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HISTORIQUE DE LA TIHYROIODINE

En 1895-96, Baumann et Roos de Fribourg écrivent deux articles dans le Zeitsch. f. physiologische chemie, sur la découverte et la préparation de l'iodothyrine et prouvent que son action est plus grande que celle des glandes fraîches et des extraits.

En 1896, Hildebrandt thyroïdectomise des chiens et leur administre l'iodothyrine, après constatation des symptômes dysthyroïdiens. Il obtient de bons résultats et peut établir que l’iode n'apparaissant pas dans les urines est retenue par léconomic.

La même année. Hennig se sert sans succès des glandes et des tablettes et traite l'obésité avec succès par ce produit à la dose de 0,30 à d grammes.

Kossowitez, bientôt après, cite lobservalion d'un jeune homme de 20 ans, chez lequel le traitement thyroïdien inslilué, amena sur la croissance des résultats

fort appréciables.

LME RE

DÉCOUVERTE ET PRÉPARATION DE L'IODOTHYRINE. — Le point de départ des recherches de Baumann, fut les observalions de Reinhold et Eminghaus, qui firent savoir que le volume des goîtres était atténué par l'extrait de la glande. L'auteur voulut alors en isoler le principe actif.

La thyroïodine ou iodothyrine est un composé organique iodé, très intéressant par le fait de sa constitution, car l'iode qui en fait partie intégrante, y est dissimulée aux réactifs et n'apparait qu'après la destruction de la malière organique par la calcination.

C'est une substance jaunâtre qui se décompose sous une forte chaleur. Elle est insoluble dans l'eau — un peu dans l'alcool — se dissout avec facilité dans les solutions alcooliques et alcalines diluées et précipite par les acides. Elle résiste à l’action des acides et des alcalis, renferme constamment de l'acide phosphorique en combinaison organique, contient environ 4 à 5 pour 100 de phosphore, mais ne donne pas les réactions de l’albumine. Ce qui la rend intéressante, c'est que l'iode y est en quantité relativement importante et en combinaison stable. Si l'on fait fondre des traces de thyroïodine avec de la soude caustique et du salpêtre, etsi l'on dissout ensuite ce produit dans de l'eau oxydée par l'acide azotique, on oblient une coloration jaune. Ajoute-t-on du chloroforme.,on a un liquide violet. Donc il y a de l'iode.

Si la solution est concentrée et chaude, on a des vapeurs légèrement violettes lorsque se produit l'oxydalion. C’est encore une preuve que l'iode y est contenue.

Cette quantité d'iode ne dépasse pas 9,30 pour 100. Elle

est en combinaison organique, chez le mouton comme chez l'homme. On a constaté d'autre part, qu'elle existe dans la glande thyroïde à l’état de combinaison organique.

Baumann a obtenu la thyroïodine en faisant bouillir la glande de mouton pendant plusieurs jours dans l'acide sulfurique à 1/10. Le résidu insoluble, traité par l'alcool bouillant, la solution alcoolique était évaporée, le résidu mélangé à 10 parties de sucre de lait puis lavé à l’éther de pétrole et enfin dissout dans la soude à 1 pour 100, pour être en dernier lieu précipité par l’acide sulfurique. Plus tard, Baumann et Roos ont proposé de remplacer l'ébullition dans SO‘H° dilué, qui entraîne, disent-ils, une perte de 25 à 30 o/o de l'iode, par la digestion arlificielle en présence de Hel et de la pepsine. Le produit obtenu contient environ 2 o/o d’iode et par des traitements répétés, sa proportion peut être condensée jusqu'à près de 10 pour 100. On mélange à ce produit du sucre de lait dans une proposition telle que le mélange contienne 3 déci-milligrammes d'iode par gramme. C'est ce mélange qui est vendu en Allemagne sous le nom de thyroïodine, et représente, croit-on, son poids de glande fraiche. L'auteur pense que le principe iodé ne préexiste pas dans la glande, mais est produit par un dédoublement provoqué grâce à l'acide. Le produit final, riche en iode, résulte d'un dédoublement, mais la combinaison iodée préexiste évidemment dans la glande. On constate en effet, la présence de l'iode dans l'extrait glycériné, et, quand on précipite celui-ci par l'alcool, toute l'iode passe dans le précipité. On voit donc que le produit de

-Baumann est double — d'une part, on à le produit pri-

QT +

milif contenant 10 pour 100 d'iode, et d'autre part le produit commercial contenant 3 déci-milligrammes par gramme.

L'auteur à constaté que l'iodothyrine, comme telle se trouve en faible quantité dans les glandes, et est pour la grande partie combinée à des substances albuminoïdes (thyroïdo-albumine), et en petite partie avec une substance analogue à la globuline (thyroïdoglobuline). Son procédé consiste à la débarrasser de ces deux corps et à retirer ainsi de la glande, toute la thyroïodine qu'ellé renferme. Cette quantilé varie d'une espèce animale, d'un individu à l’autre, est différente suivant l'âge. les pays, etc...

L'iodothyrine fournie par la maison Bayer, ‘contient dans 1 gramme de sucre de lait, 0,003 “/S d'iode. Son action correspond à celle des glandes fraîches de même poids, qui ont relativement une moindre quantité d'iode.

C'est la substance active de la glande, et son action est plus rapide que celle de l'iode, car la séparation de l'iodothyrine des albuminoïdes des thyroïdes se produit incomplètement et lentement, et, grâce aux phénomènes de fermentation qui se passent dans l'intestin, une partie de l'albumine de l'iodothyrine se transforme en produits inactifs. L'iode métallique, toujours pour l'auteur, facilite Simplement la production de la matière active, qui s'élabore dans le corps thyroïde normal, landis que la thyroïdothérapie introduit cette substance elle-même toute formée et prête à manifester ses effets bienfaisants.

Actuellement, la thyroïodine est la seule préparation employée en Allemagne, depuis que Fred. Bayer, a pu,

QE

sur les indicalions de Baumann, préparer des tablettes de celle substance, dont 1 gramme renferme 6,003 "/ d'iode el correspond par conséquent à 1 gramme de glande fraiche. Rappelons aussi l'excellence des produits de la maison Merck de Darmstadt, et ajoutons que Catillon en 1897. à proposé l'iodothyroïdine, pour supprimer l'emploi de l'alcool, trop coûteux en France, dans la fabrica-

lion de la thvroïdine.

ACTION DE LA THYROIODINE SUR LES ÉCHANGES ORGANI- QUES. — De nombreuses recherches ont eu lieu sur ce sujet :

En 1895, Lowilz, dans sa thèse, rapporte les travaux de Vermehren, assistant d'Howitz, de Macphael et Bruce, qui ont soumis des sujets sains à la médication thyroïdienne. Ils ont constaté que :

Appareil circulaloire. — Le pouls était plus fort, plus rapide, battant de go à 100. Les contractions du cœur plus énergiques. Woodheat, ayant opéré sur des souris, conclut que l’action de la thyroïodine porte sur le myocarde.

Appareil digestif. — On observe de l'inappétence. de l'anorexie, la langue est chargée.

{ppareil respiraloire. — La respiration est plus rapide.

Appareil vaso-moleur. — On note des rougeurs diffuses de la peau et des transpirations profuses.

Appareil eulané. — La peau est humide, visqueuse, la pigmentation disparait.

Appareil urinaire. — La diurèse augmente constam-

ment et d'une façon considérable.

IREM

ippareil musculaire. — La suractivité fonctionnelle est accrue, La langue, les lèvres. la face, les muscles présentent des tremblements fibrillaires.

Syslème nerveux cérébral. — H est suractivé (agitation, insomnie, irrilabililé).

Nalrilion. — La température est élevée. L'urée, les chlorures et les phosphates sont augmentés.

Sang. — Les globules rouges diminuent, de même que l'hémoglobine.

Sécrélions. — Celles de la sueur et du sébum sont aug-

mentées.

En 1896, Ferrari fait une communication sur Îles échanges d'azote, dans l'administration de la thyroïdine. Dans les cas qu'il a étudiés, l'auteur a toujours constalé que l'élimination de ce corps augmentail, mais que l'assimilation restait toujours normale. Le dosage de l'azote contenu dans les aliments. les urines, les fèces a été fait d’après la méthode de Kjeldahl, modifiée par Valfordet. L'urine et les chlorures augmentaient en quantité, les phosphates des urines n'étaient au contraire nullement influencés. L'auteur arrive à conclure que la thyroïodine modifie sensiblement les échanges organiques en les rendant plus énergiques.

La même année, Nchring et Thiele, étudient les échanges respiraloires au cours du traitement et voient que pendant celui-ci, il se faitune consommation plus grande d'oxygène.

En 1897, Gluzynski el J. Lemberger constatent à leur tour que Île traitement provoque une destruction des

substances albuminoïdes de l'organisme — caractérisée

ne on

par des déperdilions progressives d'azote et une perte sensible de poids.

Barteil, entreprend à la même époque des recherches expérimentales sur lui-même et sur les animaux, avec des préparalions de thyroïodine en poudre, ou en solution alcoolique.

1° Expériences personnelles: > grammes de prépara- Uons thyroïdiennes, avec du sucre (0,006), donnent une diurèse fort notable. La quantité d’urines augmente de 28 0/0 environ, et les parties constituantes solides de 19 0/0, ce qui serait dû à la combustion plus active des hydrates de carbone et des graisses, d'où formation d'eau en plus grande abondance, et à la combustion plus énergiques des albuminoïdes. Donc, à 0g.006 la thyroïodine active, chez un homme de go kilogs, très énergiquement l'échange des matières, sans accélération du pouls, ni autre phénomène secondaire fâcheux.

2° Expériences sur les animaux: même à doses élevées, on ne note pas de phénomènes loxiques, ni de troubles de l'état général. La diurèse est peu prononcée.

3° Recherches sur des organes isolés où la circulation artificielle est faite. On n'observe aucune modification de la pression sanguine chez le chat. ni plus de fréquence des battements sur un cœur de grenouille placé dans l'appareil de William.

À o,006, on n'observe rien sur les vaisseaux rénaux d'un rein de bœuf, placé à la température de l'animal vivant. La sécrétion urinaire n'est troublée en rien.

La thyroïodine, conclut l'auteur, n'est pas à propre ment parler un diurétique, mais elle le devient indirec

tement en augmentant la teneur du sang en eau et en

Fr A0

sels. Elle serait bonne pour des sujets obèses chez lesquels l'échange des matières est peu actif, ou pour suppléer à la fonction de la glande qui, soit pour une cause ou pour une autre, ne s'accomplit pas normalement.

Enfin, toujours la même année, Critchmaroff rapporte les conclusions de Ordet E. White, pour lesquels : la quantité d’urines est augmentée, l'azote de celles-ci plus grande que l'azote des aliments. On ne constate que peu d'influence sur l'élimination du phosphore et du chlore, l'azote qui se trouve en surplus de l'azote des aliments est expulsé sous forme d'urée. Le poids du corps diminue.

I rapporte en même temps, le résultat des expériences de Roos, au laboratoire de Baumann. Cet auteur, a étudié le rendement du chlore, du phosphore et du sodium. Ge rendement, chez les animaux est augmenté pour le premier corps ct dure de 2 à 3 jours. Quant aux deux autres, c'est le contraire qui a lieu. D'après Roos, le corps thyroïde à une grande influence sur les échanges de lacide phosphorique dans les lissus, et sans la glande, «ce corps ne saurait être assimilé.

Enfin Bettmann se place à un point de vue un peu différent, et étudie indirectement les relations qui existent entre les corps thyroïde el pituitaire. Sur 20 individus, qu'il a soumis 8 jours, au traitement thyroïdien, il a constaté que 11 d'entre eux ont présenté ensuite une gl\cosurie alimentaire de 8 jours. Il en conclut que les préparations thyroïdiennes affaiblissent le pouvoir d'assimilaion pour les hydrocarbures comme M. Von Noorden l'a vu le premier. Avec des préparations pituitaires, pour-

suit-il, continuées pendant 10 à 15 jours, on a les mêmes

résultats. I Y aurait donc des relations fonctionnelles entre les deux organes. Mossé, au Congrès de médecine de Montpellier, en 1898, parle de l'opothérapie thyroïdienne.

Abelous, ditil, conclut que la glande semble modifier énergiquement la nutrition et augmenter la quantité des urines, ét de l'azote total, du chlore et du phosphore éliminés, faciliter l'absorption de l'oxygène et le dégagement de l'acide carbonique. Ces effets, poursuit-il, doivent être rapportés autant à la thyroïodine qui est une des substances spécifiques de la sécrétion interne, qu'au suc thyroïdien lui-même.

Le traitement cause une rapide augmentation des globules rouges chez les myxædémateux et à une action certaine sur la perversion des fonctions tubo-ovariques. Il peut provoquer de l’aménorrhée, surtout chez Îles obèses.

En 1899, Popoff rapporte les effets du traitement: la diurèse est prononcée, on à une excrélion exagérée des produits azotés, sous forme durée principalement, et des composés chlorés, des phosphates, de l'acide sulfurique. On peut dire qu'il y à, grâce à lui, des métamorphoses exagérées des substances albuminoïdes, un échange augmenté des gaz, une élévation de la température, une animation particulière, une excitation générale de lorganisme, une stimulation de ses diverses fonctions.

La même année, notre camarade le docteur Ser, dit dans sa thèse que les préparations (hyroïdiennes excitent les échanges organiques. Sous leur influence, la composition des urines se modifie, l'azote excrété peut

atteindre le double de la normale, le chlore et l'acide

phosphorique augmentent notablement. L'analyse de l'air expiré prouve que les échanges gazeux sont accélérés.

En 1900, Parges rapporte une observation particulière qu'il a fait sur l'action de l'extrait thyroïdien. En soumettant un chien à l'injection de l'extrait, l'auteur à constaté, par l’analyse des urines, les faits déjà connus de la destruction énergique des substances albuminoïdes et, en outre une lévulosurie avec 0,5 pour 100 de lévulose dans l'urine. Cette lévulosurie a persisté pendant plusieurs jours après la suppression de l'extrait. L'auteur rapproche ce cas, de ceux de glycosurie qu'on a constatés chez les individus soumis au traitement, et dont on à rapporté plus haut des exemples.

Calabrese, de Naples, d'après ses propres recherches, dit que la thyroïdothérapie fait augmenter le nombre des hématies et le taux de l'hémoglobine, qu'elle active les fonctions de nutrition, en particulier l'élimination de l'azote.

Enfin, tout récemment Gauthier de Charolles à étudié. très minutieusement les modifications des échanges après la thyroïdectomie, et l’opothérapie. Nous allons suivre son travail si complet.

Au cours du myxœdème opératoire et du myxædème normal, l'excrétion de l'azote diminue beaucoup, de même que l'urée et l'acide urique sont très au-dessous de ia normale, (6 à 7 grammes de moins par jour. Vermehren). Si l’on institue le traitement, l'azote augmente de suile, atteint même le triple de la normale (Vermehren); l'urée augmente de même comme l'ont prouvé

Ord et While, dont nous avons parlé et Canter, Scholz,

Mordagne; l'acide urique subit les mêmes mutations (Israi, Vas,Gara). Tout ceci prouve une importante désassimilation des albuminoïdes. Cependant cette constatation fut niée par Weber, mais rétablie par Bleibtern, Wendelstadt, qui furent à leur tour critiqués par Richter. Schôndorf croit que cette désassimilation est secondaire et ne se produit que lorsque la graisse en réserve est tombée à son taux minimum. C'est alors que le phénomène dénutrilif attaque les albuminoïdes. Enfin les expériences de Gluzynski et Lemberger, citées plus haut, de Magnus Lévy, de David, sont venues confirmer un fait acquis. Ils ont prouvé que même avec une alimentation très considérable, le sujet en traitement perd plus d'azote qu'il

n'en absorbe.

ProsphoRe. — Après la thyroïdectomie. il diminue dans les urines (Ver Ecke). Le traitement VV fait revenir et augmenter (Roos, Canter). C’est de là, d’après Kocher, que vient l'utilité du phosphate de soude dans la maladie de Basedow. Scholz n’a pas constaté l'augmentation du

phosphore dans les urines, mais dans les fèces.

Cuzorures. — Chez les thyroïdectomisés, la diurèse diminue, et proportionnellement à la quantité de glandes enlevées (Ver Ecke). Après le traitement, la diurèse augmente de suite. On note, en même temps, fréquemment des sueurs. L'élimination de ces corps ne semble qu'indirecte avec l'activité de la glande et n'être modifiée que

dans le sens de la diurèse.

GLycosURIE. — On la constate quelquefois (Dale James,

Dennig, Ewald, Senalor). Stabel, sur 83 cas de goitre

mm ic

avec traitement intensif, n'en à pas eu. Von Noorden ferait, par ce moyen, le diagnostic précoce du diabète, car la glycosurie apparaîtrait surtout chez les obèses,

c'est-à-dire chez les gens prédisposés au diabète.

ÉCHANGES GazEUx. — Ils augmentent souvent d'une facon corsidérable, comme l'ont vu Michaëlsen, Stüve, Thiele, Nehring, Magnus Lévy.

Pour Michaëlsen, Co’ est augmenté el le quotient respiratoire Q = agit dans le même sens. Tel est aussi l’avis de Tarchenoff. Pour Lévy, l'échange gazeux varie suivant les sujets, très aclivé chez les myxædémateux (de 76 0/0 dans un cas), el chez les obèses, (où il ne

dépasse pas 8 0/0), — peu chez les autres.

SANG. — Ilest très altéré chez les animaux thyroïdectomisés et les myxædémateux.

Les globules rouges, l'hémoglobine diminuent fréquemment dans l'athyroïdie, mais augmentent presque toujours par le traitement. Mendel. Schütten, Vaquez, Masoin., Lichtenstein, Kræplin et Vaquez ont noté l'augmentation du diamètre globulaire chez les myxædémateux. Vaquez et Lebreton ont montré dans le sang des globules rouges à noyaux chez les athyroïdes, ce qui à fait étudier si cel état n'élait pas une persistance du processus fœtal de lhématopoïése. et permis à Hayem de dire que le myxædémateux est un infantile. Ce serait une sorte d'arrêt de développement du sang, parallèle à celui des autres Lissus.

Les leucocyles augmentent de suite après la thyroïdec-

lomie, mais diminuent bien vite peu après (Horsley,

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Schôütten, Mendel). Dès le début du traitement, on conslate la formalion de grands leucocytes polynueléaires, comme s'il avait excité le fonctionnement nouveau des centres hématopoïétiques de la moelle osseuse et des organes hémoformateurs, etles avait rappelés à la vie. Schmidt à noté une augmentation du poids spécifique

du sang après la thyroïdectomie.

J. Donatlh avance que de petites doses d'extrait glycériné de thvroïde augmentent l'alcalinité du sang. Or, les expériences de Fodor ayant montré que le sang des lapins auxquels on injecte un aleali devient plus bactéricide, en augmentant les-oxydations, l’auteur conclut que la sécrélion thyroïde n'active lPénergie et la vitalité des échanges

nutrilifs qu'en accroissant l'alcalinité sanguine.

Enfin, Nenckvy, de Berne, a vu qu'à l’état normal, le sang qui sort de la glande est plus alcalin, et diffère au point de vue de son contenu en fibrine et hémoglo-

bine, du sang artériel qui v pénètre.

Après la thyroïdectomie encore, la veinosité du sang augmente (Horsley). Il y a une diminution énorme du contenu du sang en oxygène, comme l'ont vu Albertoni et Tizzoni. Ces auteurs. attribuaient même tousiles symptômes de cachexie strumiprive chez le chien à cet énorme déficit en oxygène du sang artériel, qui en contiendrait moins que le sang veineux normal. Ils en concluent, que grâce à la glande, l'hémoglobine acquiert la propriété de fixer loxygène. Masoin d'ailleurs à vu que l'oxyhémoglobine diminue considérablement dans le myxœædème, et qu’elle demeure inférieure à la normale,

tout en se relevant chez des sujets guéris.

PRESSION SANGUINE. — Une injection de liquide thyroïdien fait baisser la pression sanguine et dilate les artères périphériques. Donc la glande est hypotensive. C'est l'opinion de Guinard et Martin, contestée par le Docteur Livon, de Marseille.

De Cyon a constaté qu'au nombre des racines du nerf qui porte son nom, il en est une qui relie la glande au cœur, et c'est en agissant sur elle que la thyroïodine serait hypotensive. De son côté, le cœur agirait sur la clande, par les filets nerveux qu'il envoie aux nerfs th\roïdiens, et règlerait de cette façon la quantité de thyroïodine qui lui est nécessaire pour fonctionner normalement.

Haskovec, par des expériences bien conduites, a montré que l'injection du suc thyroïdien agit sans doute en excitant le centre bulbaire des nerfs accélérateurs.

Cette propriété du liquide thyroïdien de faire baisser la pression et de dilater les artères périphériques a été mise à profit pour trailer la maladie de Stokes-Adams, la maladie de Raynaud, Flhémicrânie vaso-constrictive. l'intoxication salurnine, certaines formes d'angor pectoris el d'artériosclérose au début (Huchard), et même avancée, chez des goutteux et des rhumatisants chroniques où Lancereaux l'a utilisée avec succès.

Rappelons les considérations émises précédemment suivant Gauthier, à l’article « Troubles thyroïdiens »,

concernant l'action de la glande vis-à-vis des organes

(ee

génitaux, de l'ovulation, de la grossesse, de la lactation, de l'involution utérine post-puerpérale, de la chlorose,

l'hémophilie, de certains troubles nerveux.

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ACTION DE LA THYROIODINE SUR LA GROISSANGE. — Nous en avons parlé au chapitre précédent. Que le lecteur veuille donc bien S'y reporter pour éviter des redites inutiles. Celle action qui s'explique bien, maintenant que l'on voit comment la glande influence les échanges, a été prouvée par plusieurs sortes de faits :

1° Dans les maladies de la glande, on observe des troubles du squelette,

2° La thyroïodine influence favorablement le développement osseux. Des faits en sont rapportés.

3° Dans de nombreux exemples d'infantilisme, elle a

eu une action incontestable.

ACTION DE LA THYROÏODINE SUR LES FRACTURES ET LES RETARDS DE CONSOLIDATION. — Tous les résultats obtenus avec la médication dans les troubles de croissance donnèrent l'idée de l'employer dans le traitement des retards de consolidation et des pseudarthroses, on l'employa même préventivement pour soigner les fractures récentes.

Des recherches poursuivies sur les animaux furent couronnées de succès, entre les mains de Veillon, Ser, el surtout de Steinlin: qui s'en est occupé très activement.

Ces résullats appliqués à la clinique rendirent de signalés services, et les cas traités actuellement par la médicalion thyroïdienne sont nombreux.

Nous prions le lecteur de bien vouloir d'autre part se reporter au chapitre V pour prendre connaissance des expériences qui ont été faites sur les animaux.

L'on sait que depuis de longues années, M. le Professeur Poncel s'occupe de cette question, et nombreuses à ce sujet sont les recherches qu'il a faites. Il a constaté depuis longtemps l'efficacité du traitement appliqué aux fractures et à leur consolidation.

Le Chapitre VI contient toutes les observations clintques relalées par Déjace,Feria, Folet, Gauthier, Potherat, Pascal, Poirier, Reclus, Ser, Tachard, Kæppeler, Van Heddeghem, et quelques autres qui nous sont personnelles, recueillies pour la plus grande partie dans Île

service de M. le Professeur Poncet.

PATHOGÉNIE DE L'ACTION DE LA MÉDICATION DANS LES ARRÈTS DE CROISSANCE, LES FRACTURES, LES RETARDS DE CONSOLIDATION ET LES PSEUDARTHROSES.

Se basant sur les faits de diminution des échanges orvaniques chez les dysthyroïdiens, Gauthier de Charolles a émis l'opinion que cerlains individus, normaux en apparence, élaient affectés d'insuffisance thyroïdienne. Cette insuflisance se traduit, après une fracture par un retard dans la consolidation, de telle sorte qu'il est formellement indiqué d'administrer les préparations thyrotïdiennes afin de rétablir le métabolisme physiologique.

Pour cet auteur, lorsque la glande est malade, les échanges nutritifs sont ralentis — les oxydalions sont diminuées — le relard de consolidation n'en est qu'un symptôme. L'iodothyrine, ditil, est un véritable médicament. On peut même dire qu'aucun,dans la {hérapeulique, n'est plus puissant, plus curatif, d'une action

plus évidente, promple el certaine. Non seulement il fait

mr lier

disparaitre complètement les accidents consécutifs à l'absence ou à la défaillance de la glande, mais il agit favorablement sur chacun des symptômes de la cachexie strumiprive pris isolément et envisagé en dehors de celte ‘achexie.

C'est un agent destiné à ramener au {ype normal les organes et les fonctions déviées par la maladie, en déterminant chez eux des modifications dynamiques et fonctionnelles.

Nous avons vu que la thyroïodine agit sur les arrêts de croissance. Le retard de consolidation après une fracture n'est sans doute qu'une modalité de cel élat, puisque chez les deux, il y a absence de formation du tissu osseux. Cette vue de l'esprit est empirique. il est vrai, mais les faits sont là pour prouver qu'après une fracture, Sily a un retard dans la formation du cal ou une pseudarthrose, la thyroïodine n'agit pas parce qu'elle peut agir, mais parce qu'elle doit agir, sauf bien entendu,dans

quelques cas spéciaux que nous examinerons.

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