (36%3 C, 36%7 C, 37%a C); au bout d'une demi-heure, ioo% loi** F. (37°,8 C, 38%4 C). A partir de ce moment, quand même je maintenais le thermo-

* CeUe objection scientifiquo sur le moduê faciêndi conserve «ujourd'bni loQte sa valeur. Gombieii avons-oouB de courbes thennométriques sans valeur ou gAtëes par des ignorants?

* Ces 7 minutes i/:< sontr-elles ie point de départ des 7 minutes pendant

iesr|uelle8 les Allemands modernes laissent le thermomètre appliqué dans l^aisselle? Nous verrons plus tard que, pour le creux axillaire, ce temps est insuffisant, que, lorsque Tapplication est faite dans le rectum , il est, an contraire , largement calculé.

188 CHAPITRE r. ~ LA CHALEUR ET LA FIEVRE.

mètre pendant deux heures et au delà, je ne l'ai jamais vu monter plus haut.

«Si maintenant nous regardons ce qui se passe chez les malades, nous avons la clef des notations des auteurs qui ne laissent le thermomètre en place qu'un demi-quart d'heure. Supposons un malade ayant une chaleur fébrile faible, le thermomètre laissé un demi-quart d'heure marque loo'F. (37%8 G.); mais, au bout d'un quart d'heure, il marque de lor à 103" F. (38%4 à 38%9 C), et, au bout d'une demiheure, de 103° à io3" F. (38".9 à 3^\b C). Quelquefois j'ai vu, dans la Jièvre continue, le thermomètre, au bout d'une demi-heure , marquer io6*F. (/ii%i C), et, au bout d'une heure, 109" F. (43%8 C); d'autres fois, en une demi-heure, il montait à loS"" F. (39°,5 C), et en une heure à 100'' F. {lio%i C).

ce On objectera à cela que la chaleur fébrile a pu s'accrottre pendant ce temps; je l'accorde pour une fois, pour plusieurs cas si l'on veut; mais alors pourquoi donc, chez les gens bien portants, le thermomètre monte-t-il plus haut, quand on le laisse plus longtemps en place, et alors que notre chaleur naturelle ne s'accroit pas le moins du monde? Et pourquoi en est-il de même chez les malades, alors que, de notre côté ni du leur, il n'y a aucun sentiment de l'accroissement de la chaleur? Et c'est une loi constante. Ainsi il ne s'agit point ici d'une réelle augmentation de la chaleur.

«Et qu'on n'accuse pas l'exactitude de nos thermomètres! J'en possède beaucoup d'excellents , qu'a fabriqués pour moi un très-ingénieux physicien et mathématicien distingué, le révérend Marci, selon les modèles de Fahrenheit, Prins et Réaumur. J'ai moi-même vérifié^ l'exactitude des thermo-

* De Haën prévoit toutes les objec- livrés par le commerce, cm thermomè-

tîons. L^exactitude qu^il apporte â la vé- Ires sont souvent défectueux, et on est

rifieation de ses instruments peut nous obligé de vériGer souvent leur valeur;

servir de modèle. On ne vérifie pas as- on sait, eo eflet, qu^après un certain

S(>z les thermomètres; précipitamment tempe leur léro se déplace.

DE HAËN. 189

mètres Fahrenheit dont je me sers pour mes malades, d'après le grand thermomètre universel fabriqué avec un soin e.trêJpar Prins lui-même.

•X Des susdites expériences j'ai dû conclure que l'on n'avait pas déterminé exactement le vrai degré de la chaleur, soit chez rhomme sain , soit chez les malades , faute de laisser le thermomètre appliqué assez longtemps.

« Un grand nombre de faits contredisent la deuxième thèse des auteurs. Haies, Boerhaave et d'autres ont considéré. comme impossible qu'un homme pût vivre longtemps dans un air dont la chaleur dépassait la sienne propre ou la surpassait. Cependant, d'après les observations communiquées par le très-savant Derham [Theol. phys. lib. I, cap. ii), le thermomètre, sous l'équateur, monte è un degré qui n'est guère différent de celui de la chaleur humaine, et même il dépasse souvent cette hauteur. J'ai moi-même souvent observé, ayant suspendu des thermomètres très-exacts, les uns dans l'air libre, hors de toute réflexion de parois, et à l'ombre, les autres en plein soleil, que la différence de chaleur accusée de part et d'autre était de plus de 3o" F. (soit i6* â 17" C). Au 27 août, entre 3 et h heures de l'après-midi, alors que, dans l'intérieur des maisons, le thermomètre marquait 71*" F., il marquait dehors, à l'ombre, 75"; le thermomètre universel de Prins, exposé aux rayons directs du soleil, monta en un quart d'heure à io3* 1/9 F. (39^75 C), et se maintint à cette hauteur avec quelques oscillations. Au bout d'une demi-heure, il monta k 107" F. (4i*,7 C); huit autres thermomètres donnaient le même chiffre avec de très-petites différences.

fi Or nous nous exposons à de semblables températures sur les places publiques, dans les rues, dans les champs pendant la moisson, dans les camps, etc., et cela sans devenir malades. Et certainement nous tous, au cœur de l'été, respirons souvent un air plus chaud que nous-mêmes, et cependant nous vivons; et il ne survient point d'accidents, h ceux

qui vivent sagement et s'abstiennent de boire avec avidité de l'eau trop froide. Sous Téqualeur, l'homme vit dans un air aussi chaud que lui-même, et, dans une; partie de l'Europe, en un air parfois plus chaud que notre corps. Ainsi l'usage de fair, dans l'inspiration, paraît plutôt être de mouvoir le sang que de le refroidira Je m'éloigne ici du texte de Boerhaave, mais |)Ourtant il donne [Physiol, $ 202) une explication dont la mienne se ra|)proche. D'ailleurs, s'il suffît que l'air ait dix degrés de moins que le sang pour jouer ce rôle de réfrigérateur, ne deviendrait-il pas trop froid et nuisible, alors que, dans une brume glaciale, il est de 70 à 80° F. au-dessous de la chaleur humaine? Et le thermomètre ne devrait-il pas alors montrer le sang de Thomme beaucoup jdus chaud en été qu'en hiver?

r^h'd troisième thèse des kridits est que la chaleur provient du (rottement. Il y a beaucouj) de maladies qui ne permettent point d'admettre ce principe. Dans une fièvre hémitritée formée par le mélange d'une continue et d'une intermittente quotidienne, le malade, |)endant le paroxysme de l'inlermitlent(^ éprouvait une telle sensation de froid, qu'il disait que le reste de sa maladie n'était rien auprès de cette atroce souffrance. Or le thermomètre marquait, à ce moment, lo/l"* F. ( /io'' (I.), et il ne dépassait pas ce point, même au plus fort du stade de chaleur. Ainsi cet homme éprouvait une vive sensation de froid; les signes du refroidissement, frisson, tremblement, r//^'o/\ //emor, le ch(jiiemenl de Jcw/5, étaient évidents, et pourtant la main sentait que ce corps était chaud, et le thermomètre marquait une chïAituv au-dessus de la normale. V^ous demanderez ce qu'était alors le pouls? il était comme d'habitude, petit, rapide, contracté pendant le frisson; et ensuite, dans le stade de chaleur, il devenait plein, libre, grand.»

' De llaën a lo niérile de faire dis- couverte. Effacer une eireur, c'eut ava»" paraître une erreur, cela vaut une dé- cer.

DE HAËN. 191

De Haën cherche ensuite à expliquer ce fait. Il se demande à quel genre de fièvre appartenait cette maladie, si c'était à la fièvre appelée par Hippocrate ffirtclkn où le malade avait à la fois la sensation du chaud et du froid, ou à la fièvre Xtmvpta^ dont Hippocrate dit (aph. 6, AS, 7, 7s): In fehritms non intermUenùbus , si exUma Jrigeant et interna urantur, et sitiant, lethale.

Il combat ensuite les explications des médecins mécaniciens, qui veulent que le cœur se contracte avec d'autant plus d'énergie et de vitesse, que les capillaires résistent davantage, et il renvoie au Trmti de Vinfiammation de Sauvages, dont il admet les démonstrations. 11 n'admet pas non plus la chaleur réagissant, par X acrimonie des humeurs, sur les mouvements du cœur et sur les vaisseaux, et il combat ces diverses hypothèses par des arguments excellents. Pourquoi, dit-il, cet homme a-t-il le frisson, le tremblement, le claquement de dents, alors que le thermomètre dénonce chez lui 8"^ F. de plus qu'à Fétat normal ? Il y a là quelque chose d'inexplicable. Si quelqu'un, ajoute-il, veut bien m'expliquer ces phénomènes parles seules lois de la physique, erit mihi magnus ApoUo. Et de Haën revient sur le fait d'un homme à l'agonie, et qui, pendant fàà heures, ayant un froid de marbre avec des artères qui battaient à peine, marquait au thermomètre 97"* F. (36%q €.) : « où est ici le frottement artériel ? "

De Haën rapporte ensuite une observation pour montrer que f écorce du Pérou diminue la chaleur et éteint la fièvre.

Il y a, dit-il, des cas où cette écorce augmente la chaleur, c'est quand celle-ci est au-dessous de la normale : iis augeri ealarem, qui naturaU minorem passideant, ut eundem minuit iis qui naturali majorem. Et de Haën rapporte l'histoire d'une fille qui, ayant pris du quinquina quelques jours avant, eut de nouveau une chaleur fébrile (loa** F., 38%9 G.) avec un pouls lent : ergo cahr non a solo attritu, non a solo motu aucto.

Nous avons à faire connaître maintenant les tabhaux de la chaleur aux diiïërents âges, dressés par de Haén, au chapitre De sanguine et calore kumano ^

L'opinion répandue, parmi les observateurs de ce temps, était que la chaleur était plus grande chez les adultes, moindre chez les vieillards^ et les enfants, et Ton en donnait la raison mécanique. De Haën se contente de transcrire le résultat de nombreuses expériences qu'il a faites sur des enfants, des adultes, des vieillards; et il indique quelles précautions il a prises : les sujets mis en expérience étaient couchés et bien couverts par-dessus le thermomètre; et, de peur d'erreur, toutes ses observations étaient faites avec le mime thermomètre.

On ne saurait trop admirer le soin et la rigueur apportés à ces expériences, dans lesquelles sont notés : l'âge, la dur^e d'application du thermomètre, et le degré de la chaleur:

NOUVEAO-N^S.

9 jours, 7 min. i/a. . . 94" (3/i',5) i/4 d'heure — 96**

aa 97*(36%i) 100"

* Édition de iNaple», 1766. T. II,. ■ Voyex Gharcot, Maladieê det M p. 108 et suiv. lavdê, a* éditioD, 1876, p. 961.

DE HAËN.

& 1/9 ans, 7 min. 1/3 . . 96"*

9fi-

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