‹ De La TétanieChapitre 6 sur 14 · EE · texte numérisé non relu

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et de cliniques médicales, donnent de la tétanie une description assez complète; enfin M. Grasset, dans son traité pratique des maladies du système nerveux, a en pèu de mots résumé les trails principaux de la tétapie dont nous terminons la partie historique ensignalant l'excellente leçon clinique de M. le professeur Hardy et de laquelle on trouvera une relation dans le Progrès médical de cette année.

Nous n'avons certes point épuisé la liste des nombreux auteurs qui dans divers mémoires, écrits, dir verses observations, onttraité de la tétanie ; nous nous réservons de les signaler chemin faisant dans les descriptions qui vont suivre.

SYMPTOMATOLOGIE,

Avant d'examiner en détail tous les symptômes de la tétanie, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de reproduire ici l'observation du malade que nous avons eu l’occasion d'observer, y rapportant les âétails sur lesquels M. le professeur Hardy, à chaque visite, a attiré notre attention.

OBSERVATION PERSONNELLE, et que: nous avons pu recueillir grâce à l’obligeance de M. le docteur Josias, chef de clinique. (Service de M. le professeur Hardy.) — Le 3 mars 4882, le nommé, L... Clodomir, âgé de 25 ans, peintreen bâtiment depuis sixans, entre à la

Charité, salle Saint-Charles, lit 21. D’un bon tempé-, rament, d’une constitution forte, cet homme n’a jamais fait de maladies dans son jeune âge, il n’a jamais eu de gourme, jamais mal aux yeux, etc. Il n’a, jamais eu la syphilis. | Lu

Ce malade a été atteint, il y a quatreans, d’un rhumalisme polyarticulaire aigu qui dura environ six semaines, mais ne s’accompagna d'aucune complica<| tion cardiaque, s’il faut en croire le dire du malade, qui affirme qu’on ne lui appliqua point de vésicatoire: au-devant du cœur; et de fait, à l’examen, on ne, trouve aucun souffle faisant pressentir une affection cardiaque antérieure.

Depuistrois ans,ce maladea eu trois coliquesde plomb assez violentes, la dernière il y à un an. Il affirme n'avoir jamais fait d’excès alcooliques.

Cet homme, quiavait jusqu'ici habitéle Cantal, vint à Paris il y a un mois seulement; depuis cette époque, il est resté sans trouver de travail, besoigneux, et se privant, bien loïn de commettre des excès.

Il y à une dizaine de jours, il fut pris de céphalalgie assez intense, de courbature, de fièvre, d'inappétence, de diarrhée. Ces symptômes allèrent ainsi cinq jours; mais, après ce temps, se manifestèrent des douleurs au niveau des membres, dans les mollets surtout, dou-. leurs continues, mais s’accompagnant, par intervalles, de paroxysmes, pendant iesquels les membres devenaïent durs, rigides, et mettaient le malade dans l’impossibilité d'exécuter aucun mouvement.

Après quelques jours, deux, trois ‘encore, les symp-

tômes ne paraissant point devoir rétrocéder, # malade se décide à entrer à l'hôpital. : ,

Dès le jour même de son entrée (3 mars 1882), à la visite, le malade est pri: d’un accès de contracture donloureuse. |

Subitement, sans raison aucune, il accuse des crampes dans les mollets, et s’empresse de sortir du lit, de se mettre debout: cette situation faisant, dit-il, quelquefois disparaître la douleur des mollets, ou ‘amendant les symptômes. Cependant, lors de cette crise, la station debout n’amène point d'amélioration, et lé malade est obligé de se recoucher. |

Les mollets, douloureux spontanément, le sont encore bien plus à la pression qui permet de constater, en outre, qu ils sont le siège d’une dureté excessive; les muscles de la partie postérieure de la jambe, plus fortement contracturés que leurs antagonistes, tendent à placer le pied sur la jambe dans lasituation du -pied-bot varus équir.

Des symptômes douloureux de contracture s'accusent en même temps aux cuisses, et le membre infé- -rieur, examiné dans son ensemble, est maintenu dans l'extension. Aux membres supérieurs la contracture douloureuse met le bras dans l’adduction forcée, le coude fléchi fortement sur l’avant-bras, et l'on sent à “la pression, qui, ici encore comme aux membres inférieurs, est douloureuse, on sent, disons-nous, Les biæeps formant une corde, dure, tendue, rigide, et dont il est difficile, même avec un certain effort, de vaincre la résistance qu’elle oppose à l'extension.

Les mains sont dans la flexion sur l’avant-bras; dans

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leur ensemble elles offrent des attitudes :caractéristiques. À gauche, les quatre derniers doigts sont fortementétendus ; le pouce, étendu lui aussi, mais ramené dans l’adduction, et recouvert par les autres doigts. Le bord cubital de la main tend à se rapprocher du bord radial, exagérant ainsi l’excavation palmaire, et la main, dans son ensemble, simule la main d’accoucheur. À droite, la main offre une attitude différente; les quatre derniers doigts sont fortement fléchis dans la paume de la main et recouverts par le pouce quiles recouvre dans une attitude de flexion forcée.

Ces atlitudes anormales des membres sont difficiles à vaincre; etsi on y parvient, aussitôt qu’on cesse l'effort, le membre, comme mu par un ressort, reprend sa position de contracture.

Les sens spéciaux ne sont point troublés. La sensibilité dans tous ses modes (tact, chaleur, douleur, froid, pression, électricité) est absolument intacte.

Mais il existe un certain degré de myalgie et d’arthralgie à la pression, qui, lorsqu'elle est exercée à pleine main sur les masses musculaires, réveille les paroxysmes douloureux de contracture, etceux-ci, nonseulement alors se limitent au membre touché, mais encore se généralisent à un tel point que, lors d’un de ces accès provoqués, tous les muscles des membres sont entrés en contracture, ceux en outre de la mächoire immobilisant celle-ci et empêchant le malade d'ouvrir la bouche, et ceux aussi de la base du thorax amenant undégré assez grand de constriction nour causer de la gène à respirer.

TU Le Le

Cœur, poumons: rien; urines jaunâtres, D. 1008 ; pas d'albumine, un peu Me hématine.

Salicylate de soude 5 grammes : enveloppement. des mains dans une toile de caoutchouc vulcanisé.

Température axillaire: 37°6, le matin; 37°2, lesoir.

Le 5, la contracture est moindre au moment de la

visite : température : 37°2, le matin, 37°4, lesoir. … Le 6, absence de contracture lors de la visite; mais M. Hardy provoque aisément un accès en comprimant à pleine main les muscles de l’avant-bras ; accès qui . se généralise à tous les membres atteints; de plus les muscles de la mâchoire et les muscles thoraciques sont contracturés. Température, 37°3.

Le 7, bain de vapeur dans la journée.

Le 8, le malade reste debout une grande partie de l'après midi; à la contre-visite la compression circulaire des muscles de l’avant-bras réveille bien vite les symptômes de contracture douloureuse.

Bain de vapeur.

Le64:9, 10:11. Les bains de vapeur et l’enveloppement des mains à l’aide de caoutchouc vulcanisé, semblent amener quelque amélioration dans l’état du malade.

Le 15, mieux sensible. Les accès qui jusqu'ici se montraient spontanément la nuit, et amenaient des douleurs assez vives pour empècher le sommeil, ces accès ne se reproduisent plus; à peine provoque-t-on un peu de douleur par la pression des masses musculaires. | Pressé de retourner dans son pays, le Asne sort

de J’hôpital, sur sa demande.

Delcroix. 3

#08: en Li

Après cet exposé du malade qu il nous a été donné d'observer, nousabordons ici l étude détaillée et minu-

tieuse des symptômes de la maladie.

: Ilest rare que l'affection ait un début brusque, cenot Grisolle à cité un cas dans lequel la contracture survint si rapidement que le malade laissa tomber l'objet qu’il tenait entre les mains, et ne put dès lors se livrer à aucun travail; et M. le professeur Lasègue rapporte l’histoire d’un malade qui fut pris subitement d’une contracture très forte qui le mit dans l’impossibilité de boutonner ses vêtements; enfin, lors de l’épidémie de Gentilly en 1876, la con- {racture apparut sans symptômes précurseurs dans un tiers des cas.

Mais le plus souvent on observe des prodromes généraux ou locaux, ou bien à la fois et des Symptomes généraux et des symptômes locaux.

. es symptômes généraux consistent en malaise général, céphalalgie, de ia courbature, quelquefois aussi on observe de la fièvre sur laquelle nous aurons à revenir, et quelquefois encore on observe la diarrhée, phénomène sur lequel a insisté Trousseau, diarrhée qui, si elle persiste lors de la période d'état, alors qu'existent les crampes, peut donner Je change et faire que la maladie, dans son ensemble, simule, ou tout au moins, offre que/ ques points de ressemblance avec le choléra.

;. En même temps que les phénomènes qui précèdent ou peu après eux, apparaissent les symptômes prodromiques locaux. Ceux-ci consistent en douleurs arthral-

giques dans les genoux ; ils se manifestent quelquefois sous forme d’engourdissements, de fourmillements dans les mains, avec ou sans secousses convulsiveg légères, d'autres fois enfin ils s’accusent par une sensation pénible de raideur dans les doigts, une ambliopie passagère, etc., etc. . |

Quelquefois les phénomènes locaux et généraux que nous ayons signalés cessent, pour reparaitre après quelques jours, et la maladie atteint ensuite, sans régularité dans sa marche, la période d'état; mais quelquefois aussi ces symptômes prodromiques, après avoir duré plusieurs jours, cessent pour ne plus reparaître, et il est alors bien difficile de les rattacher à leur origine véritable. Il est cependant un cas «ans lequel le diagnostic est encore possible, c’est lorsqué le malade accuse dans ses antécédents des accès de tétanie véritable ayant apparu déjà une ou plusieurs fois.

Mais, ces cas exceptés, et qui sont rares, dans lesquels les symptômes prodromiques après avoir persisté plusieurs jours cessent pour reparaître ensuite ou même disparaissent tout à fait, ces cas rares exceptés, disons-nous, les signes prodromiques, après avoir duré un ou plusieurs jours, s’accompagnent des phénomènes qui caractérisent la période d'état. Ceux-ci consistent en contractures musculaires qui S’'accompagnent de douleurs et de positions vicieuses, anormales des membres.

Les contractures musculaires constituent un des phénomènes importants de la période d'état; elles accompagnent de rigidité quelquelois excessive des

@ | 4 =. 20 ssl raies qui peuvent être sentis sous forme de cordes (biceps), ou comme des masses dures ,ligneuses, appréciables surtout aux extrémités, aux bras, aux avantbras, aux mollets, mais se montrant quelquefois aussi au niveau de la face (muscles masséters), ou au niveau du tronc, muscles abdominaux, muscles pectoraux, qu'on peut alors sentir sur les parois antérieure et postérieure de l’aisselle; ils sont durs, rigides, forment comme des plans ligneux renfermés dans la paroi axillaire, et qu'on apprécie fort bien en portant les quatre derniers doigts dans le creux de l’aisselle tandis que le pouce est porté en avant de la paroi axillaire ; on peut alors saisir facilement le grand pectoral et apprécier tous les caractères que nous venons d'indiquer.

La contracture reste Le plus souvent localisée aux extrémités, quelquefois aux extrémités supérieures ; d'autrefois elle atteint la face, plus rarement le tronc ou la nuque ; enfin il est des cas rares (Trousseau, Hérard) dans lesquels elle a été observée au niveau des muscles internes (diaphragme, larynx, pharynx) donnant lieu à des accès d’étouffement, de suffocalion, de, dyspnée considérables, capables d’entrainer Ja mort. À R AAA ES |

Plus souvent avons-nous dit, elle se limite aux extrémités. Crisanto Zudarelli a même vu la contracture se limiter, dans quelques cas, au biceps, au coraco;brachial, au long supinateur, tandis que les doigts. conservaient toute la liberté Eu leurs mouvements. | | Je ; Enfin il est, par contre, . cas | dans Tsauels la

ie

conträéture ‘à pu s'étendre à: tous les muscles des, membres du ironc et de la face, et: simuler, le, tétanos.

"Un dés grands caractères de ces contractures est, d'être douloureuses ; elles sont douloureuses spontanément, Ou encore à la pression, où à l’occasion des, mouvements fonctionnels. Les douleurs, spontanées sont quelquefois continues, où peuvent durer, sans rémission,dépuis quelques minutes jusqu'à un ou plusieurs jours, le fait est rare; plus: souvent, elles persistent avec ce caractère pendant plusieu rs minutes, cessent pour reparaître à quelque temps de là, et se montrent ainsi sous forme d'accès. L'or) Maïs ces douleurs continues peuvent quelquefois se manifester à nouveau lorsqu'elles avaient cessé, ou au: moins, Si elles existent, devenir plus intenses, à, l’occasion d’un attouchement, de la pression ou d’un, mouvement fonctionnel. Quelquefois le moindre fro-, lement de la peau suffit pourréveiller ces parox ysmes; le plus Souvent on ne les provoque qu’en, prenant à pleine mair, ou électrisant les masses musculaires, ou bien encore en faisant exécuter aux malades des mouvementé de flexion ou d'extension du membre. Alors les muscles deviennent d'une rigidité excessive, ligneuse; ils sont le siége de tresseiilements douloureux analogues à ceux des crampes, et..les douleurs ainsi provoquées sont quelquefois assez intenses pour arracher des cris, des gémissements au NET ET Cab ee 08 9015181514 ‘’Ilest certains malades; avons-nousdit,chez lesquels

le$ paroxysmes douloureux surviennent à l’occasion,

d’excitations musculaires, au contraire il en est. d’autres chez lesquels les paroxysmes ne cessent que, lorsque le malade peut roïdir ses muscles, les placer, dans la flexion ou l'extension forcées, et. chez notre malade les exacerbations douloureuses, les crampes du mollet le forçaient chaque fois à sortir du lit, à se. mettre debout pour fournir à ses muscles un point d'appui qui,en permettant une contraction volontaire plus énergique, entraînait plus rapidement la diminulion ou la cessation de la douleur, | Plus souventcependant, nousle répétons, l'excitation des muscles exagère ou fait réapparaître la contracture, la douleur, soit que l’excitation consiste en une pression exercée sur un seul muscle, on sur une même asse musculaire, soit quelle consiste en une pression circulaire (Trousseau, Hardy et Béhier) ou encore dans la compression des principaux troncs nerveux on vasculaires des membres affectés.

Mais, en dehors de ces douleurs excessives, les muscles, comme chez le malade dont nous relatons l’histoire, sont le siége d’une sensibilité anormale, de myalgie, phénomènes dont nous aurons du reste à parler lors de l’étude de la sensibilité, dans le chapitre où nous étudierons les troubles qu'elle peut éprouver.

Ces contractures douloureuses entraînent, disonsnous, des déformations sur lesquelles nous devons maintenant insister, et qui sont, comme les contractions douloureuses, surtout manifestes aux extrémités et de préférence aux extrémités supérieures.

Avant cependant, signalons ce fait que la douleur localisée à vrai dire surtout au niveau des masses

Lun musculaires, «8 montre quelquefois aus8i au niveau des articulations, et ce phénomène joint au gonflemeny ‘ædémateux que l’on rencontre parfois au niveau des parties atteintes, pourrait donner le change et faire croire à un rhumatisme.

Plusieurs attitudes peuvent s'observer au niveau de la main : souvent les quatre derniers doigts restent étendus et fortement appliqués les uns contre les autres; Ja maïn se ‘creuse, le bord radial tend à se rapprocher du bord cubital, et le pouce dans l’adduetion forcée vient s'appliquer dans la paume de la main, en sorte que celle-ci simule dans son ensemble ‘la position que lui donne l’accoucheur lorsqu'il veut pénétrer dans Les parties sexuelles. D'autrefois le creux ‘palmaire s'excave moins profondément, le bord cubital

de la main tend beaucoup moins, que dans le cas précédent, à se rapprocher du bord radial; les quatre “derniers doigts sont simplement étendus, rapprochés les uns des autres, et le pouce est porté dans l’adduction forcée, de sorte que la main dans son ensemble figure üne griffe, un serre-papier. Dans un troisième {ype les quatre derniers doigts sont fortement fléchis dans la paume de la main et le pouce placé dans l’adduction ‘ét la flexion forcées s'applique sur le ‘bord externe de ‘l'index. Enfin on voit quelquefois le pouce fortement “fléchi et porté dans l’adduction, s'appliquer dans la ‘paume de:la main:et se laisser recouvrirpar les quatre derniers doigts fortement fléchis.

9° est rare que la flexion des doigts atteigne un degré très considérable ; cependant on a cité des cas dans

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