‹ De La Thérapie Actuelle Du Lupus ÉrythémateuxChapitre 4 sur 13 · F PORTE · texte numérisé non relu

F PORTE

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Nous aimerions nous attarder un peu sur un des deux cas qui nous restent, bien qu'il soit plus intéressant au point de vue clinique qu’au point de vue thérapeutique.

Il s’agit d’une femme de 32 ans qui, pendant l'hiver 1920-1921, peu après le début clinique d’une tuberculose pulmonaire, vit apparaître subitement un lupus érythémateux disséminé. Le 23 mars 1921, on constate: au visage, un œdème rouge livide parsemé de taches rouges peu infiltrées ; aux mains, aux avant-bras, aux pieds, aux jambes des nodules isolés ou groupés, rouge hvide à centre squameux, laissant un ton brun à la vitro-pression. — Au cuir chevelu et aux muqueuses, rien. — Au sommet du poumon droit, lésion à tendance fibreuse ; température 389, réaction de Mantoux : négative. Sous l’effet de la quinine (car la teinture d’iode fut remplacée par du bor cold cream) l’exanthème régresse vite, la température tombe et le 20 mai 1921 on note la guérison. Mais en octobre 1921 nouvelle poussée de même caractère aux mains et au visage. Traitée par l’arsenic, le soleil artificiel, la lampe de Finsen, les badigeonnages astringents, la malade sort guérie en janvier 1922. En avril 1922, nouvel érythème papuleux des joues, des mains et des avant-bras. On prescrit le Holländer, dont on ne peut suivre l’eflet, car la malade doit faire une cure sanatoriale pour sa tuberculose pulmonaire. Elle mourut l’année suivante, âgée de 34 ans.

Avant de conclure, citons le seul cas où nous ayons observé un exanthème toxique :

Chez une jeune fille de 22 ans apparut subitement une éruption papuleuse aux mains accompagnée de fièvre et de malaise, 13 jours après le début du traitement au Holländer et une application simultanée de lampe de Finsen.

Dans la littérature, des cas sont cités où la quinine semble sensibiliser à l’action de la lumière (Ullmann) (6).

L'écart entre les exanthèmes observés «habituellement » par Holländer et le seul cas que nous avons observé tent probablement au dosage plus doux.

Nous conclurons donc en recommandant l'essai de la méthode de Holländer surtout dans les formes conjonctivovasculaires accompagnées de troubles circulatoires. Comme

Ben

nous l’avons vu, elle s'y montre active, guérit même, en tout cas encourage les processus naturels de guérison, et agit également d’une manière favorable sur l’état général.

Facile à appliquer, indolore, sans danger, cette méthode est en général appréciée des malades.

$ 2. Cryothérapie par l'acide carbonique congelé.

Déjà avant 1907, la cryothérapie avait été essayée contre l'érythème : méthode de Hébra, badigeonnages à l’alcool absolu mentholé, chloréthyle, air liquide.

Mais en fait, c’est depuis que, en 1907, au Congrès de dermatologie de Chicago, Allen Pusey eut exposé l'emploi si simple de l’acide carbonique congelé que la cryothérapie est devenue une méthode courante en dermatothérapie.

Peu coûteuse et plastique, la neige carbonique, dont le point de congélation est à: —800 C, peut être appliquée exactement sur la place désirée. L’intensité de la congélation dépend du temps d’application et de la pression exercée (il faut toujours exercer une pression pour éviter qu'il ne se forme une couche d’air isolante par évaporation de la neige). L’effet en est une nécrose superficielle de la peau avec oblitération des vaisseaux et réaction inflammatoire. C’est cette réaction qu’on recherche, car l’hyperémie durable qu’elle cause aurait une action curative. Cette réaction prend la forme d’une dermatite vécisulobulleuse qui, d’après Pusey (7), disparaîtrait en moins de 15 jours sans laisser de trace si la durée d'application n’a pas dépassé 30 secondes ; après 30 secondes il subsisterait une légère cicatrice, et après 50 à 60 secondes, une cicatrice superficielle blanche et lisse. Pusey préfère les applications douces, répétées, à une action unique intense.

Il résume ainsi les résultats obtenus par lui dans le traitement du lupus érythémateux : quelquefois dimi-

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