CHAPITRE II
Pathologie Thyroïdienne.
Son influence sur le système osscux
Souuaire: Varialions physiologiques de la glande. Maladies de la glande. — Troubles qu'elles provoquent : troubles trophiques et nerveux.
Action du corps thyroïde sur la croissance chez l'homme. — Troubles de nutrition osseuse dus aux maladies de la glande.
Action de la thyroïodine sur la croissance. — Observations d'infantiles Uraités par l’opothérapie.
Influence du corps thyroïde sur le squelette chez les animaux.
Pathogénie de celte action.
Les quelques points que nous avons éludiés dans le chapitre précédent nous ont prouvé que la glande exerce sur tout l'organisme une action (rophique indiscutable, et, en rappelant celle-ci, nous allons faire notre possible pour insister ici sur ses conséquences du côté du système osseux.
Dans les maladies de la glande, le myxædème et le basedowisme, il doit y avoir une modification de linflux nerveux qui retentit sur le reste de l'économie, en particulier sur le squelette.
Nous allons d'abord jeter un rapide coup d'œil sur les variations physiologiques que subit la glande, puis étudier rapidement les conséquences qui résultent pour l'organisme des maladies dont elle peut être le siège. Ensuite nous tenterons de prouver au même litre son action sur le tissu osseux, action sur laquelle nous nous
étendrons un peu plus longuement.
VARIATIONS PHYSIOLOGIQUES DE LA GLANDE. — Danis, dans sa thèse faite en 1896, avec notre maitre, M. le Professeur Poncet, et notre camarade M. le Docteur Ser, écrivent: CI est admis par tous les anatomistes sauf Sappey, que la glande est plus volumineuse, loules proportions gardées chez l'enfant, que chez le vieillard, qu'elle conserve son volume normal tant que dure la croissance, qu'elle diminue au contraire à l'âge adulte pour être presque entièrement atrophiée chez le vieillard qui présente, remarque intéressante, des troubles trophiques osseux et quelques signes de myxœdème ».
Il est de notion commune aussi que le cou augmente notablement chez les femmes enceintes, que le corps thyroïde s'hypertrophie pendant la lactation, problablement pour fournir au fœtus, dont les organes en voie de formation ne peuvent fonctionner, la sécrétion thyroïdienne qui lui est nécessaire.
L'hypertrophie de la glande thyroïde, dit aussi Gauthier est le premier symptôme de la puberté et les modifications thyroïdiennes, l'hypertrophie de la glande sont indispensables à l'évolution définitive de l'appareil sexuel. Du reste, l'administration de thyroïodine a donné de bons résultats dans les retards de puberté.
Pendant l'ovulation, la thyroïde est hyperhémiée. Enfin signalons pour finir cette remarque de Malgaigne, que cile Tillaux : certaines personnes prétendent pouvoir reconnaître la virginité d'une femme par le procédé suivant: la circonférence ‘du cou prise avec un filà sa parlie moyenne, on double la longueur de ce fil, on en fait
tenir entre les dents incisives les deux extrémités et l'on
+) de
embrasse le sommet de la tête avec l’anse qui en résulle. Si le fil passe librement par dessus le vertex, mauvais signe; siau contraire, l'anse se trouve trop étroite, on conclut en faveur de la virginité. Malgaigne dit ensuite : « J'ai toujours vu l'anse du fil trop étroite chez des jeunes filles de quinze à vingt ans dont les mœurs ne pouvaient être soupçonnées. Chez des femmes mariées depuis plu- : sieurs années, le cou est certainement plus large et ïl m'a paru qu'il s’'élargissait surtout par l'effet de la grossesse et de l'accouchément. » Tout ceci concorde avec les nombreux rapports,peu élucidés encore complètement. qui existent entre la glande thyroïde et les organes génitaux.
Lange. en 1899 a examiné nombre de femmes enceintes, ne venant pas de pays à goitres. Des chiffres qu'il donne il résulle que, pendant la grossesse, il se fait presque toujours une asymétrie de volume du corps thyroïde, qui disparait pendant les suites de couches. Cette hypertrophie est sensible surtout au cinquième mois, et disparait pendant les suites de couches en subissant une forte diminution vers le seplième jour. Nous avons fait les mêmes observations.
La lactalion n'a aucune influence sur le goîlre gravi-
dique.
} Gelle augmentation de volume du corps thyroïde, n'est pas une simple hyperhémie. car il s'agit d'une véritable hyperplasie de la glande, due à l'action spécifique qu'exercent sur elle les produits toxiques élaborés par l'organisme pendant la grossesse, et qui disparail quinze jours en
moyenne après le début du traitement par la thyroïodine.
MALADIES DE LA GIANDE THYROÏDE. — Occupons-nous maintenant des troubles propres de la fonction thyroïdienne, ce que Hertoghe appelle la dysthyroïdie, que Gauthier divise en hypothyroïdie et hyperthyroïdie.
Danis en 1896, Revilliod, se rattachent à la même division et séparent les troubles thyroïdiens en deux types bien distincts, les troubles myxœdèmateux et les troubles basedowiens. Dans le groupe myxœdèmateux, la glande est souvent atrophiée, quelquefois elle manque. parfois elle est en apparence hypertrophiée, mais elle sécrèle moins. Ces troubles sont souvent congénilaux. On voit alors se développer lidiotie myxæœdémateuse et le crétinisme, ou bien ils sont acquis et l’on a le myxædème spontané auquel on peut rattacher le myxædème opéraloire. À ce groupe myxædémateux, se rattachent le ralentissement des échanges, l'arrêt de développement, l'atrophie ou la dégénérescence, ou bien la pseudo-h\pertrophie de la glande, l’épaississement des téguments, l'atrophie des organes, les déformations du squelette, le rachitisme. C'est l’hypothyroïdation de Johnston.
Dans le groupe basedowien, dont l'origine thyroïdienne est encore en litige, la glande est généralement hypertrophiée, mais conserve souvent cependant son volume ordinaire.
Ces troubles sont toujours acquis, se développent à un âge assez avancé, souvent chez l'adulte.
\ ce groupe basedowien, se rattachent lhyperproduc- Lion absolue ou relative de secrétion interne, l'accélération des échanges, un goilre mou, vasculaire, Fexophtalmie, le