FRIBOURG HAMBOURG BERLIN
(26 cas) (30 cas) (11 cas) À : Tone 2 4 : # / Poids moyen des glandes après dessiccalion. 8 g. 20 4 g. 6o 7 g. Lo lode contenue dans 1 gr. de glande sèche. Oo w/E 33 0:/8.84 - 0 "JE 90 ; eu - 9 mig Q: mg (6 lode contenue dans une glande moyenne. 2/8 50 ) Fe 83 o ®/£ Go
On voit que c'est à Fribourg que les glandes sont le plus volumineuses, mais aussi le moins riches en iode. Des recherches analogues ont été faites sur des glandes d'enfants provenant des trois mêmes villes. Il a été conslaté également que les glandes de Hambourg étaient le plus volumineuses, mais aussi le moins riches en iode.
MM. Baumann et Roos ont montré, en outre, que la proportion d’iode est susceptible de s’accroître lorsque le malade est soumis à un traitement iodé, même externe. Les glandes thyroïdes s’enrichissent aussi en iode lorsque l'individu absorbe des préparalions iodées ou des aliments renfermant de l'iode, comme les poissons de mer.
MM. Charrin et Bourcet ont eu l’occasion tout récemment, en 1900, de rechercher l'iode dans le corps thyroïde de nouveau-nés morts accidentellement, —- par asphyxie circulaire du cordon entre autres, — chez des nouveaunés morts du fait de différentes affections, telles que mé-
ningite, broncho-pneumonie, chez des enfants nés de
— Lg À ET
7x mères malades, débilitées par la tuberculose et alcool. Is conclurent que lorsque lenfant né d'une mère saine est mort accidentellement, l'iode existe dans le corps thyroïde. Ceci pourrait avoir une certaine importance en médecine légale.
L'iode manque, au contraire, le plus souvent lorsque l'on a affaire à des enfants nés de mères malades et morts du fait de maladies aiguës ou chroniques.
Fambach, en 1898, a étudié la glande à un point de vue un peu spécial, car il s'est occupé des combinaisons albuminoïdes iodées qu’elle renferme. Il a vu que, chez le pore, elles peuvent en être extrailes presque complèlement par l'eau.
L'iode totale contenue dans l'organe, dit-il, se répartit de la façon suivante : 96 o/o existent à l’état de combipaisons albumino-iodées précipitables par les réactifs qui précipitent les substances, l'alcool, des acides, et 4 0/0 restent dans le filtrat.
La thyroïdine n'existe pas à l’état de liberté. Si lon soumet les combinaisons albumino-iodées du corps th\roïde à l’action du suc gastrique artificiel ou à celle du du pancréas, il ne se produit pas de thyroïodine; les subslances iodées se transforment en de nouvelles substances dans lesquelles l'iode est retenue à l'état de combinaisons stables, comme cela existe dans la substance mère. La thyroïodine ne se forme qu'à la suite de la destruction de la molécule albuminoïde et même alors toute l'iode ne se retrouve pas dans la thyroïodine.
L'iode n'existe pas sous un seul et même état dans les corps albumino-iodés, car les traitements appropriés ne la
font passer qu'en partie à l’état de thyroïodine, une autre
parlie de l'iode existe alors à l'état de corps peptoniques pauvres en iode qui ne donnent pas de thyroïodine, soit sous l'influence de l'acide sulfurique à 10 0/0. ou de la lessive de soude à 5 0/0.
Nous pouvons done déjà prévoir par celte élude de Tambach, que nous avons amenée ici, que la thyroïodine n'est pas un composé encore parfaitement défini. Nous verrons plus loin, par l'étude plus complète qui en sera faite, comment l’on est arrivé à la définir à peu près, el enfin à l'employer. Nous devons en tout cas retenir de ces recherches intéressantes le fait connu que l'iode est un corps important dans la physiologie et la pathologie de la glande. Cependant, d'autres études y ont fait découvrir de nouveaux corps.
Baldi, en 1898. en raison de la parenté intime que la chimie inorganique nous démontre entre liode et le brome, à voulu rechercher si, dans les tissus organisés où l'on trouve de l'iode, en particulier dans la glande thyroïde. le brome ne peut également s'y rencontrer.
Pour relrouver sa présence, il a eu recours à la méthode de Baubigny, qui permet de déceler les traces infinilésimales de brome en combinaison. Ses recherches ont élé failes sur des extraits de glandes thyroïdes de Merck et sur des glandes fraiches. Dans les deux cas, le réactif de Baubigny a démontré la présence du brome en quanlité suflisante pour pouvoir être dosé.
M. le professeur Armand Gautier, de Paris. dans une communicalion de la fin de l'année 1899, expose les recherches qu'il a faites sur la présence de l'arsenic dans la glande thyroïde de tous les animaux herbivores el car-
nivorcs, et de l'homme lui-même, à doses très faibles. il
LS Hi
est vrai. mais pondérables. Dans tous les autres organes, sauf dans le thymus, le cerveau et la peau, où lon en trouve de moins grandes quantités que dans la glande, l'arsenic fait complètement défaut, à l'élat normal, de même que dans le sang.
Dans la glande thyroïde de l'homme, l'arsenie a été trouvé jusqu'à 1 milligramme pour 127 grammes de glande, et serait fourni par un certain nombre d'aliments où sa présence a élé constatée. Il est apporté, dit M. Gaulier, sans doute par les globules blancs et se fixe sur les noyaux des cellules où on le trouve combiné aux nucléines. Ces nucléines arsénicales doivent être rapprochées des nucléines phosphorées qu'a étudiées auparavant le savant professeur.
Enfin, continue ce dernier, la présence de l'arsenic est aussi nécessaire que celle de l’iode au bon fonctionnement de la glande. f
Voici maintenant le dosage comparalif de ce métalloïde dans les différents organes :
\rsenic en milligrammes pour 100 grammes d'organes frais :
Glande thyroïde..... 02/57 ImPoils cheveux Glande mammaire...... OIE TS
+ Cornes-Peau. traces décroissantes Cerveau, variable où nul.
Thymus non dosé, mais sensible. | Lait. Os.
Enfin. pour lerminer cette courte étude, signalons en. passant, que, en 1896, Tambach a retiré des glandes thyroïdes de l'inosile et l'a trouvé dans celles-ci dans les
proportions de 0,9 à 0,8 pour 100.
Toutes ces recherches, tant qu'elles sont, nous prouvent que l'on à voulu découvrir quel était dans le corps thyroïde, le ou les corps qui pouvaient agir dans la sécrélion interne qu'il fournit à l'organisme.
Nous allons maintenant assister aux lälonnements successifs dont a été l’objet la médication thyroïdienne, avant que l'on arrivât à la découverte et à l'emploi
de la thyroïodine — puis nous dirons un mot de celle-ci.
IisroRiQue DE LA MÉpicArION THYROÏDIENNE. — Nous allons puiser, pour tenter dé le mettre complètement au point, dans les travaux de Popoff (Sur la valeur de la glande thyroïde, principalement au point de vue médical 1898), la thèse de Lowitz, 1895, de Vico en 1898, et jeter un rapide coup d'œil sur l'idée que l'on se faisait, ily a déjà deux siècles, de la glande, pour arriver aux idées actuelles.
Wharton, au xvu° siècle, la considérait comme conformant les contours du cou d'une façon plus commode et élégante. |
Luschka croyait qu'elle était faite pour préserver les organes sous-jacents.
Boerhaave, Martyn et Merckel pour prêter appui au larynx et renforcer la voix.
D'autres, nous l'avons vu, voient en elle un régulateur de la circulation cérébrale: elle provoque l'anémie
du cerveau par compression des carotides (Guyon)
en formant un diverticule du torrent circulatoire (Waldever, Grashey) — elle préserve le cerveau de l'anémie (Schrager, Meuli, Liecbermeister): elle est en rapport avec le
sommeil, car elle gonfle pendant qu'il a lieu (Forneri).
Elle à une relalion avec les fonctions sexuelles de la femme : menstruation, puberté, grossesse, ménopause, car pendant ces élats divers, l'état de la glande est variable.
Mais tout ce chaos d'idées, si multiples et différentes, prouvent simplement la véritable ignorance, où l'on se trouvait.
Le vrai début de nos connaissances date des premières observations du myxæœdème en Angleterre.
En 1873, Gull, reconnait le premier, cette maladie et l'appelle : élat crélinoïde. Il en observe 5 cas.
En 1887, Ord l'appelle myxœdème et en voit 6 cas. En même temps, Shaw trouve de la mucine dans la peau et le tissu cellulaire sous-culané. Ord constate l'atrophie du corps thyroïde dans le myxædème. Curling et Hilton Fagge, l'atrophie dans le crétinisme sporadique.
En 1880, Bourneville et Ollier, décrivent la maladie chez un jeune idiot.
Savage, décrit le premier le myxœdème chez l'homme, alors qu'on le croyait spécial à la femme.
Nadder distingue la diminution de la glande comme un symptôme essentiel de la maladie.
En 1881, Charcot fait la description de la maladie qu'il appelle cachexie pachydermique, et en observe lous ces cas chez des adultes. Un peu plus tard, Bourneville, dans le Progrès Médical, montre cette maladie chez un jeune crétin de Bicêtre, et l'appelle idiotie myxœdéma-
teuse
et signale, en même temps que l'apparition précoce de la maladie, l'existence du nanisme. Viennent alors de nombreuses observations en Angleterre, en Amérique.
De nombreux travaux apparaissent, tels que ceux de
cp de
Ballet. de Ridel Saillard (1881), de Thibierge, qui élablissent la nosographie de cette maladie dont la pathogénie est encore inconnue.
En 1882, Reverdin, dans une communicalion à la Société médicale de Genève, appelle l'attention sur les accidents de la thyroïdectomie et établit que le myxædème apparaît deux ou trois mois après l'opération.
En 1883, il établit l'analogie qui existe entre ces troubles et le myxœædème congénital. Il l'appelle : myxædème opéraloire.
La même année, au xu° Congrès de chirurgie, Kocher, de Berne, constate ces accidents chez ses opérés, et les appelle : cachexie strumiprive, mais les rapporte aux lésions du cou, tandis que Reverdin les rattache à la thyroïde.
En 1881, Schiff, qui, en 1856 avait écrit que la thyroïdectomie est mortelle chez le chien, reprend alors ses expériences el prouve que l'opération cause la mort chez les animaux — en opérant encore sur le même animal.
En 1888, [lun et Rudden, décrivent à la Myxædem commission de Londres, dans le myxædème, la cirrhose atrophique de la glande.
Suivent alors de nombreux travaux de physiologistes, tels que Hofmeister, qui établissent que la glande est indispensable à la vie, de Avlokratov, Tauber, Rogowitsch, Rosenblatt, Heïnatz, de Colzi, Sanquirico. Tizzoni, Führ, Fano, Zanda qui corroborent les expériences précédentes.
En 1891-92. Gley institue des recherches sur le chien el le lapin: Eiselsberg, sur Ie mouton: Moussu sur le porc.
pie
En 1899, Horsley fait des opérations sur le singe. Tous constatent le myxœdème opératoire sur ces animaux.
Enfin, Christiani, en 1893, fait les mêmes constatations sur les reptiles.
Les histologisies, en Angleterre, en Allemagne, en France, démontrent que dans la cachexie pachydermique et l'idiotie myxædémateuse on a de l’atrophic et de l'agénésie du corps thyroïde. Toutes les formes décrites par Gull, Ord, Charcot, Bourneville, Reverdin, Kocher, se réduisent à une seule : l’altération, labsence, l'extirpaion du corps thyroïde.
C'est alors que prennent naissance les premiers essais
de l'opothérapie thyroïdienne.
GrRerres. — En 1883, Kocher pratique la greffe dans deux cas de myxœdème.
En 1884, Schiff fait des greffes de corps thyroïdes chez des chiens thyroïdectomisés et a de bons résultats.
Eiselsberg, Carle, Horsley, Colzi, Sanquirico, Canalis, Weyl, Berezowsky, Neumeister, Hürther, Ribbert, Wôülfler, Welch, Halsted, Blum, Fuhr, l'imitent avec les mêmes résultats.
En 1887, Bouchard fait, dans les mêmes conditions, des greffes de corps thyroïde dans le péritoine d’un chien.
En 1889, Bircher agit de même et greffe une glande de mouton dans la cavité péritonéale d'un sujet atteint de cachexie strumiprive.
En 1890, Horsley, s'appuyant sur les résultats de SchïfF, propose de faire sur les malades des greffes de glande
de mouton à cause de son analogie avec celle de l'homme.
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IL La tente lui-même, et Lannelongue limite, par la voie sous-culanée, dans un cas d'idiotie myxœdémateuse.
Tous ces cas furent malheureux.
La même année, Bettencourt et Serrano, au Congrès de Limoges, font connaître que dans un cas de cachexie pachydermique, ils ont eu des résultats passagers en employant la greffe hypodermique de mouton, faite à la région mammaire, chez une femme.
La même année encore, Merklen et Walther présentent à la Société médicale des Hôpitaux une femme à laquelle ils ont fait une greffe sous-cutanée de mouton à la résion sous-mammaire. Harris, Wright, Macpherson ont des observations analogues de myxœdèmes améliorés ainsi. Mais tous n'ont encore eu que des résultats tempo-
raires.
INEGTIONS .— Aucun de ces résultats ne semblait bien encourageant. Cependant, le peu d'améliorations que l’on avait observées permettait d'affirmer que les idées de Brown-Séquard sur la sécrétion interne des glandes élaient justes, et que ces améliorations étaient dues à l'absorption d'un suc formé dans la glande transplantée. Aussi voulut-on tenter de l'introduire dans l'économie d'une façon plus efficace et l’on songea à la méthode des injections.
Eu 1890, Glex et Vassale, opérant ainsi les premiers sur des chiens, évitent beaucoup d'accidents de la 1hyroïdectomie par injection intra-veineuse préalable.
La même année, Pisenti préconise, après des essais sur le chien,ce procédé pour le myxædème humain.
Au mois de juin 1891, deux malades de M. Magnan
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