‹ De la Thrombo-phlébite du Golfe de la JugulaireChapitre 14 sur 21 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

SYMPTOMATOLOGIE

Elle est constituée de signes généraux et de signes locaux.

Signes généraux. — Le malade qui était atteint primitivement d’une affection de l'oreille moyenne aiguë ou chronique, est tout à coup pris de frissons violents, son lit entier est agité, le malade demande a être couvert pour se réchauffer.

La température s’élève brusquement à 39°-40°; pour redescendre à 37° et remonter à nouveau dans la même journée, quelquefois l’hyperthermie se renouvelle régulièrement chaque jour.

La période de froid est suivie d’une sensation de chaleur intense accompagnée de sueurs si abondantes qu'elles traversent le drap de lit et obligent le malade à changer plusieurs fois de linge.

La céphalée est intense, pulsatile.

Le vomissement fréquent, la langue est sabburale puis l'infection continuant, elle devient rotie, fuligineuse.

Il existe souvent de la diarrhée.

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Le patient est abattu, sans forces, les muscles, les articulations douloureuses les conjonctives subictériques le facies s’amaigrit très rapidement.

L'intelligence reste claire sans typhos au moins au début de l'affection (Luc).

L'auscultation décèle des foyers de crépitants et de souffles localisés (pneumonie mélastatique).

La rate et le foie se montrent sensibles à la percussion et augmente de volume.

Cette description correspond exactement à celle d'un accès palustre, stade de froid, stade de chaleur, etc.

L'analogie clinique est faite de l'analogie des décharges de toxines, les unes venant du foyer trombophlébitique, les autres venant de l'éclatement cyclique des corps en rosaces.

Signes locaux. — De ces signes les uns sont communs. à la thrombo-phlébite sinuso jugulaire, les autres particuliers au bulbe.

Signes communs. — Ce sont : la douleur rétro mastoïdienne réveillée par la percussion.

L'œædème de la même région par phlébite de la veine émissaire, laissant un godet sous le doigt.

Le torticolis sternocleido mastoïdien résultant du contact de ce muscle avec la veine jugulaire infectée ou bien avec les ganglions périvasculaires réagissant à la même cause, on cherchera attentivement ce signe, la corde du sterno-cléido mastoïdien se tendant douloureusement sous les doigts lorsqu'on incline la tête de l’autre côté.

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Le cordon phlébitique est dangereux à palper et donne des renseignements erronés.

L'affaissement de la veine jugulaire externe trouvant un écoulement plus facile par suite de l’obstruction de la jugulaire interne (Gehrard).

La disparition du souffle veineux cervical de Voss. (Riga).

Signes particuliers au golfe. — Les veines condyliennes se jetant dans le golfe participent toujours à son infection, même lorsqu'elle est pariétale, il en résulte le signe assez constant de la douleur et de la raideur de la nuque.

Le vertige et les bourdonnements sont dus à l’oblitération du sinus pétreux et de ses affluents labyrinthiques, ils traduisent la gène de la circulation de retour.

L'augmentation de la pression détermine la turgescence des veines rétiniennes que l’on examine à l’image droite, la gène de la circulation devenant plusimportante, la stase papillaire soulève par son bord les vaisseaux du fond d'œil, puis le sinus caverneux se trombosant la rélinite apparait ainsi que l’exophtalmie et l’œdème des paupières.

L'irritation des nerfs voisins donne les signes suivants : le pneumo-gastrique par ses filets récurentiels détermine de l’asymétrie des cordes vocales, la corde du côté intéressé se contracturant, puis se mettant ensuite en position cadavérique, par ses filets cardiaques provoque le ralentissement du cœur d'autant plus frappant que la température est plus élevée (dissociation).

Le nerf spinal réagissant, contracture le sterno cléido mastoïdien et le trapèze (Wreden, Paul Laurens). Paul Laurens fait venir les fibres modératrices pneumogastriques du spinal. Remarquons que cette voie détournée ne modifie en rien nos conclusions en présence d’une bradycardie nettement constatée.

Le glossopharyngien donne de la paralysie de la moitié correspondante du voile du palais.

Dans son canal condylien antérieur l'hypoglosse plus éloigné du golfe est rarement atteint, cependant Beck signale de l’asymétrie linguale.

Ces derniers signes, sauf les réactions nerveuses, sont des symptômes de propagation à distance, ils sont plus ou moins tardifs ; lorsqu'ils se produisent l'affection n'est plus limitée au golfe, aussi sous peine d'intervenir trop tard le chirurgien se contentera-t-il des signes généraux pour justifier son intervention.

C'est au cours de celle-ci, après avoir dénudé le segment vertical du sinus transverse que l’on recherchera le signe de Witting; il consiste à placer un doigt au plus bas de la dénudation, obstruant par aplatissement le sinus, tandis que l'index de l’autre main glisse sur le segment en amont, le vidant de son sang, en soulevant le doigt inférieur le sinus ne se remplira à nouveau que si Le golfe est perméable; au cas contraire, il restera aplati.

Malheureusement, la phlébite pariétale du golfe échappe à ce procédé; seule, l'observation de la température après nettoyage et tamponnement du sinus transverse, segment vertical, permettra d'affirmer son existence.

TÉPHANY 3

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