‹ De la TourChapitre 3 sur 18 · LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER

» Madame?

LA COMTESSE

s Mais approciiez-vous donc, je ne peux pas vous parler d'une lieue ; écoulez que je vous dise. »

Elle parle à Foreille du cbevaiier ; le peintre ne peut plus travailler ; l'abbé cherche à faire poser la comtesse ; mais la comtesse remue consiammenl. Elle prie le chevalier de lui donner un peu de tabac parfumé et l'abbé est engagé à raconter des historiettes de la ville.

LE PEINTRE

a Madame, un peu de mon c(^é , s'il vous plait; l'épaule

effacée un moment. Bon.

LA COMTESSE

» Mais, Monsieur, je ne pourrai jamais me tenir comme cela. »

Enfin le portrait est terminé avec beaucoup de peine, îorsqu'arrive la présidente qui vient chercher la comtesse. La présidente s'extasie sur quelques portraits d'hommes qu'elle reconnaît. « Je vous assure, dit la présidente au peintre, que je ne me ferai jamais peindre que par vous. »

LA COMTESSE {montrant son portrait).

« Madame , ceni. ment irouvez-^vous celui-cî?

LA PRÉSIDENTE

)> Ah! qu'est-ce que cela? Attendez, je cherche , ne dites, rien... je connais quelqu'un qui ressemble i\ cela. Et tenez » rintendanle de...

LA COMTESSE 0

9 Madame d'André. Fi donc !

LA PRÉSIDENTE

» Elle est mieux que cela.

LA COMTESSE

» Je vous dis que cela n'est pas elle; regardez bien .

LA PRÉSIDENTE

». En ce cas-là je ne sais pas qui c'est. Voyons le vôtre.

LA COMTESSE

» Mais c'est le mien.

LA PRÉSIDENTE

» Vous cela ?

LA COMTESSE c.

» Assurément.

LA PRÉSIDENTE

y> Allons, jamais cela ne vous a ressemblée

LA COMTESSE

a Moi , je le trouve fort bien et tout le monde le trouve a merveille.

LA PRÉSIDENTE

» Moi, point du ioui. {Au peintre). Monsieur, qu'en dites-, vous? N'esl-il pas vrai qu'il n'est pas ressemblani?

LE PEÎNTRE.

» Je ne peux pas dire cela , moi , Madame.

LA PRÉSIDENTE

» Mais vous conviendrez bien que ce n*est pas là son nez , il est moins long que cela; ni la bouche, ni les yeux ; il a bien quelque chose du front , encore ses cheveux sont mieux plantés. En un mot , elle est plus blanche, et puis comme c'est peint! le rouge est inégal... Et vous êtes contente, vous, Madame? Tenez, regardez, avez- vous comme cela le dessous du nez barbouillé?

LE PEINTRE

& Ah! Madame, c'est l'ombre.

LA PRÉSIDENTE

» Oui ; on dit toujours l'ombre , î'ombre. Moi je ne vois pas d'ombre,

LA. COMTESSE

». Monsieur, ne pourriez-vous pas ôtcr cela?

LE PEINTRE

» Non , Madame.

LA PRÉSIDENTE

« C'est inutile, il ne sera jamais bien.

LA COMTESSE

» Comme on voit pourtant! ÎI m'avait paru assez bien ; à présent que je le regarde... tenez, je ne l'avais pas vu comme cela de côté ; il est horrible.

LE PEINTRE

» Eh ! Madame, vous ne le voyez pas dans son jour.

LA COMTESSE

» Monsieur, je le vois très-bien; mais je suis à présent, comme la présidente, et je regrette bien le temps que j'ai perdu à me tenir.

LE PEINTRE

s C'est-à-dire, Madame, qu'il n'est pas ressemblant?

LA COMTESSE

s Oui j Monsieur.

l'abbé.

9 Mais, Madame, si vous vouliez. Monsieur y reiou-

clierail;.

LA PRÉSIDENTE

» je vous dis encore une fois que c'est inutile, Tabbé, vous ne vous connaissez à rien. »

Par ce fragment qui n'a rien d'exagéré dans les détails , on apprend à connaître les mille misères du peintre de portraits. Grands seigneurs et bourgeois, marquis ei griscites , hommes de robe et hommes d'épée ne sont qu'un seul et même type dans râtelier d'un peintre.

La Tour qui , plus lard , ne voulut pas achever le portrait de mesdames de France parce qu'elles le faisaient attendre et qu'il n'était pas homme â subir les caprices des princesses, devait bien malmener ses modèles.

« C'était un spectacle amusant, dit le chanoine Duplaquet , de voir des hommes altiers et suppliants dans le cabinet de La Tour , payer la peine des relards et des dédains qu'é* prouve l'humble humanité dans les antichambres de leurs palais. »

A part le second membre de phrase de l'abbé Duplaquet (chanoine de l'église d'Auch , prieur commendataire de Valentine, chapelain conventuel de l'Ordre de Malte, censeur royal — et philosophe), on voit que La Tour aimait à faire faire aux grands seigneurs l'antichambre qu'il avait foite plus d'une fois dans sa jeunesse.

Un de ses contemporains, un collectionneur, Mariette qui a laissé sur lui une page inédite sur les marges de VAbeccdario

pittorico (i) , a dit : « Son humeur est singulière et sa façon d'agir avec une infinité de gens qu'il disait être de ses anus et dont à ce titre il a voulu faire le portrait, ne lui fait pas d'honneur. Il a méprisé de très-honnêtes présents qu'ils lui offraient et les a traités en vrai corsaire. » Mais je ne prends du bonhomme Mariette que ce qu'il m'en faut, trouvant plus de mal que de bien dans sa courte note, et attribuant peutêtre à une intelligence un peu vulgaire celte espèce d'animosité contre le pastelliste.

M. Bucelly d'Estrées, l'ami du peintre, a écrit qu'il ne voulait pas peindre les imbécilles. « La naissance, la fortune ne faisaient pas exception à cette loi. » Ët cela se comprend, tout le monde approuvera le peintre. 11 y a toujours entre le peintre et son modèle de secrètes affinités : le peintre de portraits, j'entends les grands artistes qui ont fait des portraits, doit voir clair dans le moral de son modèle; s'il ne voit pas ou s'il ne devine pas le moral , il ne peut rien comprendre au physique. Il pourra faire au besoin un portrait ressemblant , mais bête. Le peintre qui s'aperçoit qu'il a devant lui une chose au lieu d'un homme, des yeux sans feu , un front sans intelligence , une bouche qui ne demande qu'à manger , des oreilles plates , un nez d'oiseau , comment voulez-vous qu'il ne se trouve pas magnétisé rien qu'en

( I ) Manuscrit qui ne le sera plus demain , grâce à la publication qu'en fait actuellement à la librairie Dumoulin , M. Pli. de Ghennevières, infatigable colieclioniieur de matériaux sur les Beaux-Arts.

regardant un tel animal qui parle à tort et à travers, et qui répand en entrant dans Falelier un brouillard d'ennui jaune, Quel portrait peut-il tirer d'une semblable machine î

Faire le portrait d'un homme , c'est léguer ses traits à la postérité pendant cinq ou six cents ans. C'est donc faire un riche cadeau à un homme, c'est l'honorer, c'est Télever. A quoi bon si je crois ù mou génie de peintre , fixer sur la toile, buriner sur une médaille, tailler dans le marbre la physionomie d'un être qui n'en a pas? Me payàt-il dix mille, cent mille livres, mon œuvre ne sera jamais assez payée pour le service que je rends à ce richard.— J'ai mon voisin le bourgmestre qui ne m'a jamais mis à l'amende quand je restais trop tard à la taverne ; ses joues pendent et dans son menton on taillerait la figure d'un honnête homme ; le sang lui coule également partout, sans nuances ; sou nez seul bleuit; mais il a la joie, il a la santé, la vie déborde. Je peux faire son portrait , a dit Jordaens. Rembrandt a pu dorer de sa fine poussière d'or les vices d'un avare de son temps ; Holbein s'est plu à nous montrer le profil sévère, protestant et anguleux des modestes savants de son temps. C'était des êtres qui pensaient , qui rêvaient, c'étaient des êtres qu'une amitié reliait au peintre.

Mais se mettre en communication avec un imbécile ; tenir l'œil attaché sur l'œil morne d'im niais, jamais La Tour ne le voulut. De son temps surtout, les fermiers-gé« ncraux remplissaient la ville : ils faisaient autant de tapage qu'un sac d'écus qu'on jette par une fenêtre. Ils avaient les

plus jolies filles de théâtre, ils voiilaieiu avoir les meilleurs peintres. Les comédies , les mémoires et la tradition nous ont conservé ce type bouffi, suffisant, bruyant comme Polichinelle sans en avoir la gaîté. Un M, de la Reignier, fei mier - général , demanda ù être peint par de La Tour qui refusa longtemps et finit par consentir. Le portrait lirait ù sa fin; cependant le peintre n'était pas content; il sentait bien qu'il était entré dans une fâcheuse voie en acceptant ce portrait, il le trouvait mauvais. La sottise du fermier-général avait déteint sur ses pastels; pour un riën il eût déchiré le portrait. De son côté le traitant trouvait la pose fatigante; il regardait maintenant comme un supplice ce qui lui avait tant souri dès l'abord; à chaque séance, il demandait si c'était la dernière. La Tour fixa enfin la dernière séance ; pour un motif ou un autre le fermier-général ne vint pas 5 l'atelier ; il envoie son domestique prévenir qu'il n'a pas le temps aujourd'hui. — Ton maître est un sot que je n'aurais jamais dû peindre, dit La Tour furieux de ce qu'on le faisait attendre. « Le domestique était assez de l'avis du peintre.

Assieds-toi, ta figure me plaît, je vais te peindre. — Mais, Monsieur, si je tarde à rendre réponse à M. de la Reignier, on me mettra à la porte.— Bah ! je te placerai. » Le portrait fut fait ainsi ; le fermier-général n'eut jamais le sien , le domestique fut chassé, et La Tour se vengea en plaçant le domestique et en racontant l'anecdote qui nous a été conservée par le chevalier d'Estrées. Elle doit être vraie, car elle rend bien le tempérament fantasque et irrilabhi du pcintie.

Le même biograï>he nous apprend qu'il eut quek|ue peine à se faire admettre par les maîtres de son temps. « Rigault ^ dit-il, ne comprit de La Tour cl ne devint son ami que dix ans plus lard, quand il fut bien en cour, que la (ineur du roi le nomma son peintre et qu'il devint membre de l'Aca^ dëmie de peinture ; mais dès son arrivée à Paris , il devint l'ami de Largillère, le grand peintre de portraits qui devina son talent, sans qu'il eût besoin d'être académicien. »

J'imagine que pendant ses heureux dix ans d'obscurité, il se lia avec immensément de gens d'esprit, d'iiommes de lettres, de journalistes, d'abbés, de filles d'opéra, tous gens de mœurs spirituelles et faciles. îl connut Crébillon , J.-J. Rousseau, Duclos, Helvétius, l'abbé Hubert, le musicien Mondonville , Restout , le maréchal de Saxe, M'^^ Fel l'actrice ; il connut Diderot et c'est son plus grand bonheur, car il a inspiré à Diderot quelques pages adî|îirables qui vivront plus que ses pastelSo

eiAPlTRE II.

lE entre à l'Acatléaibie.

Après dix années d'obscurité , du moins sur sa vie , La Tour entra à l'Académie , en qualité d'agréé , qui était le premier grade académique. Pour obtenir ce grade il fallait soumettre un sujet de son choix au jugement du corps administratif. « L'œuvre était exposée (i) dans une salle, isolée, car on ne jugeait que très-rarement deux artistes dans la même séance. Chaque officier examinait le tableau en silence, et se rendait ensuite dans la salle d'assemblée, où il déposait son vote, qui restait secret. Généralement le nombre des volants était de trente à irenie six, et le candidat devait réunir les deux tiers des voix plus une pour être reçu. Une

(1) De l'exposition cl du jury, brochure anonyme, 1818. Cette lirochure est attribuée en partie à M. Jeanron , directeur des Musées sous le gouvernement provifsoiro.

ft)is admis, l'agrée avait droit toiuc sa vie à l'exposilion publique sans passer par un autre examen; seulement, dans les trois années suivant son admission , il était tenu de présenter un nouvel ouvrage pour se faire recevoir académicien. Son morceau de réception appartenait à la compagnie , et allait enrichir les archives des Beaux-Arts , qui devenaient ainsi un véritable Musée national. »

Son morceau de réception à l'Académie fut le portrait du peintre Restout qui était fort remarquable , mais qu'il* retoucha par la suite» d'où la colère de son biographe Mariette. « Je ne saurais lui pardonner la hardiesse avec laquelle il vient de gâter le beau portraîvde Hestout qu'il s'est fait remettre à l'Académie , je ne sais sous quel prétexte; apparemment qu'il s'est cru en état de mieux faire, et sans s'apercevoir de combien il était déchu , il l'a retravaillé et l'a entièrement perdu. Quel dommage ! »

Watteletqui était chargé de l'article Peinture dans l'Encyclopédie, a mieux expliqué que Mariette celie hardiesse et ne s'est pas aussi fort échauffé la bile. « La Tour a gâté dans sa vieillesse, dit-il , plusieurs de ses meilleurs tableaux et entre autres le très-beau portrait de Restout qu'il avait donné à l'Académie pour sa réception. Il faut avouer cependant que dans ces malheureuses opérations il parlait d'un grand principe, celui de sacrifier aux têtes tout l'éclat des accessoires. Ce fut par ce principe qu'il changea le brillant vêtement de soie dont il avait drapé Je portrait de Restout , en un simple habit de couleur brune. »

Be La Tour apportait dans l'art les inquiétudes de son^ espiTt; il n'clait jamais content; si on l'avait laissé faire, il eût corrigé un an ses pastels les mieux réussis; comme beaucoup d'artistes qui n'ont pas conscience de la terminaison d'une œuvre, peut-être eût-il fallu emporter son portrait de force.

Wattelet a dit que La Tour ne travaillait pas facilement, « parce qu'il se piquait d'une grande précision et ne se conleniait pas de ce qu'on appelle des à peu près; mais il terminait ses ouvrages par des touches savantes et un travail ragoûtant qui leur donnait l'apparence de la plus grande facilité. »

Après tout , ce portrait dont Wattelet a bien expliqué la tendance, ne fut-il pas aussi perdu que le dit Mariette le eatalogueur. La Tour croyait parachever son œuvre à laquelle il tenait d'autant plus qu'il estimait Restoui par-dessus tous ses amis. « Dans son salon, dit M. Buceîly d'Estrées, on voyait Helvétius et Nollet qu'il nommait ses bons amis , Cré» billon, J.-J. Rousseau, Duclos, Dupuis, Voltaire, Diderot, d'Alembert, de la Condamine, Duffon, le vainqueur de Fonlenoy, de Paulmy, d'Argenson, l'abbé Hubert dont il aimait tant la conversation, Orry , ministre des finances, Piron , Mondonville , célèbre violoniste et tant d'autres. Dans son atelier on voyait Rethou (le biographe veut dire Kestout) qu'il a peint, artiste qu'il se plaisait à appeler son maître; le sculpteur Le Moine auquel nous devons le busie de La Tour ; Vien , qui fut ie maître de David , Carie

Vanloo , Pîgale , Vernel , Parocel , Largillère et Rig-aud. s Ainsi La Tour ne se fût pas amuse à faire un essai sur le portrait de son meilleur ami, son maître, s'il n'eût été certain do le rendre meilleur. Diderot qui allait flâner de temps en temps chez les peintres d'esprit et qui avait la rage de discuter sur les arts, a justement parlé de ce fameux portrait ; en quelques lignes il a développé tout le système du peintre de pastels,

« J'ai trouvé La Tour payant un tribut à la mémoire de Restent dont il peignait le porlrait d'après un autre de lui dont il n'était pas satisfait. « Oîi ! le beau jeu que je joue, me dit-il , je ne saurai que gagner. Si je réussis, j'aurai l'éloge d'un artiste ; si je ne réussis pas , il me restera celui d'un bon ami. » 11 m'avoua qu'il devait infiniment aux conseils de Restent, le seul homme du même talent qui lui ait paru vraiment communicaiif ; que c'était le peintre qui lui avait appris à faire tourner une tête et à faire circuler l'air entre la figure et le fond , en reflétant le côté éclairé sur le fond et le fond sur le côté ombré ; que soit la faute de Restout, soit la sienne, il avait eu toutes les peines du monde à saisir ce principe malgré sa simplicité: que lorsque le reflet est trop fort ou trop faible , en général , vous ne rendez pas la nature, que vous êtes faible ou dur, et que vous n'êtes plus ni vrai ni harmonieux (1). »

(1) Ce fragment n'a été imprimé, ni dans les œuvres complètes de Diderot , ni dans les œuvres posthumes , ni dans aucime édition.

D'après Diderot , La Tour n'aurait donc pas gâté son pretnier portrait de Restout, puisqu'il en faisait une copie, quelque chose comme une nouvelle édition revue et corrigée. Ces sortes de retour sur soi-même sont du reste fréquents chez certaines natures qui non contentes de suivre le vers trop cité de Boileau, veulent encore retoucher leurs œuvres à différentes époques de leur vie. Quand Diderot visita La Tour , il était déjà ûgé, et le peintre voulait revoir avec ses yeux de cinquante-cinq ans ce qu'il avait vu vingt ans auparavant. Déjà ses connaissances encyclopédiques, son acharnement à la lecture en avaient fait ce vieillard bizarre que nous retrouverons plus tard parlant aux arbres, pour le plus grand étonnemenl des Saint-Quentinois.

Il est rare qu'une œuvre gagne à être revue longtemps après. Si elle est mauvaise dans le principe , rien ne la rendra meilleure, ni les procédés acquis, ni l'expérience, ni la sûreté de touche. Si elle était bonne, mais avec quelques défauts dus à la jeunesse, pourquoi ne pas laisser ces inexpériences, dates précieuses de la première manière d'un maître? Quelques tableaux de la jeunesse de Rembrandt ont leurs oppositions d'ombre et de lumière comme chez les maîtres espagnols. Ne sont-ils pas aussi précieux que ses dernières œuvres noyées dans un clair-obscur d'or? Un biographe raconte qu'il a en sa possession deux épreuves d'un roman de M. de Balzac : dans la dernière , qui était définitive , M. de Balzac avait enlevé un morceau remarquable et l'avait remplacé par quelques lignes bien inférieures. Les génies iné-

gmx commeltent souvent de ces fautes. Si l'artiste court toute sa vie après un idéal qu'il ne peut atleindre , c'est

dans les œuvres nouvelles et non dans les imciennes qn'll doit verser le fruit de ses découvertes, •

Page 1