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périphérie des foyers que sur les foyers mêmes. Cette réaction est d'intensité très variable: après une application de 48 heures elle peut manquer, et après une application de 30 heures nous avons observé un violent érythème avec léger œdème qui dura plus de 15 jours. Cette réaction peut s'accompagner d’une pénible sensation de brûlure et même de névralgie du trijumeau. Jamais nous n'avons observé d’action sur l’état général.
La réaction est suivie — et ceci surtout dans les formes hyperémiques — d’une amélioration qui semble en rapport avec l'intensité de la réaction, et qui se manifeste par une diminution de l’infiltration et de l’érythème.
Si cette amélioration est généralement obtenue, on observe pourtant des échecs :
Dans un cas de lupus fixe, peu hyperémique (traité en clinique), on constata après 5 applications de doramad (de 1000 à 2000 unités électrostatiques) de 32 à 48 heures, suivies il est vrai de réactions faibles, une extension du processus morbide au pourtour des foyers. Une autre fois (et il s’agissait alors d’une forme congestive) 9 applications de doramad n’eurent guère d’action.
La technique primitive a été modifiée dans un certain nombre de cas à la Policlinique de Zurich : au thorium a été mélangée une pommade à la tuberculine dans l’idée d'augmenter la spécificité du traitement. Cette modification étant encore à l’essai, nous ne pouvons pas encore nous prononcer sur ses résultats.
Pour conclure, il faut reconnaître au thorium X une action immédiate favorable, ce qui en fait, spécialement dans les formes congestives, un bon adjuvant pour d’autres thérapies.
Nous n’oserions affirmer que seul il soit capable d’amener la guérison.
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$ 4. Injections intraveineuses de sels complexes d’or et spécialement de chrysolgan.
Empiriquement l’or a déjà été employé intus au XVIe siècle et Paracelsus déclarait qu'il était «le baume par excellence faisant plus que ce qu’un homme peut penser ». Mais l'or n’est réellement entré dans notre arsenal thérapeutique, spécialement contre la tuberculose, que dans ces dix dernières années et cela après des expériences systématiques sur les animaux.
L'observation de Robert Koch, qu’une culture de bacilles tuberculeux est arrêtée dans son développement par le cyanure d’or déjà à la dilution de 1 : 2.000.000, suscita l’effort des chercheurs.
Bruck (27) tente en 1912 un traitement de la tuberculose par le cyanure d’or et de potassium, traitement qui joint à une réelle efficacité une toxicité dangereuse dès qu’on augmente les doses, — de Azua (28), Sainz de Aja (29), Unna (30).
De son côté, sur l'initiative du professeur Spiess, le Dr Feldt (31) parvint, après d’intéressantes recherches !
1 Liebreich avait montré en 1891 que la cantharidine provoquait dans les foyers tuberculeux une réaction inflammatoire accélérant l’autolyse des tissus. Seulement cette substance est très toxique.
Feldt chercha à faire parvenir aux foyers tuberculeux une substance bactéricide en utilisant la cantharidine comme véhicule. Il la combina (en 1re position) à l’éthylendiamine et abaïissa ainsi sa toxicité de 680 fois, puis il ajouta à ce nouveau produit le cyanure d’or et obtint l’Aurocantane. Ge sel fut essayé pour le traitement de la tuberculose et Spiess, en 1914, annonce des résultats encourageants. Mais dès qu’on arrivait à des doses un peu fortes, on observait les signes de l’empoisonnement par l’acide cyanhydrique.
Feldt alors commence de nouvelles recherches : il démontre que l'or colloïdal paralyse les cultures de bacilles tuberculeux encore à la dilution de 1 : 1 000 000 alors que le cyanure de potassium n’a cet effet que jusqu’à 4 : 4000. En outre, le groupe CN est un antagoniste pharmacologique de l'or. I1 chercha alors (laissant de côté la cantharidine et le cyanure) à obtenir un sel alcalin (à réaction neutre) d’un acide organique complexe d’or. (Suivant en ceci la constatation d’Ehrlich qu’un métal qui, en combinaison inorganique est un violent poison, voit, lorsqu'il est lié au groupe benzène, le quotient de son organotropie à son étiotropie s’abaisser jusqu'à un minimum.) Ce sel est le chrysolgan, un triphénol aureux C;H3. NH,. SAu. COO Na: 4 amino, 2 auromercaptobenzeno, 1 carboxylate de Na.
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et une étape intermédiaire, à l’aurocantane (32), à faire, vers 1916, la synthèse d’un triphénol aureux, le chrysolgan, qui, à une dilution de 1: 1 000 000, paralyse encore les bacilles tuberculeux.
C’est une poudre jaune que l’on dissout dans un ou deux centimètres cubes d’eau distillée stérile et que l’on injecte lentement dans une veine.
Le chrysolgan jouirait d’une action spécifique sur les foyers tuberculeux, action prouvée :
19 par l'indifférence à son égard de l’organisme non tuberculeux (des doses initiales de 0,5 restent sans effet) ;
2° par les réactions de foyer suivies d'action curative que provoquent chez le tuberculeux de très petites doses déjà (inférieures à 0,01).
Heubner (33) (et Lewandowsky partage son opinion) (34) voit surtout dans l'or un poison capillaire, et explique les réactions focales par une paralysie vasomotrice.
Feldt (35) réfute cette thèse 1 et émet l'hypothèse suivante : ces réactions focales qui le plus souvent se traduisent par une hyperémie inflammatoire, mais quelquefois aussi par une anémie subite (aux poumons : augmentation des râles et de l’expectoration ou asséchement brusque), seraient dues à une catalyse par l’or des processus lents d’autolyse qui s’accomplissent normalement dans les tissus épithéloïdes et lymphocytaires. Les enzymes (anticorps) cellulaires seraient alors libérés et provoqueraient l’inflammation curative (suivant que les dérivés albuminoïdes seraient vasodilatateurs ou vasoconstricteurs on observerait l’'hyperémie ou l’anémie), suivie d’une néoformation de tissu fibreux vascularisé,
soit subitement par paralysie des centres vasomoteurs et respiratoires, soit tardivement avec des hémorragies et épanchements internes multiples dus à des poisons capillaires produits secondairement par l’action de l’or sur les albumines organiques.
En outre, Feldt a examiné le mésentère des grenouilles pendant les injections de chrysolgan, et même à la concentration de 1 : 100 (avec le cyanure d’or de 1 : 1000) il n’a constaté aucune modification des vaisseaux.
* Les lapins auxquels on injecte de trop fortes doses de chrysolgan meurent,
| qui isolerait et peu à peu résorberait le tissu morbide.
En un mot, l’or stimulerait les forces de défense naturelles de l’organisme et activerait le processus normal de guérison.
Son action bactéricide qu’on ne peut nier doit être peu importante vu la dilution si grande de l’or dans le sang circulant et la mauvaise vascularisation du tissu tuberculeux.
L'action de ferment inorganique de l'or, elle, n’est en rien amoindrie par cette extrême dilution. (On sait, en effet, qu'à très faibles doses, les ferments excitent les processus vitaux, qu'à doses moyennes ils les activent, qu’à fortes doses ils les suspendent et à très fortes les suppriment.)
Depuis 1917, le chrysolgan a été essayé en Allemagne surtout, mais aussi en Suisse, en Autriche, en Hongrie, au Danemark, dans le traitement des diverses formes de tuberculose, soit seul, soit associé à la tuberculine. Point digne de remarque, le chrysolgan injecté à l’acmé d’une réaction trop violente à la tuberculine coupe celle-ci, et d’autre part, lorsque le chrysolgan ne provoque plus de réactions focales, il suffit d’injecter une faible dose de tuberculine pour les faire réapparaître.
Nous croyons nécessaire de résumer ! les résultats du traitement chrysolganique dans les diverses formes de tuberculose, car si nous ne voulons pas aborder le problème des rapports de la tuberculose et du lupus érythémateux, nous ne pouvons toutefois pas l’ignorer.
Dans toutes les formes de la tuberculose le chrysolgan aurait remporté des succès, et cela après l'échec des autres médications. Son action spécifique est admise par la plupart des thérapeutes qui l’ont essayé, et les réactions focales (soit le soir de l'injection, soit trois ou quatre jours après) sont généralement observées.
1 On peut se procurer une bibiographie complète de la question auprès de la fabrique qui livre le chrysolgan. (E. Schering, Müllerstrasse, 170, Berlin N.)
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