L OBSERVATIONS XXXIV-XXXV
(Poirier, Semaine médicale, n° +, 1900)
J'ai eu recours à la médication thyroïdienne dans un cas de fracture du fémur avec relard de consolidation. La thyroïdine n’a paru amener aucun résullal appréciable. Mais, dans un autre fait, où j'avais affaire à une fracture de jambe qui, après 9o jours, présentail encore de la mobilité, j'ai remis un appareil plätré pendant 5o jours en donnant en mème temps de la thyroïdine, el la conso-
lidation à été oblenue.
OBSERVATION XXXVI (inédite) (due d l’obligeance de M. Palel, interne à l'Hôlel-Dieu de Lyon.
secvice de M. le D' Jaboulay, Lyon 1900)
Malade couché au lit n° 11 de la salle Saint-Louis.
Le malade est entré le 11 novembre 1899, àgé de 45 ans. Il ne présente pas d’antécédents héréditaires, ni personnels à relever. Il n'a pas eu de maladies graves. Il Y a un an, il a eu une fracture compliquée de l'extrémité inférieure du péroné, avec luxation du pied en ceñors. La malléole interne sfaisait saillie sous les téguments,
Aujourd'hui 11 novembre, le Libia est intact, la melléole interne fait saillie sous la peau. Le plateau tibial se sent sur presque toute son étendue et forme la face inférieure du pied.
Le péroné cest fracturé au-dessus de la malléole externe. Celle-ci est déjetée complètement en dehors et fait une saillie bien appréciable sous la peau,
Le massif osseux du pied est déjeté antérieurement en dehors. Les os sont intacts.
M. Jaboulay fait une osléolomie de la malléole interne, une ostéoclasie du fragment supérieur du péroné, un redressement du pied. Ceci à lieu le 11 novembre et est suivi d’une immobilisation.
IL n’y a pas de suppuralion, mais la consolidelion ne se fait pas.
Le 18 janvier 1900, par conséquent 67 jours après l’opéralion, le malade prend des cachets de thyroïodine, à raison de 0,10 c/gr. par jour pendant 12 jours, jusqu’au 31 janvier.
La médication n’amène pas les troubles qui surviennent parfois, dus au thyroïodisme, mais un état général qui fait dire au sujet qu'il se sent malaise. Il remarque qu'au niveau du trait de fracture, le sang semble circuler, d’après les sensations qu’il éprouve, d’une manière plus active. En même temps, il ressent en ce point des picotements et des élancements. Il sort de l'hôpital le 15 février, complètement consolidé, n'ayant pas de silicate, avec une béquille dont
il ne veut même pas se servir, Action de la médication en r2 jours.
Notre camarade, Monsieur le D' Ser, dans sa thèse,
en 1900, rapporte 6 observations nouvelles :
OBSERVATION XXXVII (Ser. Service de M. le professeur Ollier, Lyon, 1900).
M. A., de Lyon, domestique, 19 ans, n° 19 de la salle Saint-Pierre, entre le r4 décembre 1898, réglée à 16 ans. Bonne santé habituelle, Assez vigoureuse. Fracture du tibia au liers moyen avec léger chevauchement. Entrée à l’hôpital de suite. Réduction et plâtre.
LH janvier. 21 jours après, peu de consolidation. Tous les matins, un corps thyroïde de mouton, et l’on cesse le r8 janvier. À ce moment, le cal est formé, la jambe parait solide.
25 janvier. En s'appuyant sur la jambe, celle-ci fléchit. La malade tombe. Immobilisation du 1* au 8 février, et chaque jour, un corps thyroïde de mouton. La consolidation ne se fait pas. On abandonne
la médication. On continue l’immobilisalion. Massage.
20 mars. — La malade demande à sorlir, à peu près consolidée. 26 octobre. — On la revoit, la jambe, dit-elle, n’a été tout à fait
solide que le 1°* juillet. A l'examen, la jambe gauche est très amaigrie. On constale un cal un peu exubérant à la partie moyenne du tibia, formant, à la porlion antérieure, une petite bosse presque de la grosseur d’une noix.
Pendant la médication, on n'a noté aucun syniptôme d’inloxica-
cation.