‹ De la Thyroiodine: Dans les Retards de Consolidation et dans les PseudarthrosesChapitre 8 sur 63 · PU AIRES · texte numérisé non relu

PU AIRES

e. Théories chimiques. — Weill, Sanquirico, Canalis, admettent que le corps thyroïde secrète une substance nécessaire au bon fonctionnement du système nerveux.

Crede, Zevas, Cuénot, s'occupent de la fonction hématopoiélique de la glande.

Horsley voit dans le produit de secrélion, l'élaboration d'une substance agissant sur les échanges organiques.

Ces dernières théories chimiques, un peu complexes, peuvent se ramener à une proposition qui est la suivante el que nous développerons quelque peu. car ses conséquences vont retentir d'une façon générale sur tout l'organisme, en premier lieu sur Ile système osseux. Le corps thyroïde fonctionne à la façon d'une glande secrélant un produit nécessaire au bon fonctionnement de l'organisme. Le produit, serait lui-même indispensable à l'intégrité absolue du système nerveux central, ou bien, ce qui est plus probable, servirait à diminuer ou à neutraliser une sublance toxique provenant des processus de désassimilation cellulaire et dont la présence dans l'organisme aurait des eflets nuisibles, en particulier sur le système nerveux central. Si l'on enlève la glande thyroïde, on à le myxœdème, que lon alténue par l'injection de corps thyroïde.

Dans des cas de myxædème non opératoire, Ord et Harley ont signalé l'altrophie de la glande, de même que dans le crétinisme Hilton Fagge, et dans lidiotie Bourneville et Bricon. Récemment Notkine, de Kicn, a publié un travail dont les conclusions. si elles se confirment. seraient importantes.

Admettant que la cachexie strumiprive est due à une

intoxication par une substance que, dans l'organisme

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sain, 1e corps thyroïde doit neutraliser, il a cherché à l'isoler. Il affirme l'avoir découverte dans la matière colloïde du corps thyroïde lui-même. Ce serait une substance albuminoïde à laquelle il a donné le nom de thyroprotéide et qui serait fortement loxique, surtout chez les animaux thyroïdectomisés. Cette substance serait très vraisemblablement le poison, qui, après la thyroïdectomie provoquerail, en s'accumulant la cachexie strumiprive. Le rôle du corps thyroïde serait d'épurer l'organisme de la thyroprotéide contenu dans le sang, d'emmagasiner celle substance dans les alvéoles de la glande, de la neutraliser, puis de la resliluer ensuite à la circulation alors qu'elle est devenue inoftensive. La thyroïde contiendrait alors le poison et le contre-poison. Wormser, en 1897, est de cet avis. La glande, pour lui, extrait du sang cerlains produits toxiques de désassimilation. Elle peut emmagasiner certaines substances, liode par exemple ctutiliser ces substances pour la préparation d'antiloxine. Si celle-ci n'est pas produite en quantité suffisante, il y a dans la glande une accumulalion de produits toxiques qui conduit au goitre.

Acona, presque en même temps fait des expériences dans le but d'établir l'action du suc thyroïdien comme antiloxine contre les produits toxiques de désassimilation ou comme ferment contribuant à l'assimilation des substances proléiques et enrayant l'accumulation de la mucine dans les tissus. Tout récemment, Gauthier de Charolles, s'est occupé fort activement, dans un long travail de cette question. La théorie antiltoxique, dit-il, telle qu'elle a été présentée par Notkine, puis complétée

par la découverte de Baumann peut être résumée de la

façon suivante : « la thyroprotéïde, substance nuisible, qui prend naissance dans l'organisme, subit au sein même de la glande, une neutralisation, une destruction par l'action de liodothyrine — substance bienfaisante, et de sécrétion thyroïdienne».

Mais,en y regardant de près. dit encore Gauthier, cette théorie antitoxique ne satisfait pas, et cela, pour plusieurs raisons, trop longues à développer ici. Finalement, dit le même auteur, «il semble que liodothyrine à une influence directe sur le mélabolisme sans même qu'il soil besoin de l'intermédiaire du système nerveux pour expliquer son influence sur la régulation des échanges intraorganiques. Quand la glande thyroïde, atrophiée ou dégénérée ne sécrèle plus cette substance. les troubles nutritifs qui en résullent sont immédiats et tiennent uniquement à l'absence dans l'organisme d'un principe qui augmente normalement l'intensité des échanges. En un mot, la régulalion des échanges apparaît comme pouvant être d'ordre chimique direct. Il existe certainement dans l'organisme des substances qui exagèrent, d'autres qui diminuent le métabolisme.

Par l'action ménagée de ces corps en quantité à peu près équivalente, doit être réalisé l'équilibre nultritif. L'iodothyrine est une de ces subslances, une des mieux déterminées chimiquement, bien qu'elle contienne encore beaucoup d'inconnues ».

Schiff, en 1894, avait conclu d'après des expériences que la glande thyroïde élabore une substance utile ou qu'elle détruit une substance nuisible au bon fonctionnement des centres nerveux. C'est, dans un cas, la

théorie antiloxique, mais dès que l'auteur veut préciser

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en parlant d'une action spéciale sur les centres nerveux, il rencontre des contradicteurs.

On à même dit que la glande, outre les fonctions qui lui incombent pour ainsi dire, directement, peut venir en aide à d’autres organes de l'économie, lorsque ceuxci ne suflisent pas à leur tâche. Ce serait comme un vaste système de glandes, formé par le foie, la rate, le thymus, les capsules surrénales, les reins, ele... agissant chacune pour arriver au même but final et se prêtant main forte au besoin. Lindemann, en effet, dans quatre cas d'ictère, dit qu'on a trouvé une sécrélion colloïde exagérée de la thyroïde. L'auteur conclut que les fonctions antitoxiques du foie, élant diminuées, il y a eu une exagéralion vicariante des fonctions antitoxiques de la thyroïde provoquée par le passage dans le sang des

substances toxiques ou peu désintoxiquées par le foie.

PHYSIOLOGIE DES GLANDES PARATHYROÏDES. — Tout ce qui concerne le rôle dans l'économie de la glande thyroïde se réduit actuellement en somme à une théorie, car les conceptions chimique et antitoxique concourent au même but, à savoir que la glande thyroïde secrèle une substance chargée de détruire un principe nuisible — ou produit un corps directement aclif. Le rôle des glandules parathyroïdiennes est moins bien défini et l'on est obligé de se rallier à trois théories principales entre lesquelles l'avenir se chargera de décider, el que de nouvelles expériences tendront peut-être à réunir.

Pour Gley, il faut voir deux choses distinctes el voisines dans leur action;

1° Elles suppléeraient la glande principale quand elle

fait défaut.

Eu y à associalion fonctionnelle entre les deux sortes de glandes. Elles préparent le produit -de secrétion qui se dépose ensuile dans la glande. L'iode des parathyroïdes est proportionnellement plus considérable que celui de la glande thyroïde. Il l'est encore plus que normalement lorsque l'on a extirpé celle-ci. La glande thyroïde renferme moins d'iode que normalement après la paralhyroïdectomie. Le myxœdème chez l’homme est thyro-parathyroïdien, car les glandes et les glandules font corps entre elles. C'est le myxœdème post-opératoire Lvpe, correspondant à l'état pachydermique et à la dépression psychique. Dans le myxœdème spontané, l'intégrité psychique existe.

Dans un travail récent, de 1898, M. le professeur Glev examine, en effet, les diverses hypothèses émises sur la signification physiologique de l'appareil thyroïdien : celle d'après laquelle la glande thyroïde n'est rien et les glandules parathyroïdes seules sont actives, est en contradiction avec les faits expérimentaux et doit être rejetée. Puis, après avoir critiqué les idées de Moussu, l'auteur manifeste nettement ses préférences pour une autre hypothèse : « Il se pourrait, écritil, que les glandules ne fussent pas suffisantes pour empêcher les troubles nutritifs à évolution lente qui aboutissent au myxædème, et d'autre part, que leur extirpation complète mit soudainement le reste de l'appareil, c'est-à-dire la glande en état de déchéance fonctionnelle. Il Y aurait entre les deux parties de cet appareil association fonctionnelle »:; Gley trouve la confirmation de cette hypothèse dans le fait que, lorsque lon enlève la glande thyroïde chez le chien comme chez le lapin, les glandules s'hypertrophient et éprouvent

peut-être aussi d'autres modifications.

Enfin, il a constalé que l'extirpation simple soit de la glande, soil des glandules, n'est pas suivie d'accidents, tandis que la mort arrive lorsque l'on enlève en même temps et les uns et les autres.

Moussu dit que les différentes glandes ont une action indépendante. |

L'insuffisance thyroïdienne se traduit par la cachexie strumiprive, l'insuflisance parathvroïdienne par des accidents aigus télaniques.

Ses conclusions sont les suivantes :

Les organes du système thyroïdien président à deux fonctions distinctes : une thyroïdienne et une parathvroïdienne.

La fonction thyroïdienne est rare chez les animaux domestiques et les oiseaux. Sa suppression amène Île crélinisme.

Cet élat crétinoïde n'apparaît que chez les jeunes el d'autant plus qu'ils sont opérés plus tôt.

Chez les adulles, la thyroïdectomie n'entraine pas d'accidents aigus, même pas chez les carnassiers. La survie est compalible, mais la cachexie strumiprive ou le myxædème peuvent survenir.

La fonction parthyroïdienne est indispensable aux actes intimes et permanents de la vie. Elle semble présider aux phénomènes immédiats de nutrition des tissus.

Sa suppresion donne une mort rapide si elle est totale, des troubles alarmants si elle est partielle.

On observe des symptômes d'insuffisance parathyrotïdienne analogues à ceux de la-maladie de Basedow.

Pour la portée pratique, et en admettant possible une

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conclusion des animaux à l'homme, on peut dire : Les accidents aigus: tétanie, lachycardie, dyspnée, poly pnée.…. après le goitre de quelque nature qu'il soit, sont des accidents parathyroïdiens.

Les accidents chroniques, abaissement de la température, affaiblissement intellectuel, myxœdème, sont exclusivement thyroïdiens.

La cachexie strumiprive doit fatalement se produire si la thyroïdectomie est faite pendant l'enfance et l'adolescence. Dans toute opération sur l'appareil thyroïdien. il faut respecter en tous cas les parathvyroïdes.

Enfin Brissaud suppose qu'un processus morbide, peut affecter soit les glandes, soit les glandules, et, à côté du myxædème complet post-opératoire, thyro-parathyroïdien, on a le myxœædème simplement thyroïdien, laissant intactes les fonctions psychiques correspondant à lintégrilé des parathyroïdes. D'où il conclut que celles-ci pourraient être préposées au bon fonctionnement des centres nerveux.

Ces deux dernières théories sont, on le voit, bien voisines l’une de l'autre.

Cilons enfin les résultats de quelques expériences de Vassale, Generali exécutées en 1896.

Les symptômes morbides qui suivent l’ablation des quatre glandules parathyroïdes sont analogues, disent ces auteurs, à ceux qui s'observent après la thyroïdectomie totale chez le chien et le chat, et l'extirpation simullanée du corps thyroïde et des glandes parathyroïdes. Les auteurs sont portés à croire que les effets funestes de l'extirpalion de ces glandules sont dus à l'abolition

de leur fonction spécifique, et ce qui surprend, c’est que,

chez ces animaux, la mort a lieu plus vite qu'après la thyroïdectomie totale. D'où l'on voit l'importance fonctionnelle considérable de ces quatre petits organes regardés à tort jusqu'à ce jour comme des restes embryonnaires .

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