OBSERVATION IV
Pleurésie gauche à grand épanchement traitée par la thoracentèse faite à l’aide du siphon. Guérison.
D..., âgé de 38 ans, mécanicien, entre le 17 juin 1892 à l’hôpital Lariboisière, salle Grisolle, n. 28, service de M. Duguet, pour une pleurésie gauche au début.
Né dans l’Orne, il ne présente aucun antécédent héréditaire fâcheux, ni chez ses parents directs ni chez ses collatéraux : Frères et sœur bien portants. En 1878, il va en Italie où il reste pendant 7 mois; 6 mois après son retour en France il est obligé d’entrer à l'hôpital de Saint-Denis pour une fièvre intermittente que l’on traite par le sulfate de quinine. ni séjourne 85 jours dans cet hôpital. En 1888 il eut une jaunisse qui parut tenir à un léger accès de coliques hépatiques.
A son entrée, il raconte qu'il fut pris il ya un mois environ
a, Os
d’un léger point de côté siégeant à la base du {horax du côté gauche et un peu en arrière.
Malgré une légère oppression qui suivit ce point de côté, il n’a point cessé son travail. Il y à six jours, le point de côté reparut plus violent accompagné d’une oppression plus forte. Quelques Jours avant son entrée à l'hôpital, il survient de la toux, sans expectoration. Le décubitus latéral droit devient difficile en raison de la dyspnée qu'il provoque.
A l'examen du thorax on remarque une certaine voussure thoracique du côté gauche. Dans les 2/3 inférieurs de ce côté les vibrations ont disparu en arrière et sur les côtés. En avant, léger bruit de Skoda sous la clavicule et conservation de l’espace semi-lunaire. La matité correspond à la zône qui a perdu les vibrations thoraciques. On trouve à son niveau un souffle doux et lointain dans l'expiration; bronchophonie. A droite respiration normale, mais puérile. Le foie est abaissé d’un travers de
doigt ; point d’expectoration ; rien du côté du cœur, ni des reins,
urines normales. Température 38°.
M. Duguet diagnostique une pleurésie gauche probablement a frigore, avec un épanchement séreux qu'il évalue à deux litres.
49 juin. — Le niveau du liquide atteint le bord inférieur du grand pectoral en avant ; le malade peut encore se tenir pendant quelque temps sur le côté sain.
97 juin. — La voussure thoracique est plus grande : les vibrations soat abolies dans le côté gauche, sauf dans une petite zône sous-claviculaire. La matité règne partout, absolue, sauf immédiatement sous la clavicule et dans un point limité de l’espace semi-lunaire : souffle amphorique très étendu. Le cœur déplacé
tend à se réfugier sous le sternum ; le foie est abaissé de 2 tra-
Decourt 5