‹ De La Thérapie Actuelle Du Lupus ÉrythémateuxChapitre 3 sur 13 · À. LES INJECTIONS INTRAVEINEUSES D'UN SEL COM · texte numérisé non relu

À. LES INJECTIONS INTRAVEINEUSES D'UN SEL COM

PLEXE D'OR: LE CHRYSOLGAN.

Nous voulons dans ce travail tenter d'exposer ces. méthodes et les résultats qu’elles ont donnés.

$ 1. Méthode de Holländer.

En 1902, Holländer propose (3) pour le lupus érythémateux une méthode thérapeutique à laquelle il attribue une vertu curative toute spécifique : il s’agit de l'emploi

Ç ne simultané de quinine à l’intérieur et de teinture d’iode à l'extérieur. | 51 le patient ne présente pas d’idiosyncrasie à la quinine (ce que l’on éprouve en lui en donnant 0,05), il prend chaque jour 3 fois 0,50 d’un sel de quinine, et matin et soir, D à 10 minutes après l’ingestion, 1l badigeonne intensément les foyers morbides à la teinture d’iode. Après 5 à 6 jours de traitement, arrêt de même durée jusqu’à la chute des croûtes dues à l’irritation par l’iode. On recommence, en augmentant les doses si l’effet est insuffisant. Pour obtenir la guérison, Holländer a dû donner en moyenne 60 gr. de quinine. Il note, outre les phénomènes accessoires que provoquent souvent les fortes doses de cet alcaloïde (vertiges, bourdonnements d’oreilles, tiraillements dans les membres), l'apparition habituelle d’un exanthème, soit sous forme de rougeur diffuse, soit sous forme de plaques rouges, brunâtres, durant assez longtemps et ressemblant (!) à des foyers de lupus érythémateux. Dans aucun cas, il n’a observé de dommages durables et presque toujours, il a obtenu la guérison. Cette méthode a été passablement appliquée, surtout en pays germaniques, et en général son action curative et son innocuité ont été reconnues.

- En 1921, Stumpke (4) constate qu’elle s’est acquis une place honorable dans la thérapie du lupus érythémateux et en 1923 Darier (5) dit qu’on en vante les succès.

A LA PoLICLINIQUE DERMATOLOGIQUE DE ZURICH, nou$ trouvons depuis 1917, outre une vingtaine de cas où cette méthode ne servit que d’adjuvant, 34 cas traités uniquement ou essentiellement par elle. Dans 80°% de ces cas (10 cas), elle a amené la guérison, dans 82 °/ (11 cas), une forte amélioration, dans 88 °/, (13 cas), elle a échoué. Ces proportions sont encourageantes lorsqu'il s’agit du lupus érythémateux.

En

Ce qui frappe, c’est le peu de phénomènes toxiques observés : 5 fois seulement sur 50 cas la quinine provoqua des vertiges, une seule fois un exanthème ; l’iode causa trois fois une trop forte irritation locale et une fois de la nervosité.

En général, on observe dès le début du traitement une diminution de l’érythème et de l'infiltration, diminution qui se poursuit paisible et progressive et la guérison est souvent obtenue après peu de mois.

La méthode appliquée diffère un peu de celle de Holländer : la quantité journalière de quinine ne dépasse pas un gramme (3 x0,25 ; 2x0,50) la teinture d’iode est diluée à 1/,, au 1/; ou même au 1/,, enfin le traitement se poursuit plusieurs semaines sans interruption.

Examinons nos résultats d’un peu plus près.

Les 10 cas guéris ont été contrôlés en automne 4924, assez longtemps après la fin du traitement (pour la plupart après 7 à 5 ans, pour le plus récent après un an).

6 de ces guérisons ont été obtenues par le Holländer seul, et ce sont de beaux succès: le traitement avait duré respectivement 1 mois, { # mois, 2 mois, 5 mois (2 fois) et 11 mois, et au contrôle la peau pouvait être déclarée normale. Dans 3 de ces cas on est frappé de l’analogie des lésions avec celles d’un lupus pernio (2 fois il y avait également des foyers aux mains). Dans tous ces cas du reste l’hyperémie et l’infiltration l'emportaient de beaucoup sur les lésions épithéliales et, après la guérison, la tendance à l’acrocyanose subsistait quelquefois.

Les 4 autres guérisons ont été obtenues avec l’aide

d’autres thérapies : on peut du moins aflirmer que le

Holländer a été un adjuvant sans aucune action secondaire regrettable.

Dans 11 autres cas, le Holländer qui fut la seule thérapie

obtint une forte amélioration. Deux de ces cas sont.

encore en traitement. Deux autres cas seulement sont revenus pour le contrôle :

ST es

L'un qui souffrait en 1921 d’un lupus vespertillo centrifuge, fortement amélioré après 1 2 mois de traitement, ne présentait plus en juillet 1924 qu’un érythème induré et squameux du lobule de l'oreille.

L’autre cas contrôlé : lupus disséminé, traité à son début en août 1918, présentait en octobre 1924 encore de rares foyers tenaces à la nuque et au lobule des oreilles.

Nous n’osons déduire de ces deux contrôles que les sept autres cas quifurent fortement améliorés parle Holländeret que nous n’avons pas revus sont également presque guéris.

De ces 11 cas les uns étaient récents, d’autres dataient de plusieurs années; les uns étaient fixes, les autres centrifuges ou disséminés : leur seul caractère commun est le fait que les lésions conjonctivo-vasculaires l’emportaient toujours sur les lésions épithéliales et que, chez les femmes surtout, des troubles vasomoteurs s’associaient au lupus. Le traitement, le plus souvent très court (1 1, mois à 4 mois), eut une heureuse influence sur ces troubles circulatoires.

Dans les 18 cas qui nous restent, le traitement a échoué. D’autres thérapies (neige carbonique le plus souvent)

. échouèrent également ; dans un cas pourtant le chrysolgan remporta un beau succès.

Dans 2 de ces cas où 1l s'agissait de petits foyers fixes de la pointe du nez, le processus ne s’est pas étendu, mais est resté actif, et cela 5 ans et 3 ans après la fin du trai-

tement.

Dans 6 cas (foyers nombreux du visage isolés ou confluents), la réelle amélioration qu’amena le traitement fut suivie de récidive.

Dans 3 cas, on observe une irritabilité spéciale des foyers : le traitement y est toujours suivi d’une forte inflammation locale, érésypéloïde quelquefois, et cela aussi bien lorsqu'on remplace la teinture diode diluée par de la vaseline ou de l’alcool salicylé à 10 %,. C’est

dans un de ces cas que la guérison fut obtenue par le

chrysolgan.

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