‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 92 sur 122 · ACTION SUR LE SYSTÈMR NERVEUX · texte numérisé non relu

ACTION SUR LE SYSTÈMR NERVEUX

lente et graduelle ni» produit jamais de convulsions spontanées* c'est-à-dire indépendantes de l'excitation électrique; mais l'application brusque de la chaleur détermine, à 35-âo'\ des contractions oloniques, et, à tio-àb*' C, des spasmes tétaniques qui durent quelquefois une minute.

M. Cl. Bernard a soumis les animaux aux expériences suivantes :

Il reconnaît que les modifications sont difficiles à constater, puisque le système musculaire se trouve atteint par la chaleur. Mais, en réservant une partie d'une grenouille, une patte postérieure par exemple, en plongeant i animal tout entier, excepté cette patte, dans un bain d'eau chaude, on voit que les fonctions de tout le système musculaire sont abolies, sauf celles des muscles de la patte, or le nerf sciatique provoque des contractions dans cette partie. Le nerf moteur résiste donc plus à la chaleur que le muscle.

Que devient le nerf sensitif ? Sur une grenouille M. CI. Bernard coupe la moelle épinière entre les deux bras, afin d'empêcher les mouvements volontaires. Il plonge une jambe dans leau chaude à 36" C. L'immersion dure cinq minutes. La patte retirée de l'eau ne donne plus aucun signe de sensibilité, bien (|ue la chaleur n'ait pas été portée assez loin pour abolir les propriétés des muscles ou des nerfs moteurs, car, en pinçant la patte non immergée, les deux pattes réagissent.

La chaleur éteint donc , suspend ou épuise assez facilement les propriétés des nerfs sensitifs; ce phénomène se lie étroitement à la curieuse découverte faite par M. Cl. Bernard \ de l'anesthésie par la chaleur. Une grenouille vivante, plongée, pendant deux ou trois minutes, dans de l'eau à 36''-37", tombe en état de mort apparente , elle est insensible , on peut pratiquer sur elle les opérations les plus douloureuses sans provoquer de rf^action; mais le cœur bat, la grenouille est anesthésiée,

* Cl. Bernard , Ijtrnng êur \n anentkénqvn ( Rmmê dêt court êcitmtifiquêê , 1 869 ,

elle n*est pas morte ; dès qu'on la met dans Téau froide , elle revient à elle et .se met à nager. L'insensibilité ne provient pas de l'action de la chaleur sur les muscles, car lexpërieDce réussit aussi bien quand la tête seule est plongée dans Teau chaude. M. Vailin ' va plus loin que M. Cl. Bernard dans ses conclusions, et il croit avoir démontré que ce qui est vrai pour les grenouilles Test également pour les animaux supérieurs. M. Cl. Bernard n'aurait pas obtenu les mêmes résultats sur les chiens et les lapins, sans doute, d'après M. Vailin , parce que cet éminent physiologiste aurait introduit la tête de ses animaux dans l'étuve , et que , par conséquent , ceux-ci auraient respiré en même temps l'air surchauffé de l'étuve. De sorte que ces animaux seraient morts par échauffement général et rigidité du cœur par l'introduction dans leurs poumons de cel air brûlant. En modifiant l'appareil et en laissant les lapins respirer l'air de l'extérieur, M. Vailin a appliqué sur la tête de ces animaux des températures de AS à 58**, il a obtenu deux fois, par ce procédé, le coma^ l'insensibilité et Ja mort après une* perte assez prolongée du sentiment et du mouvement. Dans ce dernier cas, le cœur était flasque, les fibres musculaires inexcitables. La haute température qui doit exister dans l'intérieur des casques métalliques, et, en général, des coiffures militaires des soldats exposés au grand soleil , donne à ces recherches de M. Vailin un grand intérêt.

On doit donc se demander si, dans les cas d'insolation, il ne peut pas y avoir deux mécanismes, l'un caractérisé par l'action d'arrêt sur les muscles et le cœur, l'autre par l'action anesthésique de la chaleur sur le système nerveux.

Si nous en croyons Hariess^, les caractères morphologiques des nerfs subiraient , par la chaleur, des modifications notables.

' Vailin, Àrch.gm, dt méd.^ 1871, amf die motoritchm Nêrvmt, in Hmie'i

t. XVIII , p. 760. und Pfêuffkr'ê ZnUehriJt, YIII, p. ist-

' Hariess, l'eber dm Einftuêt der i85. Tfmperaiwren und ihrer Sekwankvngûn

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