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Remède actif, le chrysolgan provoque assez souvent des phénomènes toxiques, dont nous reparlerons ainsi que de l’importante question du dosage.
Pour la tüberculose pulmonaire il serait, dans les formes à tendance fibreuse, un bon adjuvant dela cure sanatoriale ; dans les formes évolutives il serait dangereux, surtout lorsqu'il ne provoque pas de réaction focale.
Il est également contre-indiqué toutes les fois que l’organisme est trop affaibli, et dans les cas de tuberculose intestinale :
Lévy (36) cite un cas de tuberculose intestinale où une injection de 0,05 fut suivie d’une forte aggravation et, quelques mois après, de la mort.
C’est dans la tuberculose laryngée et dans la tuberculose oculaire que les résultats sont le plus encourageants (les angines tuberculeuses à forme infiltrée y réagissent mieux que les formes ulcéreuses ; et en ophtalmologie l'indication de choix serait la sclérite fraîche).
Dans les tuberculoses osseuses, génitales, ganglionnaires, également, quelques très beaux succès ont été publiés.
Dans les tuberculoses cutanées (notamment dans le lupus vulgaire) le chrysolgan se montre peu actif, alors que, fait paradoxal, il s’est révélé un médicament précieux contre le lupus érythémateux.
Martenstein (de la clinique dermatologique de Breslau) arrive même en 1922 à la conclusion (37) que le chrysolgan est le meilleur agent thérapeutique contre cette dermatose.
Avant de passer à l'examen des résultats obtenus à la clinique de Zurich, nous aimerions donner un rapide aperçu des expériences faites par d’autres dermatologues avec ce traitement du lupus érythémateux.
La première grande question est celle du dosage. Martenstein, avant 1922 (37), injectait comme dose initiale 0,05 gr. de chrysolgan, augmentait rapidement jusqu’à 0,2 gr. deux fois par semaine. La dose totale de Lot
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- constituait une cure. Si besoin était, la cure était répétée une fois, deux fois après un arrêt de quelques semaines. Cette méthode se montrait active : il obtint (sur 42 cas) 66,5 % de guérison; 14,5 % de fortes améliorations ; 9,5% de cas non modifiés, et 9,5% d’aggravation. Mais les phénomènes toxiques étaient fréquents (33 Eh des cas) et ce fait, observé par bon nombre d’autres thérapeutes, a fait conseiller des doses beaucoup plus faibles. Feldt, qui préconise actuellement 0,001 gr. comme dose initiale, dit qu'il ne faut jamais dépasser 0,1 pro dosi et que les injections doivent être espacées de 10 à 14 jours. On n’augmente jamais la dose tant qu’on observe soit une réaction focale, soit une action thérapeutique suflisante.
Il est actuellement acquis que la guérison ne dépend pas de la quantité injectée. (Martenstein en a obtenu en 1924 (38) avec des doses totales de 0,07 et de 0,085 de
chrysolgan). Les fortes doses (0,1 et plus pro dosi) auraient même, outre leur danger, une action curative moindre ; par exemple dans le cas suivant (Martenstein) (38) :
pas d'amélioration après un traitement de 1,55 (doses isolées 0,1) ; on injecte alors 0,005 et 14 jours après on observe une amélioration.
Ce fait d'observation est en faveur de l’action immunobiologique et non pharmacologique directe du chrysolgan ; l'essentiel est d'obtenir la réaction organique «optimum», et pour cela la dose varie avec chaque malade.
Les injections ne sont suivies d'aucune réaction générale À, sauf en cas de tuberculose viscérale, et alors la plus grande prudence est nécessaire. La réaction focale : rougeur vive du pourtour des foyers, s’observe quelquefois. (Martenstein la note dans le tiers des cas.)
Dans les cas favorables, l'amélioration s’observe après quelques injections déjà : elle se manifeste d’abord par la disjonction de la couche d’hyperkératose qui disparaît, puis par la diminution de l’érythème et de infiltration.
1 Dans 3 cas nous avons recherché, mais en vain, les modifications hématologiques du choc hémoclasique.
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Après la guérison — et surtout après les fortes doses —
il subsiste quelquefois à la marge des foyers, ou même
dans tout leur territoire, une pigmentation brun café,
transitoire du reste. (Ullmann (39) la croit due à une combinaison élective de l’or à ce niveau.)
Les thérapeutes divergent dans l'appréciation des formes de lupus érythémateux les mieux influencées par le chrysolgan : pour Fried (40), von Westphalen (41), Volk (42), ce seraient les vieux foyers fixes avec forte hyperkératose ; pour Ullmann (42) au contraire les foyers débutant avec peu d'hyperkératose ; pour Grubs (42) l’érythème centrifuge ; les cas traités par Martenstein étaient presque tous des formes fixes anciennes. On peut tenter d'expliquer ce fait, que les foyers les moins bien irrigués sont le mieux influencés, par une action optimum due justement aux doses minimes : les foyers hyperémiques font souvent des réactions trop fortes, préjudiciables.
Outre son action immédiate, le chrysolgan jouit souvent d’une action tardive : des cas peu modifiés à la fin d'un traitement reviennent guéris quelques mois plus tard — fait qui lui aussi témoignerait en faveur de l’action biologique de chrysolgan, action stimulante des forces de défense naturelles de l’organisme.
Vu le manque de recul, il est difficile d'établir le % des récidives de cas apparemment guéris (surses 28 guérisons, Martenstein avait observé déjà 5 récidives moins d’une année après la cure).
Les résultats thérapeutiques publiés sont pourtant encourageants. Fried (40) annonce sur 15 cas : 3 guérisons, 8 fortes améliorations, 2 cas à peine influencés, 2 pas du tout ; von Westphalen (41) sur 9 cas : 4 entièrement guéris, 2 presque entièrement, 2 sensiblement améliorés et un résultat nul (forme congestive) ; Ullmann (42) : 5 guérisons sur 8 cas; enfin Volk (42) — qui a traité 27 Cas — a obtenu des résultats étonnants dans les formes
chroniques à forte hyperkératose : rappelons les résultats de Martenstein déjà cités.
Mais si réellement le chrysolgan paraît doué d’une vertu curative spéciale pour le lupus érythémateux, son emploi n’est pas sans danger, et nous voudrions insister sur les complications toxiques observées.
Trois cas de mort ont été publiés, dont deux au moins! sont réellement attribuables au chrysolgan.
Dans le cas de Bruhns (43)
une dose de 0,001 amena chez une femme de 61 ans, atteinte de lupus érythémateux, une réaction focale extrêmement violente, de l’œdème laryngé, une température de 40,70, de l’anurie et la mort, 44 heures après l’injection. A l’autopsie on constata un fort œdème laryngé et médiassinal, une rate atrophique, une néphrite aiguë fraîche avec de vieux foyers atrophiés.
Dans le cas de Stein (37) :
les deux premières injections (de 0,05 et de 0,1) furent bien supportées. Mais 10 jours après la 3€ {de 0,1 faite 9 jours après la deuxième) apparut une stomatite, un lue exanthème, de l’albuminurie, puis une anurie suivie 4e la mort.
Ces cas lamentables nous mettent en garde contre lidiosyncrasie possible et nous rappellent que l’examen de l’urine doit toujours précéder l’injection.
Les accidents observés ordinairement sont beaucoup moins graves. Beaucoup moins fréquents depuis qu’on injecte des doses faibles (0,01 à 0,05) suffisamment espacées (10 à 15 jours), ils s’observent pourtant encore. Feldt les attribue non à l’action toxique directe de l’or, mais à un choc anaphylactoïde déclanché par des autotoxines organiques secondaires.
Ces phénomènes apparaissent quelquefois après la deuxième injection, la première ayant été sensibilisante (d’où la nécessité de ne pas augmenter les doses trop vite), mais le plus souvent après une longue période de tolé-
1 Dans le 3€ cas, cité par Havenstein, une méningite mortelle se déclara 8 jours après une injection de 0,1 de chrysolgan. S'agit-il de conséquence ou de coïncidence ? (44)
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rance. Ils se manifestent habituellement sous la forme d’exanthèmes, de stomatites, accompagnées de réaction focale intense, souvent de température (370 5 à 395) et d’une éosinophilie pouvant atteindre 19 %, assez rarement de signes rénaux (albumine, cylindres), exceptionnellement de phénomènes pulmonaires et d’ictère. Martenstein (37) a en outre observé de l’æœdème labial et palpébral, de l’urticaire, de l’herpes zoster, des douleurs dans les membres, des troubles stomacaux, et Leven (44) a publié un cas où après une deuxième injection de 0,001 éclata une crise épileptoïde.
Les exanthèmes et les stomatites sont de beaucoup les accidents les plus fréquents. L'aspect de l’exanthème varie : Martenstein l’a assez régulièrement vu débuter à la face dorsale des avant-bras sous forme de taches rouges au niveau des orifices folhculaires, l’éruption pouvant ensuite devenir papuleuse ou bulleuse et se généraliser ; d’autres thérapeutes ont observé des éruptions scarlatiniformes, des toxicodermies polymorphes, et ont vu quelquefois des efflorescences assez semblables à des foyers de lupus érythémateux se stabiliser pendant plusieurs MOIS.
Les stomatites vont du simple œdème au dépôt diphtéroïde.
[Il semble que comme pour la stomatite mercurielle le mauvais état de la dentition joue un grand rôle pathogène. Kren (45) a observé une éruption de toute la muqueuse buccale ayant les caractères typiques du lupus érythémateux.
S'agirait-il quelquefois de généralisation du processus morbide ?
Ces accidents toxiques sont en général de courte durée. Si, comme on le doit, on cesse alors le traitement, tout rentre habituellement dans l’ordre ‘en 8 ou 15 jours. Chose intéressante, ces accidents toxiques sont généralement
suivis de la guérison du lupus. Exemple, ce cas cité par Martenstein (38) :
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avant le traitement, urine normale ; 1re injection de 0,025 : 8 jours après, 2m injection de 0,05 suivie de signes urinaires (albuminurie, et dans le sédiment nombreux leucocytes, quelques globules rouges et très rares cylindres hyalins). On suspend le traitement. 14 jours après la 2M€ injection, encore des traces d’albumine et une quantité moyenne de leucocytes ; 9 semaines après, le lupus est guéri et l’urine normale ; 19 semaines après statu quo.
Après cette révision des expériences faites ailleurs, et que nous avons cru devoir faire un peu détaillée vu la nouveauté du traitement, envisageons maintenant les RÉSULTATS OBTENUS A LA POLICLINIQUE DERMATOLO- GIQUE DE ZURICH.
Depuis 1922, le chrysolgan y a été essayé dans les cas de lupus érythémateux et 386 cas déjà ont été traités longtemps et systématiquement, pas toujours exclusivement par ce produit.
Pour plus de clarté, nous diviserons ces cas en 2 séries:
10. — 12 cas traités 1922-1923, période où le dosage était trop élevé : dose initiale 0,05 puis et rapidement 0,1 ; 0,2 ; même 0,3 à huit jours d'intervalle et moins.
20, — 24 cas traités avec le dosage actuel: dose initiale 0,005 puis 0,01 ; 0,025 ; 0,05 et très rarement 0,1 ; en restant plusieurs fois à la même dose et en espaçant les injections de 10 à 15 jours. ;
Dans la première série, sur les 12 cas nous enregistrons 25 °/, de guérison (3 cas) où 1l s’agissait de formes fixes peu érythémateuses ; un quatrième cas (8%) lupus hyperémique débutant, complètement guéri revint quatre mois plus tard avec une forte récidive.
Dans 50°% des cas (6 cas) dont 5 formes fixes peu congestives et une forme hyperémique, une forte amélioration a été obtenue. Enfin 17° des cas (2 cas) —
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