‹ De La Thérapie Actuelle Du Lupus ÉrythémateuxChapitre 5 sur 13 · LES · texte numérisé non relu

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nution de l’érythème et même disparition des taches, jamais guérison.

Dans les années suivantes, les expériences faites un peu partout de ce traitement du lupus érythémateux sont beaucoup plus favorables, et en parcourant la httérature on est frappé de l'unanimité des témoignages optimistes : en Amérique, Gottheil (8), Dittrich (9); en France, Pautrier et Gouin (10), Meneau (11); en Allemagne, Lewandowsky (12), Lôhnberg (13); au Danemark, Haslund (14); en Espagne, Nonell et Serrano (15); partout on vante la simplicité et le coût réduit de la méthode, la réalité et la rapidité de son action curative, le peu de douleurs qu’elle cause et les jolies cicatrices qu’elle provoque.

La méthode n’est toutefois pas jugée parfaitement inoffensive par tous.

Strassberg (16) cite un cas de lupus fixe où depuis une demi-

année déjà des ulcérations provoquées par la neige carbonique

se rouvraient toujours à nouveau.

Et, en 1910 déjà, Janeway (17) publiait le cas suivant:

Il s’agit d’une femme de 60 ans souffrant depuis 30 ans d’un lupus érythémateux étendu. Au cours des 4 dernières années, traitement aux R. X. suivi d'amélioration. Les foyers demeurés actifs sont alors traités avec la neige carbonique. En un point où l’application fut de durée double qu’ailleurs, se développa 2 semaines après une tumeur qui, excisée, se montra être un cancer.

Il ne nous paraît pas douteux aujourd’hui que les R. X. sont responsables de cette dégénérescence carcinomateuse, et 1l nous paraît indiqué de mettre en garde les médecins contre les complications fâcheuses que peut déterminer la neige carbonique dans les cas traités antérieurement par les R. X. ou le radium.

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Passons maintenant à l'examen des résultats obtenus en ces huit dernières années à la PoLICLINIQUE DERMATO- LOGIQUE DE ZURICH.

51 nous laissons de côté les cas assez nombreux où la neige carbonique a servi seulement d’utile adjuvant (une ou deux applications sur un foyer tenace ou sur une récidive), il nous reste 28 cas où la cryothérapie a été appliquée assez longtemps (pendant des années quelquefois) pour qu’on puisse juger des résultats.

Dans 82°/, des cas (9 cas) on peut parler de guérison, dans 32° (9 cas) d’une légère amélioration (dans ce sens, que tout en restant actifs les foyers ne se sont pas accrus), dans 32°} encore (9 cas) le traitement a échoué, et dans le dernier cas il a peut-être été offensant.

Nous sommes assez loin des résultats d’Haslund qui, après deux ans d’essais et une expérience de 80 cas, écrivait (14) que même dans les cas rebelles : « La guérison définitive ou, pour nous exprimer avec une prudente réserve, temporaire, semble bien n’être qu’une question de temps ».

Dans les 9 cas guéris (dont 6 seulement ont pu être contrôlés) 1l s’agissait de foyers du visage isolés, petits, peu nombreux, où l’infiltration et l’hyperkératose l’emportaient sur l’érythème : de formes fixes, en un mot.

4 ont guéri sans cicatrice : le contrôle fait 7 ans, 5 ans

. (2 cas), 1 an après la cessation du traitement permit à

peine de retrouver le siège du mal. Mais, chose déconcertante, dans 3 de ces cas, la durée de congélation avait été prolongée : 80” ; 1”; 40° et pourtant de l’avis presque unanime (qui est le nôtre aussi), les congélations prolon-

gées doivent être évitées, car elles provoquent générale-

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ment de vilaines cicatrices.

Dans les 3 cas qui n’ont pu être contrôlés, la cicatrice

était à peine visible à la fin du traitement et le processus

semblait arrêté.

Dans les 2 derniers cas, la guérison était durable (contrôle après 6 ans, 1 an) mais inesthétique.

se Lu Notons en particulier la cicatrice blanche, polie, très évidente

d'un foyer de la pointe du nez, où il n’avait pas fallu moinside 8 séances de congélation de 15°” à 30”.

Dans un autre de ces 9 cas, on est frappé de l’œdème violent qui suivit la première application de neige carbonique: l’anamnèse indique une thérapie antérieure aux R. X. et à la lampe de quarz.

Dansles19 autres casles résultats sont peu encourageants.

Dans 9 cas le traitement a peut-être empêché l’accroissement des foyers. En effet, dans 4 de ces cas qui ont pu être contrôlés (5 ans, 2 ans (2 cas) et 1 an après le traitement) on ne constata pas de nouveaux foyers et le pourtour des anciens ne progressait plus. L'activité du processus se trahissait pourtant par des points érythémateux, infiltrés, recouverts de squames épaisses et adhérentes, et cela en plein tissu cicatriciel blanc, parcheminé. 8 de ces cas «stabilisés » étaient des formes fixes ; peu étendues, affectant en général la pointe du nez. Le neuvième, plus étendu, se montra particulièrement tenace :

Le lupus avait débuté en 1911 sur le côté gauche du nez. La patiente, traitée auparavant aux R. X., radium, à la neige carbonique et la lampe de quarz, vint à la policlinique de Zurich en août 1918 avec un lupus en forme de papillon, cicatriciel, atrophique, avec au centre des télangiectasies et des troubles de pigmentation et au pourtour de nombreux points érythématosquameux ; on observait en outre un nouveau foyer en peau saine. Du 1er octobre 1918 au 4 novembre 1920 elle reçut 16 applications de neige carbonique de 20” à 50” et en outre, le 4 novembre 1920, une séance de lampe de quarz de 40”. Le 26 novembre 1920, on constate un petit ulcère en fer à cheval sur le dos du nez et actuellement cet ulcère n’est pas encore cicatrisé. Cette malade est du reste encore en traitement (essai du chrysolgan) : l’activité du processus, qui ne s’est pourtant plus étendu, s’est trahie, outre les signes cliniques habituels, par une réaction de foyer nette lors d’un Mantoux et après les injections de chrysolgan.

Dans 9 autres cas il s’agissait de formes beaucoup plus étendues et progressives, plus vasculaires aussi, et l’échec du traitement a été complet.

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Dans 5 cas, qui n’ont pu être contrôlés, on note après les séances de congélation un accroissement des anciens foyers et l'apparition de nouveaux foyers.

Les quatre que nous avons contrôlés étaient en pleine activité. C'était des formes hyperémiques, centrifuges. D'accord avec Haslund lorsqu'il les déclare très réfractaires à la cryothérapie, nous ne partageons pas son espoir d'arriver, par une patiente répétition des congélations, à une guérison définitive.

Quelques détails sur ces cas montreront pourquoi.

Dans l’un, il s’agissait d’un cultivateur de 59 ans qui, après une année de traitement à la neige carbonique (en clientèle privée), d’avrii 1923 à avril 1924, présentait en octobre 1924, sur tout le visage sauf le front, un semi abondant de papules rouge vif confluant quelquefois en infiltrations linéaires (altérations histologiques typiques), et cela dans une peau aux modifications cicatricielles si peu esthétiques qui caractérisent le traitement prolongé à la neige carbonique.

Un autre cas est tout semblable, sauf qu'avant la cryothérapie, le radium, les rayons X et un traitement mixte Holländer-Pondorf avaient également échoué.

Dans les deux autres cas il s’agit de femmes, et les récidives à marche assez rapidement progressive apparaissent en peau saine.

Dans ces cas, nous tentons le chrysolgan.

Que conclure ?

Sans partager l’optimisme que nous avons observé

chez nombre de dermatothérapeutes, nous reconnais-

sons à la cryothérapie par l’acide carbonique congelé une réelle action curative en certains cas : en applications courtes (20° à 40”) souvent répétées, avec pression assez forte, sur un petit foyer fixe ou sur une récidive débutante.

Dans les formes hyperémiques centrifuges nous ne croyons pas ce traitement indiqué : agissant peu, il doit être répété très souvent et, sans guérir le processus, provoque une cicatrice inesthétique.

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Il est strictement contre-indiqué sur une peau affaiblie et cela spécialement après les R. X.

Ce traitement, assez pénible à supporter, présente en outre l’inconvénient de ne pas empêcher les récidives. Son action est strictement locale.

$ 3. Irradiations de thorium X.

En 1902, le thorium X fut découvert (18) par Rutherford et Soddy 1.

C’est un résidu radioactif du thorium, ayant une durée d’émanation de 3,65 jours, émettant pendant les vingtquatre premières heures surtout des rayons + (d’une longueur d'onde de 4,3 em. à 150 C) mais aussi des rayons Bet}

L'action biologique du thorium X a été étudiée par plusieurs expérimentateurs. Schwarz et Zehner (19) croient qu’elle serait surtout inhibitrice de la croissance des cellules. (Ils ont observé que les nucléoprotéides et les lipoïdes surtout, les lécithines aussi, quoique moins, étaient décomposées par l’'émanation de cette substance.) Ils ont en outre constaté une action hémolysante ; une transformation de l’oxyhémoglobine en méthémoglobine, et une action bactéricide.

Kahn (20) ajoute une action élective très intense sur le système hématopoïétique.

La première mention que j'ai trouvée (21) de lens de thorium X en dermatothérapie date de 1912. Il s’agissait alors surtout de traiter par ce procédé les tumeurs malignes (21, 22), mais aussi diverses dermatoses (23). C’est Jadassohn qui, en 1914, a le premier mis en lumière

! Ces savants précipitèrent une solution de thorium, en y ajoutant de l'ammoniaque. Le résidu du filtrat, chimiquement pur de thorium, se montra doué à poids égal d’une radioactivité plusieurs milliers de fois plus forte que celle du thorium précipité. C’est ce résidu qu'ils nommèrent : thorium X.

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(24) l’action curative des irradiations de thorium X sur le lupus érythémateux : c’est en effet dans le traitement de cette dermatose que l’on en a signalé les meilleurs résultats.

La technique est la suivante : une pommade 1 contenant par cm$ 1000 unités électrostatiques est étendue sur les foyers morbides, recouverte de gaze, puis d’un pansement occlusif. Jadassohn la laissait en place quarante-huit heures et constatait une réaction subséquente plus ou moins rapide, durant plus ou moins longtemps, et guérissant avec plus ou moins de pigmentation, transitoire du reste.

Cette médication, du même ordre d’action que les R. X., est moins offensante que ceux-ci, grâce à la qualité du rayonnement : les rayons « ne produisant pas d’altérations tardives (radiodermites) si graves de conséquence. Elle offre en outre l’avantage de son coût bas, d’un dosage et d’un contrôle beaucoup plus faciles. Son emploi en policlinique est pourtant rendu incommode par l’obligation d’une application immédiate (à cause de la courte durée d’émanation).

D’autres dermatologues : Forster (25), Lomhold (26), ont confirmé les bons résultats obtenus par Jadassohn.

À la PoLiCLINIQUE DERMATOLOGIQUE DE ZURICH, quelques essais ont été faits, en 1917 déjà ; mais c’est depuis 1922 que le thorium X est souvent employé sous la forme de doramad ?, le plus souvent il est vrai comme adjuvant d’autres thérapies (du chrysolgan, de la neige carbonique).

Son application, d’une durée de 24 heures en général, mais quelquefois de 36 heures et même de 48 heures,

provoque une réaction qui peut être plus marquée à la

1 On peut également employer le thorium X dissous dans de l’alcool propylique.

3 Pommade contenant par cm 1000 unités électrostatiques et préparée par l’Auergesellschaft à Berlin.

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