‹ De La Toux Dans La Tuberculose Pulmonaire Chronique Ses Complications Essai De Traitement SymptomatiqueChapitre 30 sur 37 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBsSERVATION |.

Recueillie dans le service de M. le professeui SaBRAzÈS. hôpital Pellegrin.)

Tuberculose pulmonaire fibro-caséeuse, à évolution lente.

Jean M.., 32 ans, employé de bureau.

Ce malade entre dans le service d'isolement de l'hôpital Pellegrin, le 42 juin 1925, parce qu'il tousse, crache el maigrit.

Antécédents héréditaires. — Père et mère bien portants.

Antécédents collatéraux. — Un frère mort de bacillose pulmonaire à l’âge de 22 ans.

Antécédents personnels. — Le malade à eu la rougeole et le croup dans la première enfance. En août 1914 il reçoit un éclat d’obus sur le ceinturon, sans pénétration. Evanouissement; trois heures après, vomissement de sang. Le malade ne peut préciser si c'était du sang aéré, spumeux. Il est fait prisonnier à ee moment : 50 mois de captivité. En 1915-1916, s’enrhume plusieurs fois chaque hiver. En 1917 il est hospitalisé pendant quelque temps pour bronchite

«chronique. À son arrivée en France le malade dit se trouver en bon état : 70 kilos. Depuis deux ou trois ans une ou plusieurs bronchites chaque hiver. |

Histoire de la maladie. — En juin 1924 : bronchite d’une durée

de deux mois; le malade est obligé de cesser son travail et d’aller

se reposer à la montagne. Depuis janvier 1925, il dit avoir maigri

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de 12 kilos; il se sent plus fatigué, il lousse et crache davantage; l’appétit a diminué. Sueurs nocturnes.

Examen. — Etat général relativement bon; sujet robuste; légèrement amaigri, pâleur des téguments peu prononcée.

Température : soir, 37°8: matin, 37°2.

Appareil respiratoire :

Signes fonctionnels : expectoration légère, muco-purulente.

Point de côté interscapulaire exacerbé par la toux.

Toux le plus souvent sèche, quinteuse, très souvent répétée; plus fréquente la nuit que le jour, empêchant le malade de dormir. Ne s'est jamais accompagnée de vomissements. Pas d’hémoptysie.

Sueurs nocturnes peu abondantes.

Cliniquement : Sommet droit : douleur à la pression au niveau du trapèze; légère submatité; expiration soufflante el quelques sibilances; rien à signaler à la base droite.

Sommet gauche : submatité dans la fosse sus-épineuse; respiration rude et granuleuse; pas de bruits surajoutés.

A la base gauche : légère diminution du murmure vésiculaire.

Larynx. — Pendant un mois, voix voilée. Ce symptôme a nécessité un examen laryngoscopique, qui a révélé la présence de quelques granulations; mais pas d’ulcérations. Actuellement voix normale.

Appareil circulatoire. — Tension artérielle, Mx : 14, Mn : 8, I : 4; pouls régulier.

Appareil digestif. — En mai et juin 1925, crises de diarrhée, 2 à 3 selles par jour; actuellement ce symptôme a disparu; l’anorexie persiste.

Radioscopiquement. — L'ensemble du poumon droit est gris; le sommet s’éclaire mal; à la partie inférieure du lobe moyen : traînée sombre, probablement fibreuse.

Examen des crachats. — En juin 1925, 1" analyse : quelques bacilles de Koch; en août 1925, 2° analyse : négative.

Traitement. — La toux n’était pas calmée par une potion calmante avec benzoate de soude, teinture d’aconit, Sirop de codéine, sirop de goudron.

Le 20 octobre 1925, nous commençons à donner au malade un comprimé de spasmalgine à prendre avant de s'endormir. Ce soir-là

le malade se réveille vers 11 heures, il est pris de vomissements. Il reste éveillé trois quarts d'heure, puis se rendorl; le reste de la nuit est bon. Cet accident, le seul que nous ayons observé de ce genre, ne s’est pas reproduit. Après deux ou trois jours de traitement, les quintes nocturnes disparaissent. Le malade dort de 21 heures à 6 heures. Dans la journée la toux est moins forte, moins souvent répétée. Les sueurs nocturnes disparaissent. La température reste la même, Pas de modifications du côté de l'appétit. L'expectoration n’est pas gênée. Nous arrêtons la médication le 30 octobre. L'amélioration se maintient pendant cinq ou six jours; puis la toux diurne augmente légèrement d’intensilé; mais le malade continue à passer de bonnes nuits sans se réveiller.

Nous reprenons le traitement le 4° novembre, toujours à la dose de un comprimé. Même amélioration pour les quintes diurnes. Nous cessons toute médication le 10 novembre. L'amélioration s’est maintenue en partie jusqu’au 25 novembre. À ce moment, le malade prend froid. La toux augmente à nouveau. Nous reprenons le traitement. Pas de modifications du poids.

OBSERVATION JL.

(Recueillie dans le service de M. le professeur SaBrazÈs.)

Bacillose à forme cortico-pleurale. Evolution lente.

René Cout.…, 26 ans; journalier.

Ce malade est entré à l'hôpital Pellegrin le 17 juillet 1923, sur les conseils de son médecin, qui a porté le diagnostic de tuberculose

pulmonaire.

Antécédents héréditaires. — Pas d’antécédents bacillaires. Antécédents personnels. — Coqueluche à 6 ans. Le malade est su-

jebaux bronchites dès l’âge de 7 ans. Il a commencé à tousser et à cracher à 13 ans.

Histoire de la maladie. — Début difficile à préciser. Bronchites répétées depuis le jeune âge; première hémoptysie en 1921; une autre en 1922; une troisième après l'entrée à l'hôpital. Amaigrissement de 40 kilos.

Lx ei,

Examen. — Teint pâle, yeux cernés. Asthénie.

Température : matin, 36°8; soir, 3802.

Appareil respiratoire. — Signes fonctionnels; un point de côté violent à droite; léger enrouement; toux quinteuse, violente, survenant le soir vers 23 heures, continuant pendant la première moitié de la nuit, empêchant le malade de dormir, et reprenant vers 8 heures du matin; pas de sueurs nocturnes; expectoration peu abondante, muco-purulente. |

Signes physiques : Côté droit : submatité surtout nette en arrière au niveau du sommet; rudesse du murmure vésiculaire; frottements pleuraux; expiration prolongée; quelques craquements au sommet; quelques râles sous-crépitants fins dans les deux tiers inférieurs du poumon.

Côté gauche : respiration souiflante et frottements pleuraux au sommet.

Examen de crachats. — Analyses à plusieurs reprises; positives au début, elles sont toutes négatives depuis un an et demi.

Appareil circulatoire. — Tension artérielle, Mx : 12; Mn : 8; I : 2. Pouls régulier : 96 pulsations par minute.

Appareil digestif. — Bonne dentition; langue saburrale au centre, rosée à la périphérie et aux bords; bonnes digestions; ni diarrhée, ni constipation; légère anorexie. |

Traitement. — Ce malade a été traité comme le précédent. A la dose de un comprimé pris le soir vers les 23 heures, lors du premier réveil habituel, réveil occasionné par la quinte de toux, les quintes nocturnes disparaissent et le malade peut se reposer. Quelque temps après nous lui faisons prendre le comprimé un peu plus tôt, vers 21 heures; le malade arrive à dormir de 21 heures à 6 heu-

res sans tousser. Pas de sensation désagréable au réveil. Les quintes

diurnes s’espacent également. L'amélioration persiste.

La =

OgservaTion IL

(Recueillie dans le service de M. le professeur SABRAZÈS.)

Tuberculose pulmonaire cavitaire des deux sommets, à évolution

subaiquë, et étant venue compliquer une péritonite bacillaire.

Emile Nau….., 22 ans.

Syndrome cavitaire très accentué des deux sommets, comme le prouvent les signes d’auscultalion et l’expectoration très abondante et bacillifère. Etat général très touché, sujet très amaigri. Asthénie et anémie très prononcées. Le pouls est irrégulier et bat à 120. Fièvre à grandes oscillations : matin, 3802: soir, 40°. De temps en temps, crises de diarrhée. Le malade a présenté, à plusieurs reprises, de la toux émétisante. Actuellement, il ne soufire pas de cette complication. Mais anorexie presque absolue. Sueurs profuses nocturnes qui obligent le malade à se changer deux à trois fois par nuit.

Toux. — Dans la journée, le malade à des quintes de toux violentes, s’accompagnant d’une expectoration abondante, visqueuse; crachats nummulaires. Ces quintes redoublent la nuit et interdisent tout sommeil au malade. Les médicaments employés depuis six mois, potions calmantes diverses avec dionine ou codéine et pilules avec extrait thébaïque employées tour à tour, pilules de pantopon n’ont pas beaucoup modifié cet état.

Traitement. — Le 15 octobre 1925, nous commençons un traitement par la spasmalgine, à raison de deux pilules prises, la première à 9 heures du soir, la seconde dans le courant de la nuit au moment du premier réveil. Au bout de peu de jours une amélioration $C produit : Ja toux nocturne s’amende, les sueurs diminuent et le malade peut se reposer pendant quelques heures. Le trâitement est continué. Le 23 octobre, au matin, le malade nous signale une gêne de l’expectoration el une sensation d’étouffement. Nous prescrivons 60 grammes de sirop de Desessartz par 24 heures et nous cessons la médication Spasmalginique.

Les symptômes toux el sueurs profuses nocturnes réapparaissent,

NO

nous sommes amené à reprendre, le 4 novembre 1925, le traitement par la spasmalgine associée au sirop de Desessartz. Cette fois le malade prend trois pilules dans le courant de la nuit. Le 7 novembre, le malade se plaint à nouveau de ne pas pouvoir cracher; il accuse en outre des cauchemars et des hallucinations. Nous cessons immédiatement la médication par la spasmalgine.

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