CHAPITRE XIL
Il n'existe pas de catalogue de l'œuvre de La Tour aife Musée de Saint-Quentin. On en est réduit à quelques lignrs écrites à la main sur la minorité des cadres. Dernièrement, on a retrouvé aux archives de Laon un document précieux : Ce sont deux testaments par lesquels le frère de La Tour, son unique héritier , léguait à la ville de Saint-Quentin les fameux pastels à la charge de les vendre pour en transformer le prix en donations.
«.•u àaU Au iO "^oxi^mViYfc 1806.
« Je soussigné, Jean-François de La Tour, ancien officier de cavaîeiie, nomme et institue pour mon hga^aire universel
mon consin - germain maternel , Adrien - Joseph - Consiant Deliège, prêtre, à condition elà la charge par lui d'acquitter eîde payer tous les legs, savoir, fîc.
» Je donne et lègue à l'école gratuite de dessin, au l ureau de charité des vieux pativres infirmes, tontes trois fondations faites par Maurice-Quentin de La Tour, mon frère, tous les tableaux ci-dessous désignés, pour le produit delà vente qiii en sera faite à Paris, être distribué et partagé entre les trois bureaux de la manière que je dirai ci-après :
» Le portrait de l'abbé Hubert, lisant à la lumière de deux bougies.
» De Duclos , de l'Académie Française.
» De Forbanais , écrivain sur les finances.
» De l'abbé Pommier, conseiller de la grande chambre.
ï De Mane'ly , fameux bouffon.
r> De Du Pouche, peintre , maître de dessin de iTson fi ère. » De Diou, père Capucin.
» D'un Carme.
» D'un vieillard avec une barb^ .
» De Parrocel.
» De La Reynière, riche financier, peint en habit de velours cramoisi, brodé en or, assis dans un fauteuil , ayant une main dans sa veste et l'autre sur sa cuisse.
» De Marie Lekzinsky, épouse de Louis XV.
» La tête du fameux comte de Saxe.
» De M. d'Achery , ami de mon frère, dans un cadre pareil à celui de Jean-Jacques Rousseau.
» De Neofviile , {Vrmicr-génôral , en habit de maii e.
^ Dïî Crébilloîi , poêle tragique.
» De Jean-Jacques Housseau.
» De l'abbé Le Blanc , écrivain sur les Anglais.
» De Montdonviile , tenant son violon.
» De Sylvestre, peint en robe de chambre,
» De Le Moyne , sculpteur.
» D'un frère questeur, sa lire-lire à la main.
» D'un Diogène , la lanterne à la main.
» De Monet, directeur de l'Opéra.
» Deux superbes dessins de mon frère.
» D'une Dame peinte en bleu.
» Du prince Xavier de Saxe, qui vient de mîturir.
» Du marquis d'Argenson, peint en cuirasse.
î Celui d un Arménien.
3) Celui de Charles Maron, ancien avocat au Parlement.
ï Tous peints au pastel par mon frère ; et les suivants, peints à riiuile, savoir :
» Le portrait d'une jeune Damo qui peint , par C uMe Vanioo.
» D'un jeune Flamand.
). Du maréchal de Saxe.
» Alphée et Aréthuse.
» Une esquisse de Clairon en Médée , par Carie Vanloo.
» D'un Savoyard , par Creuse.
s Une chasse au faucon, par Wouvermans.
» Le Ûeuve Lelhé.
» Marc- Antoine, distriijuanl du pain au peuple.
» J'entends et je veux que tous ces tableaux soient vendus à Paris comme étant le lieu où on pourra en tirer un meilleur parti, surtout si les Anglais et les Russes y sont revenus, et que le produit de cette vente leur soit partagé (1). Je! désire qu'il soit conservé sur les revenus de l'école une somme suffisante pour donner des prix d'encouragement aux Jeunes élèves. »
kwKu l?,èto\?,ul du i4 mvè 1807.
« Je donne et lègue de plus à l'école gratuite de dessin pour rester à demeure dans la salle d'étude , savoir :
» Le portrait de mon frère , peint en habit de velours noir el une veste rouge galonnée en or, peint par Péronneau^ ei non une copie qui en a été faite.
» Mon portrait , peint à l'huile et en grand uniforme,^
» Celui d'un jeune homme qui boit.
» De d'Acliery , en habit bleu.
» De Restpzet , en habit gris.
y> D'un juge qui peint.
)) D'une jeune personne qui coud,
(1) M. Lemasle, professeur de dessin à Saint-Quentin, prétend que les pastels ont été envoyés à Paris pour être vendus, qu'un catalogue imprimé en a été fait, mais que les enchères ne montant pas au-deià de trois francs, la ville de Saint-Quentin fut obligée de ne pas obéir aux ^œux du testateur.
„ ii8 —
» D'un Monsieur en habit noir et grande perruque» )' D'une dame hollandaise en domino.
» De M. de La PopeJinière.
y D'une jeune personne qui tient un pigeon sur le bras. » D'une autre jeune personne à demi-nue. S) D'une autre jeune personne, id.
» Oi^atre têtes de vieillards.
s Quarar.te-six têtes d'études dans des petits cadres noirs. » Neuf autres têtes d'études dans des cadres plus grands, a Le superbe tableau de la famille Royale qui n'a pas été achevé.
» Une petite dormeuse. »