LUE
formes fixes où dominaient les lésions conjonctivoépithéliales — n’ont guère été influencés.
Des 24 cas de la deuxième série quelques-uns sont encore en traitement et le manque de recul donne moins de certitude à nos résultats. Dans 25° de ces cas (6 cas) dont 3 formes fixes et 3 formes congestives, on peut parler de guérison. Dans 54 °/, (13) cas d'amélioration (9 formes fixes, 4 formes congestives) ; enfin 21 °/ (5 cas) (3 fixes, 2 congestifs) n’ont guère été influencés.
Les résultats thérapeutiques sont donc assez semblables dans les deux séries.
La pigmentation jaune-brun, transitoire du reste, observée souvent dans la première série, ne l’a jamais été dans la seconde.
Sur les 36 cas traités, nous n'avons observé de réaction focale que dans trois cas : deux fois une tuberculose pulmonaire à tendance fibreuse était certaine ; la troisième patiente présenta lors d’un Mantoux une réaction focale nette. [l est bien possible que ces réactions de foyer soient plus nombreuses, mais il ne nous fut pas possible de les observer, nos malades ne venant en polichinique que pour l'injection.
La guérison n’a pas été fonction de la dose totale de chrysolgan injectée : dans la première série nous la notons aussi bien après gr. 0,175 (deux injections) qu'après gr. 1,6; dans la deuxième série aussi bien après gr. 0,04 qu'après
La guérison se manifeste presque toujours d’abord par
la disparition de l’hyperkératose, puis de l’érythème. Dans le plus grand nombre des cas, l'amélioration qui apparaît après quelques injections (4 ou 5 environ) se poursuit régulière. Mais quelquefois l’évolution est tout autre, dans le cas suivant par exemple :
Le patient était un homme de 33 ans, présentant au visage des foyers isolés de lupus érythémateux fixes traités vainement depuis 5 mois par le doramad et le neosilbersalvarsan. Il reçoit alors pendant 2 mois 1,15 gr. de chrysolgan en 7 injections. Simulta-
ei 7 haut
nément à la 8mMe injection (0,2) on fait un Mantoux avec de la tuberculine de Koch à 12/5. Le lendemain réaction focale vive, Mantoux extrêmement positif (bras œdématié et réactivation d’autres intradermoréactions à la tuberculine de Koch faites 15 jours auparavant) stomatite vésiculeuse, exanthème scarlatiniforme du tronc, pas d’albumine dans l’urine.
En 8 jours, tout rentre dans l’ordre. Six semaines après, on constate une aggravation du lupus (nouveau foyer de la lèvre inférieure), mais 20 mois plus tard les foyers sont guéris.
Dans un autre cas, l’évolution fut analogue :
phénomènes toxiques, très légers cette fois, suivis de guérison tardive.
Chez un autre malade, 1l nous a été donné d’observer l’action sensibiisante de la première injection :
Il s'agissait d’un droguiste âgé de 50 ans atteint de lupus érythémateux fixe du nez et des oreilles. Le 9 février 1923, 17e injection (0,025) de chrysolgan, bien supportée ; le 16 février, 2m injection (0,15) suivie de diarrhée et de subictère. On cesse le traitement. Le 9 mars, la réaction de Hay est encore positive ; le 16 mars le subictère a disparu. Les foyers lupiques ne sont pas modifiés jusqu’en mai 1923. À ce moment les squames tombent, ils commencent à pâlir et bientôt il ne subsiste qu’une légère atrophie de la peau : en novembre 1924 on confirmait une guérison parfaite à l’exclusion de cette légère atrophie.
Nous avons donc retrouvé dans nos observations la plupart des faits observés par les autres thérapeutes :
l’action curative certaine du chrysolgan, et cela dans des cas où les autres thérapies avaient échoué ;
action ne dépendant pas de la dose totale injectée, souvent mieux obtenue par les faibles doses ; tardive quelquefois ; plus marquée dans les formes fixes ;
guérison succédant quelquefois à des accidents toxiques.
Ajoutons-y un cas où une radiodermite ancienne (d’origine thérapeutique) fut très sensiblement améliorée. ” Mais, comme les autres thérapeutes, nous avons observé
des accidents toxiques.
Me.
s Le : …
Re
Dans la première série, outre les deux cas déjà cités,
nous enregistrons :
Î EXANTHÈME FÉBRILE qui apparut après une 11% injection (0,3; dose totale 2,075 gr.) et qui disparut en un mois avec une desquamation semblable à celle de la rougeole. La fièvre précéda de 10 jours l’exanthème qui se présentait sous forme de plaques ortiées vésiculeuses du tronc, de papules des bras et des mains, et était accompagné de diarrhée; dans le sang 1 % d’éosinophiles et 15 % de monocytes ; pas d’albumine dans l'urine.
Î STOMATITE ULCÉREUSE accompagnée d’éruption varicelloïde des mains et de traces d’albumine dans l’urine après une 8me injection (0,2; dose totale 1,75) ; les troubles rétrocédèrent également en un mois.
Î STOMATITE LÉGÈRE, après une 5e injection (0,2: dose totale 0,575).
Un Tessinois de 32 ans se plaignit, après des injections de 0,05 de raideur de la nuque et de prurit du vertex.
Enfin chez 3 patientes, UN MALAISE GÉNÉRAL AVEC CÉPHA- LÉES (dans un cas, traces d’albumine) suivit une série d’injections.
Sur ces 12 malades traités par de fortes doses, 9 (75 ° oi présentèrent donc des phénomènes toxiques.
Dans la deuxième série, nous ne rencontrons ces complications, et en général très légères, que dans le 33 / des cas.
Dans 4 cas, on note du malaise avec ou sans fièvre, du vertige, de l’agitation, des céphalées.
T'autre fois, après une 9me injection (0,05 ; dose totale 055 une fièvre de 399 à 400 durant plusieurs Jours et suivie d’une aggravation des troubles sécrétoires ovariens préexistants.
T'autre patiente présentait, 2 jours après les injections, soit du Pruriut, soit de discrètes éruptions vésiculeuses ou papuleuses aux mains et aux pieds.
Chez 1 autre apparut après la 6me injection (0,05 ; dose totale 0,13) une éruption de la paume des mains rappelant l’eczéma dishydrotique et dans l’urine des traces d’albumine.
«1 1 Re
Le n :
1 seule fois les accidents toxiques furent sérieux : il s'agissait
d’une femme de 35 ans. La nuit, après la {fe injection (0,01)
elle eut une crise d'angoisse respiratoire avec palpitations, une tem-
. pérature de 39 et un trismus passager. 15 jours plus tard, 2m injec-
tion (très lente) de 0,005 à 11 heures. Le soir, frisson, température 390, crampes très douloureuses dans les jambes. Le lendemain la fièvre tombe avec sueurs profuses, mais les douleurs dans les jambes subsistent, et de fortes céphalées s'installent. Deux jours après apparut une stomatite et une éruption vésiculeuse périorale. 8 jours après les troubles avaient disparu.
La possibilité d'accidents toxiques ne doit pas faire
renoncer à emploi du chrysolgan.
Pour conclure nous voudrions souligner les résultats thérapeutiques réellement encourageants qui ont déjà été obtenus par cette aurothérapie.
Mais ce traitement doit toujours être fait avec la plus grande prudence : il faut avant de l’entreprendre examiner chaque malade complètement, éliminer ceux dont l’état général est mauvais ou qui présentent une tuberculose pulmonaire ou intestinale, ou une lésion rénale.
Se contenter de doses faibles (0,001 à 0,05) et espacées
(10 à 15 jours); faire précéder chaque injection d’un examen
de l’urine, de la dentition, des téguments ; et cesser le traitement dès l’apparition de phénomènes toxiques.