MÉCANISME
Les premiers auteurs qui se sont occupés de la torsion des pédicules ont cherché à mettre en relief ce fait que ce mécanisme se produit d'autant plus volontiers que le pédicule est plus petit. C’est ainsi que Lawson Tait parlant des kystes de l’ovaire écrivait : « La torsion est snrvenue avec des tumeurs de toutes espèces, volumineuses, petites, lisses, globulaires, irrégulières. Pour qu’elles puissent se faire, il suffit que les tumeurs soient mobiles, et aientun pèdicule susceptible d’être tordu. »
La trompe ne paraît guère posséder ces deux conditions. Si elle est capable d’assez notables déplacements, elle ne peut les effectuer qu’en masse. Enfin son pédicule est volumineux et constraste singulièrement avec celui si mince et si grêle du kyste de l’ovaire.
Située entre l'utérus avec lequel elle communique à sa partie interne, rattachée à l’ovaire par le ligament tuboovarien, la trompe est incluse pendant une grande partie de son parcours dans l’épaisseur du ligament large. I y a donc là, à l’état normal, un vaste pédicule qui semble à l'abri de la torsion.
Il est dés lors difficile d'admettre que les déplacements ‘occasionnés par le jeu physiologique dés organes conte-
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fisants pour imprimer à cette masse ainsi pédiculisée un mouvement de rotation. Quelle perturbation peuvent apporter à la trompe les mouvements de l'intestin, l’état
de déplétion ou de réplétion du rectum, la vacuité ou la
distension de la vessie ? Il en est de même des mouve-.
ments violents et des attitudes que l’on donne au corps.
Comment alors expliquer le mécanisme ? Il nous parait nécessaire pour cela d'étudier en détail les modifications apportées à la trompe par l’état pathologique.
Sous l'influence du travail inflammatoire, le salpinx qui ressemblait à un cordon analogue au canal déférent et se logeait dans l’épaisseur du ligament large, se dilate et affecte la forme d’un boudin. Tantôt la dilatation est plus prononcée du côté de l’orifice abdominal et nous avons la forme d’une poire. Tantôt, enfin, elle est irrégulièrement augmentée de volume et: forme des. bosselures. Parfois la trompe est repliée,sur elle-même à tel point que la coupe de la tumeur formée par les annexes présente trois ou quatre sections de cet organe:
Si la trompe prend la forme d’un boudin, celui-ci peut se replier sur lui-même et former deux tronçons parallèles accolés ; à leurs extrémités se trouve, d’un côté, la portion interne petite et n'ayant pas participé à l’inflammation ; de l’autre le ligament tubo-ovarien.
La disposition affectée est celle d’un battant de cloche; l'organe qui à l’état normal portait-un vaste pédicule en possède maintenant un relativement petit. Il réunit les deux qualités requises par Lawson Tait pour la torsion : mobilité et petitesse du pédicule. Une des causes secon-
mon" i
daires que nous avons citées tout à l’heure peut intervenir et produire accessoirement cette torsion.
Tel est le mécanisme que l’on peut invoquer dans l’observation de Delbet. « La tnmeur est formée de deux parties adossées à peu près comme le serait une anse intestinale dont les deux bouts adhéreraient l’un à l’autre
par leur bord mésentérique. Le pédicule est très mince et
. du volume du-petit doigt à peu près.
Prenons une autre disposition, la piriforme. La partie
2 ; développée est surtout la partie externe, or, nous savons qu'en cet endroit la trompe s’est affranchie en partie de
ses Connexions ävec le péritoine. Son pédicule est donc
encore relativement faible ; de plus ses inégalités de dè-
veloppement déplaçant le centre de gravité de la tumeur en facilitent la rotation. Cest la forme trouvée chez la deuxième malade de Warneck et chez celle de Legueu. La trompe peut présenter également des inégalités de! calibre, ‘des rétrécissements sur son parcours. La partie externe n’en sera que plus libre encore puisque la torsion pourra s’effectuer en ce point rétréci. Dans l'observation dé Jacobs ce rétrècissement siégeait à trois centimètres! de lutérus. La première observation de Warneck est encore plus démonstrative : la trompe renfermait deux
tumeurs séparées par un rétrécissement ; l’externe seule | subit une torsion. |
En résumé la cause première de la torsion vient de la
“tumeur: Impossible, à l’état normal il faut pour qu'elle
puisse s’effectuer que la masse se pédiculise en quelque sorte ; c'est alors et alors seulement que les causes
secondaires qüe nous avons énumérées pourront interve- . # , ir ainsi que l'inégalité du développement de la tumeur.