COTES
lesquels la flexion des doigts était extrême, à tel point qué des eschares se manifestèrent dans la paume de la main aux endroits où portaient les.ongles ;.et l’on a vu, d'autre part, les doigts rapprochés Les uns des autres par une contracture assez. vivlente, pour amener des excoriations, des eschares aux faces externe ou interne par lesquelles les doigts se trouvaient en contact. | : f |
Le plus souvent, en même temps que ces attitudes ‘du côté des doigts, on observe un certain degré.de flexion du poignet, — Enfin on peut observer des attitudes anormales dans la sphère de tous les muscles qui peuvent être atteints.
|! Au coude, c’est généralement la flexion avec léger degré de pronation ; à l’épaule la jointure est immobilisée de telle sorte que le bras s'applique, s’accole à la paroi externe du thorax.
Aux membresinférieurs c’est, le plus souvent, l’extension que l’on observe; la hanche, le genou sont immobilisés de telle sorte que l’axe du membre inférieur prolonge l’axe du tronc. Rarement on observe, ici la flexion, mais il n’est point rare d'observer un léger degré d'adduction qui approche l’un de l’autre les deux ‘membres inférieurs atteints.
Au pied on observe des attitudes variables : souvent on voit le pied immobilisé dans sa position normale sur la jambe par la contracture douloureuse, maïs souvent aussi on'peut voir prédominer la flexion ou l'extension ; le plus souventc'est l'extension qu'il est donné de constater, et celle-cise produit ou s’exagère au moment des paroxysmes douloureux: alors le talon
est fortement relevé par la contracture des muscles postérieurs de la jambe et prend la position du pied bot éqjuin simple, ou quelquefois avec degré variable de varus où valgus équin.
Enfin dans les cas où c’est la contracture des fléchisseurs qui prédomine, on observe le pied bot talus. Dans ce dernier cas la démarche est presque impossible : au contraire, lorsque la variété équin prédomine, on voit ls malade marcher et se tenir sur le sommet des orteils, absolument comme les danseurs de théâtre.
En même temps que les attitudes anormales du cou-de-pied, on observe des déformations du côté des articulations carpiennes, métacarpiennes, ou du côté des orteils: alors la cambrure du pied s’exagère, la face plantaire se creuse en gouttière, augmente de beaucoup sa cavité normale, les quatre derniers orteïls fortement fléchis sont recouverts par le pouce porté dans la flexion et l’adduction forcée, ou au contraire les orteils restent étendus, rapprochés où écartés à un degré variable les uns des autres.
Le tronc dans son ensemble peut prendre des attitudes diverses dans lesquelles on voit prédominer les types de flexion, d'extension, ou d’inflexion latérale. Souvent on observe en même temps la contracture des muscles abdominaux qui forment des plans durs, rigides, et avec la contracture de ces muscles on a pu observer celle des muscles thoraciques immobilisant les côtes etentravant la respiration.
La nuque est quelquefois atteinte: les vertèbres
cervicales sont'immobilisées dans leurs articulations, Delcroixs 4
—. 26: — et. si les, muscles, de. la partie. postérieure: du tronc:
sont; atteints, elles concourent. ainsi, à placer la: ma
lade en.opisthotonos.
Enfin on a observé assez souvent des: A fee HR avous-nousidit, des muscles de: la face: l'immohilité
consécative de, la mâchoirs inférieure peut maintenir:
la bouche complètement fermée, ou ne permetire tout:
au.moins qu'un léger dégré d'écartement des mâchoires, alors l'introduction des aliments dans la cavité buccale, la mastication, la paroles:même peuvent être absolument impossibles.
Lorsque.les parties sont ainsi immobilisées par la contracturedouloureuse, l'effort d’une main étrangère: pour faire disparaitre les attitudes vicieuses exagèreou. fait, naîtreles douleurs si elles n'existaient.pas, et: cen’est qu'avec jeine, dans, certains cas, qu om parvient à vaincre larésistance des muscles contracturés. Alors si Lobservateur est parvenu à.vaincre;lai résis-. tance. et £i subitement il cesse de faire l'effort. on: voit. les muscles coutracturés ramener aussitôt le membre dans son attitude-anormale, corime,si ce dernier. était. mupar un ressort. Mais d'autrefois au contraire, les parties restent: roides sans reprendre leur attitude primitive,, ou bien elles n’y revieunent que lentement
sans participation aucune. de, la volonité. Come nous:
venons de le voir dans.la description précédeute,, la. contracture douloureuse semble prédominer de, préfé-
“ence, dans certains groupes musculaires, les museles::
fléchisseurs aux membres supérieurs, les: musclesdu :
mollet aux membres inférieurs ; mais il ne,serait point exact de: dire: que.ces muscles. soient seuls atteints, et.
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si lorsque l'avant-bras est en demi-flexion-on éprouve üune grandedifficulté à entraîner le membre dans l'ex tension, ‘on a tout autant de ‘peine à exagérer la flexion’; c'est là un fait sur lequel ont insisté avec beaucoup de raison MM. Hardy’et Béhier, auxquels du reste nous donnons ici la parole :
« Cette contracture une fois établie est permanente pendant tout l'accès, car c’est par accès que se mamifeste la maladie. Les mouvements volontaires restent entièrement impossibles, ‘contrairement à ce qui s'observe à la première période dans laquelle ils sont gènés mais encore possibles. Lorsqa’on cherche à vaincre la résistance des muscles ainsi contracturés, on détermine souvent de ‘très vives douleurs, qui arrachent des cris aux malades, et alors, quelque effortique l'on fasse, on ne peut ramener les parties
‘dans leur position naturelle; la contracture est presque invincible. Sion parvient a la faire céder, tantôt les parties restent raides, sansreprendre leur position ‘contractwrée ; tantôtau contraire, soit immédiatement, soit peuà peu etsansaucune participation de la volonté, dans lun ou dans l’autre cas, les extrémitésreprennent leur position vicieuse. Aù restecomme l'a fort bien remarqué M.L.Corvisart, ilne semble pas que dans Les parties affectées il n’y ait.qu'un seul groupe de musclesatteint. Si l'extension est impossible, il s’en faut qu’il soit possible de pousser la flexion, lorsqu'elle est incomplète, à un degré plus fort. Aïnsi, lorsque la flexion des doigts sur la main est incomplète, et ‘qu’elle n’a lieu que sur le métacarpe, on ne peut, sans difficulté très réelle, fléchir les phalanges les unes sur
les autres, en inême temps qu’on ne peut redresser.les doigts en masse. De même encore, lorsque les doigts sont ainsi contractés, le poignet étant étendu, il n’est pas toujours possible à une main étrangère .de fléchir le poignet sur l'avant-bras'sans difficulté véritable. Il résulterait de ces remarques que la contracture, lorsqu'elle existe dans lésextrémités occupe les deux ordres de muscles fléchisseurs et extenseurs, et que, si les fléchisseurs semblent seuls atteints, c’est que, dans FREE de la vie, leur action est généralement supérieure à celle des extenseurs. »
Nons avons signalé les troubles de la sensibilité qui se manifestent au début de l'affection ; étudions ses modifications lors de la période d'état. Dans tous les cas, selon M. Manouvrier, il yaurait des troubles sensitifs avec tendance à se localiser aux extrémités, et surtout aux membres supérieurs, anesthésie des muqueuses Hnguale, oculaire, staphylopalatine, analgésieet byperalgésie surlout marquées aux membres su- .périeurs. Le même auteur constatant que chez un de ses malades il existait de l’analgésie ordinaire, et ‘qu’au contraire la douleur produite par desphlyctènes était nettement accusée, dédoublece trouble de la sensibilité, ce qui nous parait, nous devons l'avouer, une -exagéralion. On sait, en effet, qu’un nerf irrité malade, laisse quelquefois passer difficilement une impression susceptible de produire un ébranlement peu considérable (tact), tandis qu’au: contraire une sensation plus forte impressionnant plus vivement la fibre nerveuse peut, parvenir jusqu'au centre. C’est là un fait sur: lequel insiste M.: le professeur Charcot,
et qui réalise une des variétés de l'anesthésie douloureuse.
On observe aussi dans quelques cas de la perte ou de la diminution de la sensibilité thermique et de la sensibilité au chatouillement, phénomènes qui, ‘comme les précédents survivent quelquefois à la maladie pendant un temps variable de plusieurs jours À quelques semaines (Grasset).
La sensibilité électrique eet notée dans un nombre resireint d'observations, et bien souvent les recher= ches qui ont étéfaites dans ce sens l' ont été d’une façon complète. La sensibilité électrique avec un courant faradique faible était parfaitement sentie et ne provo- .quait point de douleurs chez notre malade, au contraire un courant fort provoquait la contraction douloureuse des muscles, et à plusieurs reprises même l'excitation d’un groupe musculaire, ceux du mol let par exemple, provoqua l'apparition d’un accès nn point seulement limité aux parties atteintes, mais qui se généralisa jusqu’ a envahir les membres supérieurs et les muscles dela mâchoire.
Erb, qui a étudié l'état électrique des nerfs dans la Tétanie, signale l'exagération de l’ excitabilité galvanique et faradique de tous les nerfs moteurs access]bles à l'exploration, le facial excepté. Cette excitahilité s s'exagère au moment des accès, des parox ystn08 douloureux, elle diminue au contraire dans l'inter valle des accès, diminue encore lorsque les parox ÿr mes $ ’éloignent ou aeviennent moins inienses, et disparait enfin complètement hors de la guérison.
Le malade conserve dans cette affection la notion
de position des membres; on observe à la pression, au pincement musculaire, comme chez notre malade, une myalgie assez intense, qui arrache quelquefois des cris au patient. Enfin les muscles, outre les nœuds de contracture qu’ils forment au moment des crampes, sont animés de mouvements fibrillaires, mouvements qui se produisent quelquefois en dehors des accès.
Les réflexes cutanés, chez notre malade, se sont montrés normaux$ le réflexe tendineux qu'on s’attendait à voir fortement exagéré était normal ou plutôt diminue.
De ia Berge signala le premier un phénomène que l’on rencontre quelquefois cité dans les observations publiées jusqu’à ce jour, nous voulons dire la rougeur ie gonflement œdémateux des parties contracturées, symptôme auquel les auteurs ont depuis attaché une importance assez considérable, surtout messieurs Hardy et Behier que nous citons ici textuellement.
« Un phénomène que l’on observe chez un certain nombre de malades, lors des accès Violents, c’est le gonflement œdémateux, avec coloration violacée, oc cupant les mains et les avant-bras, phénomènes que l'on a voulu expliquer par la gêne de la circulation liée à l’état spasmodique des muscles. On a encore invoqué cette dernière cause pour rendre compte des ‘sensations de brûlure douloureuse perçues dans les membres, de l’hyperesthésie cutanée et des douleurs qui occupent le trajet des nerfs dans les membres affectés, comme aussi de l’anesthésie observée quelquefois vers les mêmes points. Mais il faut bien remarquer que la douleur, au niveau des trajets nerveux,
peutêtre déterminée également par la pression artificielle, comme si elle indiquait une sensibilité anor— male du tronc nerveux, et que, dans un nombre assez notable de cas. il suffit de comprimerun membre pour faire renaître la contracture et éveiller de violentes douleurs. Aussi nous ne croyons pas que ces divers phénomènes, dans lesquels la sensibilité est tantôt augmentée, tantôt diminuée, soient sous la dépendance de l'action, mécanique dela contracture et de la compression musculaire qu’elle entraîne et produit. Il y a là pour nous quelque chose qui se. rapproche | de la névralgie, d’une part, et, de l’autre, de ce qu'on est convenu, d'appeler influence rhumatismale, influence à laquelle nous serions tentés de rapporter aussi les douleurs articulaires avec gonflement. observées dans plusieurs exemples. »
Au nombre des Etes généraux, on à signalé la céphalalgie, les courbatures, symplômes sur lesquels nous.avons insisté dès le début de cet article ;, on a également, signalé un-certain mouvement fébrile, du délire, des convulsions.
Le délire n’appartient point en propre à la tétanie ; il est, lorsqu'il se montre, symptomatique d'une ie {ion intercurrente, ou de la maladie dans le cours de laquelle se; développe: la tétanie. Mais.il,n'en est pas de même des convulsions qui ont été observées, dans quelques cas, chez les enfants.
. La: fièvre manque, ouest. bien moderée ; elle manquerait toujours, selon MM. Barthez et Rilliet, dans. la, tétanie, primitive, et, dans, la tétanie secondaire.
— Gen lorsque celle-ci ne se manifesté point dans le cours d’une maladie fébrile. |
Ce qu'on observe c’est une accélération notable du pouls pendant l’accès, et une sueur plus ou moins abondante dans le cours de l’accès ou après l'accès, phénomènes qui cessent dans la période de calme, et qui dans le premier des cas, s’accompagnent d’une légère élévation thermique (Jaccoud). « Du reste le pouls reste toujours régulier, n'offre point les irrégularités qui se rencontrent dans les affections encéphaliques ou méningées (Hardy et Béhier). »
Au milieu de ces phénomènes divers, le malade conserve une intégrité absolue de l'intelligence, et si on observe quelquefois un peu d’abattement, celui-ci doit être mis au compte de l'affection primitive au cours ou à la suite de laquelle se développe la tétamie’ (Hardy et Béhier).
Cependant lorsque la maladie se développe tout à fait à sa première période, quelques médecins qui ont observé dans les hôpitaux d'enfants, ont signalé l’apparition possible de convulsions.