‹ De la Thyroiodine: Dans les Retards de Consolidation et dans les PseudarthrosesChapitre 25 sur 63 · CO RE · texte numérisé non relu

CO RE

On a enfin beaucoup de causes qui sont inconnues. Beaucoup de pseudarthroses sont également inconnues dans leur essence. Telle pseudarthrose guérira par les moyens les plus simples, alors que telle autre placée dans les mêmes conditions anatomiques, résiste à tous les traitements. Il est, en résumé, de nombreuses condi-

lions pathogéniques qui nous échappent encore (Rieffel).

CLASSIFICATION. — Pelroff; en 1897, classe les pseudarthroses selon les divisions de Bérenger-Feraud. I les distingue en 1° Retard de consolidation. qu'on ne fait plus rentrer aujourd'hui dans la classe des pseudarthorses :

2° Pseudarthroses fibreuses. Les deux extrémités des deux fragments sont réunies par un tissu fibreux :

3° Pseudarthroses fibro-synoviales. Les mouvements ont créé une petite bourse séreuse, d'où formation d'une sorte d'articulation. Cette fausse jointure peut succéder aux pseudarthroses incomplètes, fibreuses ou ostéophytiques. Elle possède des mouvements nombreux : leur existence à élé bien mise en lumière par Ribes, Chassaignac, Malgaigne, Cruveilhier. Une arthrite même peut affecter celte nouvelle articulation :

4° Pscudarthroses flottantes, Les deux extrémités osseuses sont amincies, effilées. IT 4 à cu plutôt résorplion que production nouvelle d'os :

o° Pseudarthroses ostéophytiques. Elles sont caractérisées par une néoformation exagérée. Des stalactiles environnent chaque extrémité, ou lune d'elles, mais

elles sont indépendantes, ou mal unies, et le moindre

AE ae

choc peut les briser. Dans ce cas, on a souvent affaire à une arliculation osseuse, des dépôts cancéreux, tuberculeux, une ostéile. ou une nécrose, un kyste hydatique qui troublent Ie travail de régénération :

6° Bérenger-Feraud parle aussi des pseudarthroses incomplètes. C'est un arrêt de consolidation. Les extrémités osseuses sont arrondies, plus volumineuses, en massue. La prolifération n’a pas élé suffisante pour amener la

fusion des deux fragments.

Nous pouvons donc dire maintenant que si une fracture ne se consolide pas. ou ne le fail’que lentement, soit parce que l'état local ne permet pas une coaptation ou une imimobilisation suffisantes, ou que la réparation osseuse ne se fait pas pour toute autre cause, il ne faudrait pas donner de la thyroïodine qui ne peut agir que sur la formation de l'os, si une cause locale, par exemple, empêche la consolidation.

On tend actuellement à admettre que la plupart des pseudarthroses sont dues à une cause locale, l'interposition musculaire, surtout fréquente à la cuisse et au bras. On ne peut pas toujours la reconnaître malheureusement.

En résumé, si l’on reconnaît que la pseudarthrose ou le retard de consolidation sont dus à l’état général, il faut d'abord soigner celui-ci.

L'obstacle est-il local, il faut tenter de le lever. Ensuite on pourra tout à son aise donner de la thyroïdine.

Ser, en parlant de l’interposilion musculaire, en 1899, dit que dans les cas de pseudarthrose, le traitement pourrait servir de diagnostic, el que, si en l'essayant, la

consolidation ne s'effectue pas, c'est que celle pseudar-

nr ISO SES

throse n'est pas due à un défaut de sécrélion osseuse, mais à une cause locale.

Les conclusions de Van Heddeghem, en 1899, sont les suivantes :

Quand un retard dans la consolidation se présente, il faudra minutieusement en rechercher la cause. Celle-ci peut-être : mécanique (interposition musculaire, chevauchement); due à un mauvais état général; à la phosphalturie (J. Howel, Médical Record, 1898), au diabète, à la tuberculose.

Si la pseudarthrose ou le retard ne sont pas dus à une de ces causes, la médication thyroïdienne est excellente, d'autant que les causes semblent venir d'une insuffisance thyroïdienne chez des sujets en apparence

normaux, en état d'hypothyroïdisation.

CHLAPLRRE, W

Action de Ia thyroïodine sur les fractures

et la formation du Cal chez les animaux

Sommaire : Observalions et expériences étrangères. — Observalions personnelles.

Dans les chapitres précédents, nous avons étudié successivement l'action de la glande et de la thyroïodine sur la croissance chez l'homme et chez les animaux. Nous avons rapporté à l'appui, de nombreuses observations concernant des cas d'infantitisme.

Nous allons maintenant nous occuper de l'action de la glande vis-à-vis du système osseux, en nous plaçant à un point de vue légèrement différent. Jusqu'ici, dans les expériences faites sur les animaux nous n'avons assisté qu'à des thyroïdectomies; maintenant nous allons nous demander ce que deviendra une fracture faite expérimentalement chez des animaux thyroïdectomisés.

Nous verrons plus loin chez l'homme, qu'une fracture accidentelle assimile à l'animal d'expérience que l'on fracture à dessein, les désordres osseux s'améliorer le

in =

plus souvent sous l'influence du traitement thyroïdien. Essayons de nous rendre compte s'il en est de même chez les animaux.

Presque tous les opérateurs ont choisi le lapin pour diriger leurs expériences. Pour rendre cet animal tel que les conditions l'exigeaient, on lui a enlevé la glande thyroïde en totalité ou en partie. De la sorte, rendu semblable aux individus alteints d'absence ou d'insuflisance de la sécrélion thyroïdienne, il satisfait au but voulu, pour les expériences de régénération osseuse, par exemple. Dès lors aussi, en administrant à ces animaux thyroïdectomisés de l'extrait thyroïdien, soit en préparalion, soit en nature, on pouvait juger de l'action de celui-ci sur l'évolution de fractures faites intentionnellement, apprécier la formation du cal, tirer des conclusions aulant que possible pour appliquer cette médica-

tion chez l'homme.

TuyYROÏDECTOMIE CHEZ LE LAPIN. — C'est une opération facile. Après avoir fait sur la ligne médiane du cou une incision de 2 à 3 c/m de haut en bas, depuis le larynx pris comme point de repère extérieur, on déchire le tissu cellulaire et la graisse, on écarte avec la sonde cannelée le sterno-thyroïdien.

L'on peut alors apercevoir de chaque côté de la trachée un lobe de forme ovalaire, très vascularisé, souvent de couleur rosée, tranchant un peu sur la couleur musculaire. Il faut disséquer avec beaucoup de soin et de prudence pour le séparer du nerf récurrent qui passe

le long du bord inférieur. Au fur et à mesure de la

e Sn ROME

dissection, on lie les vaisseaux : en général, il faut à peu près quatre ligalures, une à chaque extrémité et deux le long du bord inférieur. C'esten plaçant celles-ci que l'on risque le plus de blesser le récurrent ou de le serrer si l'on n'a pas soigneusement disséqué la glande. On saisit le lobe avec une pince et l'on coupe avec des ciseaux au-dessus des fils. On peut se contenter de faire une thyroïdectomie partielle. On peut compléter par la parathyroïdectomie. Pour savoir où l'opérateur doit diriger ses recherches, rappelons que Gley, dans notre premier chapitre, nous indique où l'on doit chercher les glandules.

On lave dès lors la plaie avec une solution antiseptique: on suture la peau avec une soie un peu forte, on passe enfin une couche de vaseline que lon renouvelle plusieurs fois dans la journée pendant les premiers jours.

La longueur de chaque lobe, pour Krause, est de17 m/m sur une largeur de 7 m/m ; lé poids moyen de 370 à So m/gr.

Nous oblenions chez nos lapins l'anesthésie avec un demi-centimètre cube d'héroïne, sel de morphine, étudié en 1899 dans le laboratoire de Monsieur le Professeur Soulier.

Hanau et Steinlin étaient certains que la sécrétion thyroïdienne avait une action prépondérante sur le développement du système osseux. Ils conslatèrent que, s'ils faisaient des fractures sur les animaux thyroïdeclomisés, celles-ci se consolidaient lentement et difficilement, que le cal était beaucoup moins volumineux qu'il ne l’est normalement. Stcinlein conclut donc que, dans

ces cas, « il manque visiblement soil au lissu ostéogène,

Page 1