‹ De la ThoracentèseChapitre 23 sur 29 · Transactions of the clinical society. London · texte numérisé non relu

Transactions of the clinical society. London

LUI TEE le tube d'écoulement par l'entremise d’un ajustage particulier. :

Ce procédé paraît avoir été un peu abandonné en Angleterre; nous dirons avec M. Duguet que nous ne savons pas trop pourquoi.

En revanche, on s’en est servi en Allemagne et on s’en sert encore.

Nous lisons dans Eichorst (1).

« Dans ces derniers temps on a souvent recommandé de se servir de la méthode du siphon. Nous nous servons de l'aiguille creuse que nous mettons en communication avec un tuyau hermétiquement clos. On place un petit entonnoir à l’extrémité ouverte du tuyau de caoutchouc. On remplit le tout avec une solution d’acide salicylique et on fixe tout près de l’aiguille creuse une vis à pression qui empêche le liquide de sortir. L’aiguille creuse est introduite dans la cavité pleurale, le petit entonnoir est abaissé, la vis de pression est enlevée, puis le liquide s'écoule à l’extérieur, »

Faisons remarquer avec M. Duguet que cet appareil

très simple présente deux inconvénients : 4° Celui de

maintenir pendant toute la durée de l’opération, dans la cavité thoracique une aiguille coupante, perpétuelle menace pour le poumon, qui peut s’en rapprocher pendant l'écoulement du liquide, 2° impossibilité, en cas d’obs-

1. Pathologie interne et thérapeutique. Traduction chez Steinheil 1889. Paris, T. I, p. 515.

CEE truction momentanée de la canule par une fausse membrane, d'introduire un drain ou un débouchoir qui écarte cette fausse membrane.

M. Duguet tient de son ami le professeur Spillmann de Nancy les détails suivants :

Le professeur Naunyn, successeur de Kussmaul à Strasbourg, pratique la thoracentèse de la façon suivante : « L’appareil qu'ilemploie est un trocart de Potain légèrement modifié par l’adjonction d’un robinet et d’un ajutage latéral auquel se trouve adapté un long tube en caoutchouc muni d’un index en verre. Avant de se servir de l'instrument on le désinfecte dans une solution d'acide phénique à 5 pour 100 ou de sublimé à 1 pour 1000. On remplit ensuite le tube de caoutchouc avec une solution phéniquée faible, on presse sur la partie libre du tube de caoutchouc pour éviter l’écoulement du liquide. La ponction faite, on abaisse le tube et on le laisse plonger dans un récipient en verre contenant un peu de liquide phéniqué ; l'écoulement se fait ainsi très simplement et peut être arrêté ou modéré à volonté en pressant sur le tube de caoutchouc. Quelquefois on adapte à l'extrémité libre du tube un entonnoir en verre.

La ponction est faite en général dans le septième espace intercostal entre la ligne axillaire antérieure et postérieure.

. L'appareil dont se sert M. Dguet et qui a été construite sur ses indications nous paraît plus simple et plus com-

mode, par le fait de l'indépendance de la canule d’une part et du tuyau d'écoulement d’autre part, lesquels sont munis chacun d’une clef qui permet d'établir ou d'interrompre à volonté la communication entre la canule et le tuyau d'écoulement, sans compter que les deux clefs peuvent dans certains cas servir à modérer la rapidité de l’écoul'ment.

Fürbinger et Eichorst se servent d’un appareil qui tient à la fois de l’aspirateur et du siphon et qui rappelle singulièrement l’aspirateur-automatique que M. Ruault a présenté à la Société de Biologie le 30 juillet 1887. Ces appareils s’éloignent notablement comme simplicité de celui qu'emploient Naunyn et M. Duguet.

Si donc, en France, nous ne voyons pas la thoracentèse pratiquée jusqu'ici avec l’aide d’un simple siphon, cela tient certainement à la grande commodité, nous dirons même avec M. Duguet, au charme qui s'attache aux différents aspirateurs inventés par les médecins français.

Toutefois, ce que nous avons vu faire par M. Duguet pour vider la plèvre avait été fait déjà en France pour vider la vessie ainsi que la chose est relatée dans la thèse de M. Gripat en 1873 (1).

Nous lisons, en effet, dans cette thèse, les passages suivants : « Si donc on veut employer l'aspiration, il faut que la puissance aspiratrice réunisse les deux conditions

4. Gripat. Thèse de Paris, 1873. Du siphon vésical dans le iraitement des fistules urinaires par les sondes à demeure.

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suivantes : agir continuellement, et posséder une force modérée toujours égale.

« On obtient tous ces effets au moyen d'un simple tube en caoutchouc qui, plongeant par en bas dans l'eau, fixé par en haut sur le pavillon de la sonde, y pratique incessamment par le mécanisme bien connu du siphon, et sans laisser entrer l'air, une aspiration modérée, régulière.…

« Le siphon est formé par un tube de caoutchouc d’une longueur un peu supérieure à la distance qui sépare la sonde du bassin situé sous le lit, c’est-à-dire un mètre ou 4 m. 20. Ce tube doit être petit afin que l'air ne puisse, sous aucune influence, remonter dans la vessie. Il doit avoir les parois assez épaisses pour être peu compressible et élastique, ce qui permet d'y faire plus facilement l'aspiration ».

L’amorçage du siphon est pratiqué par M. Gripat d’une façon spéciale, puis la communication avec la vessie est établie.

« L’écoulement, dit M. Gripat, se fait à jet plein et continu jusqu’à épuisement de tout le liquide contenu dans la vessie. Pour être absolument garanti contre l'introduction de l’air dans le tube on place un petit poids à son extrémité inférieure. De cette façon la hauteur de la colonne aspiratricè reste constante.

« Puissance du siphon. — Elle est mesurée par la distance verticale entre le niveau du col vésical et celui du

liquide dans le vase inférieur, par conséquent un mètre

environ. Or, on sait que le poids d'une atmosphère cor- respond à celui d'à peu près 10 mètres d’eau ; donc la puissance du siphon est d'environ 1/10 d’atmosphère.

« M. Panas a souvent évacué ainsi (en l’adaptant au trocart) les liquides à consistance gélatineuse des kystes ovariques qu’il n’avait pu faire sortir même par les gros trocarts et en comprimant la tumeur. Une pareille épreuve suffit à montrer l'efficacité de l'opération par le siphon ».

Et M. Gripat conclut en disant : « Le siphon peut être employé utilement en dehors des affections des voies urinaires dans les cas où l’on veut évacuer régulièrement et lentement une collection liquide (kystes, ascite, etc...). »

M. Gripat ne parle pas de la plèvre ; M. Duguet pense, ‘et nous avec lui, que tout ce que dit M. Gripat pour la vessie est applicable à la plèvre ; les observations que nous rapportons dans le cours de ce travail nous y aulorisent.

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