‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 94 sur 122 · ACTION SUR LE LIQUIDE SANGUIN · texte numérisé non relu

ACTION SUR LE LIQUIDE SANGUIN

ie sang fait en oxygène. Le froid ralentit ia propriété physiologique du globule sanguin (animaux hibernants); quand la chaleur revient, le sang consomme une plus grande quantité d'oxygène, et le sang veineux reprend sa couleur. Il en e8t de même pour les animaux à sang froid, pour les grenouilles par exemple. M. Cl. Bernard pense que c'est cette propriété de transformer rapidement, sousTinfluence delà chaleur, loxy* gène en acide carbonique, qui explique la veinosité du sang après la mort, mais, pour lui, c'est un phénomène post mortem, car, si l'on ouvre l'animal au moment de la mort, son sang est encore rouge.

Il n'y a pas, du reste, véritable altération du sang, celui* ci n'a pas perdu ses propriétés; agité à l'air, il absorbe de foxygène, et reprend, au spectroscope, les deux raies, d'absorption caractéristiques de l'hémoglobine oxygénée.

Il y a cependant une limite de température à laquelle le sang perd définitivement ses propriétés. Extrait par une seringue et mis dans l'eau à 60 ou 70 degrés, le sang devient noir, bien qu'il ne contienne pas un excès d'acide carbonique , et il n'est plus oxydable.

Il semble d'ailleurs que, même vers lib degrés, le sang subit, dans son albumine et sa fibrine, des modifications profondes qui facilitent les suffusions sanguines, le purpura, etc.

Ces expériences ont été confirmées par celles de MM. Urbain et Vallin *, Set^chenow, Hermann^; elles sont contredites par MM. Eulenberg et VohH. Pour eux, les accidents et la mort, dans le coup de chaleur, seraient causés par la dilatation des gaz du sang et par la paralysie du cœur sous l'effort des gaz devenus libres dans les cavités cardiaques. Sans emprun-

* \9\iui,Àrch.demêd.l^^2,L\i\. ' Eulonberg et VohI, Die Blulgiue

p. 80. m ihrêr pkjfêikalitehen und phynologi-

' Herii»nn,FtfieAoo'«i4rcAtr,t. LXIL tchen BetkutHng , vU. ^ in Virchow* m Ar-

p. 577. cAiV, 186H, |i. itM.

ter à Hermarin ^ la violence de sa critique, faite ab iraio, M. Vallin montre que rien ne justifie, dans les expériences de ces auteurs, de pareilles conclusions.

L'analyse de ces nombreux travaux nous montre que le sang, les éléments musculaires et nerveux, sont altéré> lorsque la température s'élève : nous ne serions peut-être pas aussi exclusifs que M. Cl. Bernard, mais nous acceptons que l'élément musculaire est d'ordinaire le plus vite atteint. M. Cl. Bernard résume ainsi Taclion de la chaleur sur les phénomènes de la vie : la chaleur est un agent indispensable à l'activité de la vie, mais il arrive un moment où l'excès de la chaleur agit sur l'organisme comme un agent toxique. Nous avons vu que la chaleur, comme tous les agents toxiques , attaque un seul des éléments essentiels de cet organisme, l'élément musculaire. C'est donc la perte des propriétés vitales de cet élément, qui, en produisant la rigidité, l'arrêt de la circulation et de la respiration, anjène fatalement la mort. Cette destruction de l'élément contractile se fait vers 87 à 89 degrés chez les animaux à sang froid, vers ^3 à 44 degrés chez les mammifères, vers 48 à 00 degrés chez les oiseaux, c'est-àdire, en générai, à une température de quelques degrés plu> élevée (|ue la température normale de l'animal.

La chaleur extérieure a donc, dans ses effets, un mode d'action aujourd'hui bien déterminé sur les muscles, les nerfs, le sang. A coté de ces faits bien établis nous devons en signaler quelques autres dont les uns sont encore hypothétiques, dont

• Voiri un ocliantilloii de la critique do L.Hermanii (Firr/joiv'.« Archiv, l.LXlf , p. 577) : c Personne ne me contredira, dil-ii, si je prétends qu'on trouve rarement nn pareil mélan[»e d'iynorance des lois de la physique, d'incurie grossière dans les expériences, d'erreurs dans les déductions, de confusion dans l'exposition du sujet, et le lecteur \erra qiip

ces ^pressions , en apparence très-dures , sont encore trop douces et insuffisantes; le style et la logique de ces messieurs arrivent réellement au plus haut degré du comique. . . Les temps heureusement sont loin où les praticiens s'arrêtaient à écouler des hypothèses aussi grotesques et aussi confuses.»»

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