‹ De la Thyroiodine: Dans les Retards de Consolidation et dans les PseudarthrosesChapitre 36 sur 63 · AO · texte numérisé non relu

AO

OBSERVATION XVIT (personnelle)

Service de M. le professeur Poncel. Hôlel-Dieu Lyon

B. Jacques. employé au chemin de fer, à Lyon. Couché à la salle annexe Saint-Philippe lit n° 26, 55 ans.

Mère âgée de 78 ans, bonne santé habituelle. Père mort à 69 ans, d’une maladie non précisée. :

10 frères et sœurs parmi lesquels un seul frère vil encore. Le malade à personnellement de bons antécédents. Il n’est pas alcoolique, n’a pas fail de maladies séricuses. Il est marié el à une fille de 27 ans qui a une bonne santé.

À 12 ans, il rappelle seulement qu'il a eu un début de goître qu'il porte encore, peu accentué d’ailleurs.

Le 4 mars 1900, vers 5 heures du malin, comme il rentrail à son service de la gare, il futarrèlé par un encombrement qui avait lieu à la porte. Un camionneur qui se trouvait devant lui, le fil tomber en se retournant brusquement de telle sorle que, glissant sur la neige, le malade tomba, et les roues du camion lui passant sur la jambe droite, la fracturèrent au liers moyen.

Le sujet a senti nettement un craquement. Après l'accident, la jambe ballottait et pendait. On l’amena de suite en fiacre à l'Hôtel Dieu, et, à 9 h. r/» un plâtre élait déjà disposé. La fracture n'était pas compliquée mais avait intéressé les deux os, le péroné étant fracturé en biseau à son extrémité supérieure, et le tibia à sa partie moyenne, Le fragment supérieur de celui-ci se dirigeait en dedans, formant avec le fragment inférieur un angle (rès oblus ouvert en dehors. La fracture était très esquilleuse.

Aujourd'hui 30 avril, on constate l'existence de cicalrices portant à la partie externe de la jambe, au niveau de la fracture tibiale, et sur la face interne, se continuant en haut et en arrière.

Le fragment supérieur du tibia présente à sa partie inférieure un renflement nettement saillant. En saisissant la jambe à pleines mains, en haul et en bas, el en essayant d'imprimer quelques mouvements, on s'aperçoit qu'il y à dela mobilité anormale. — Il

y à donc un retard dans la consolidation, qui frise la pseudarthrose.

AT et

Depuis le 4 mars jusqu'au 18 avril, le malade est resté dans un plâtre. Le 18, on en a remis un nouveau. Il ne peut soulever le lalon du plan du lit. La sensibilité du pied est intacte.

A partir du 30 avril, le pansement défait et la pseudarthrose bien constalée, on administre au malade 20 cenligrammes de lhyroïodine par jour, c’est-à-dire 55 jours après l'accident.

Le ro mai, la jambe est sortie du plâtre et examinée. On constate que la mobilité a fort diminué. Le malade accuse un grand (travail au niveau du trait de fracture, des élancements, de la chaleur vive, des fourmillements qui vont jusqu'à le réveiller : il n'a jamais élé autrement incommodé.

Le 30 mai, la consolidation était complèle — en un mois de traitement.

On garde par prudence le malade encore quelque temps et on le dirige sur un hôpital de convalescence. La radiographie montre lexis-

tance d’un cal, bien constaté par MM. Bérard et Delore.

OBSERVATION XVII bis (Prière de voir à la fin du Chapitre.)

OBSERVATION XVIIT (personnelle)

(Service de M. le Professeur Poncet, Hôlel-Dieu, Lyon).

C... Jeanne-Marie, 58 ans. — Couchée au numéro 10 de la salle Sainte-Anne. — Cette femme, garde-malade, était allée, le 4 février 1900, veiller une personne. Elle fil une chüte dans l'escalier de la maison, et tomba sur la hanche gauche. Elle n’a pas du tout marché après l'accident, d'autant que cela lui eut été impossible. Transportée en fiacre chez elle, elle y reste couchée jusqu’au 5, jour où on la transporte en voilure à l'hôpital, dans l'après-midi. Elle est admise et immédiatement on lui place le membre gauche dans une goultière plâtrée qui inmobilise celui-ci.

La malade à élé examinée complètement le > mars, jour où nous l'avons vue. En fléchissant sa cuisse, on réveille une douleur considérable qui la fait crier, douleur localisée au niveau du trochanter.

Elle présente Lous les signes de la fracture extra-capsulaire du

— 149 ee

fémur — entre autres la rolalion du pied en dehors — la douleur par la percussion sur le grand lrochanter. On n'a pu noter la marche du raccourcissement.

Monsieur Delore veut bien examiner avec nous la malade, et hésite beaucoup sur le diagnostic d’une simple contusion, et finalement se rattache quelque peu aussi à l’idée de fracture. En tout cas, le 2 mars, le malade ressent des douleurs continues au niveau du point

blessé et ne peut faire un mouvement dans son lit. Les plus petits essais pour soulever la talon, restent sans aucun résultat.

Le 2 mars, nous commençons chez elle le traitement et lui administrons o,10 centig. de thyroïodine Baumann en cachels à prendre chaque jour.

Le 8 mars,la malade peut légèrement remuer sa jambe. Elle nous raconte que deux jours auparavant, elle a éprouvé une chaleur considérable dans toute l'étendue de sa cuisse gauche, qu'elle croyait «Gtre dans une chaudière. » Elle ne présente aucun symptôme de thyroïodisme.

Le 12 mars, la malade nous dil que, pendant la nuit elle a pu

très facilement remuer sa jambe plusieurs fois de suite. Elle éprouve seulement de la difficulté pour la tourner en dehors.

Elle peut soulever le talon du plan du lit plus facilement que la dernière fois.

Pas d'accidents de thyroïdisme. Pouls un peu rapide, mais bon cl plein. Bon appétit. Pas de céphalée. Toujours sensation de chaleur considérable au niveau du trait de fracture.

15 mars. — La malade soulève très aisément son lalon. Les mouvements sont très faciles, ctelle les accomplit dès maintenant sans appréhension. La percussion et la palpation ne sont plus douloureuses. [1 y à 14 jours que la médication à lieu. On fail progressiveinent marcher la malade. La goutlière a élé supprimée.

Du 28 mars au 4 avril, on fail des massages qui rendent au membre blessé beaucoup plus de force. La malade marche très facilement et quitte l'Hôlel-Dieu dans le courant d'avril, alors qu'elle peut déjà marcher dans lhôpilal pendant le courant de la journée sans

être trop faliguée.

OBSERVATION XIX (résumée)

Service de M. le professeur Poncel.

Page 1