OBSERVATION IX
(Due à l’obligeance de M. le docteur Pauzar.)
L°°,248 ans.
À présenté, à la suite d’une paratyphoïde survenue en 1919, dès l'année suivante, des signes de condensation du sommet droit en même temps que des signes d'intoxication générale : amaigrissement, sueurs, inappétence, fièvre vespérale.
Les signes fonctionnels, et en particulier la toux, sans expectoralion marquée, sont allés en s’aggravant. En 1922, le malade fut obligé de cesser son travail. À ce moment, les signes pulmonaires consistent, au sommet droit, en submatté, augmentation des vibra- Lions, respiration soulfflante, retentissement de la voix haute et chuchotée, craquements. A l'examen radioscopique : opacité du sommet droit, chaîne ganglionnaire très importante, surtout du côté droit. A l'examen bacilloscopique : pas de bacilles de Koch.
La toux devient à ce moment émétisante, au point de gêner beaucoup l’alimentation du malade. Les premiers calmants donnés, sirop de codéine, belladone, æthone, extrait thébaïque : 2 à 3 centigrammes par jour, le calmaient très mal. La spasmalgine fut alors administrée à la dose de deux comprimés par jour, donnés chacun avant le repas. La loux émétisante disparut tout de suite. La spasmaigine fut donnée pendant quinze jours, sans donner des signes d’intolérance, puis cessée; et la médication tonique récalcifiante fut alors reprise.
Trois mois après la toux émétisante se reproduisit : nouvelle cure de spasmalgine dans les mêmes conditions et nouvel arrêt des vomissements. Depuis elle ne s’est pas reproduite. Cependant la tuberculose a continué d'évoluer avec une grande lenteur. De petits râles humides sont apparus au sommet droit et, en 1924, deux ans après ‘la toux émétisante, la bacilloscopie est devenue positive. En même temps des signes d'infiltration ont envahi le sommet opposé.
Le malade a fait, au mois de mai dernier, une broncho-pneumonie, qui a évolué en quinze jours, et dont il a bien guéri.
Actuellement, bien que présentant toujours des signes locaux pul-
monaires et une bacilloscopie positive, vérifiée il y a deux mois, il a ua état général relativement bon et peut faire chez lui des travaux de menuiserie.
Il s’agit, en somme, d’un cas de tuberculose pulmonaire, à évolution très lente, vraisemblablement fibreuse, ayant présenté, au cours de l’évolution, à deux reprises, un syndrome de toux émétisante. Ce syndrôme, après quinze jours de traitement à la spasmalgine, a été chaque fois complètement modifié dans son évolution : les vomissements se sont arrêtés dès le début de la médication, permettant une alimentation normale, et n’ont pas repris à la suspension du médicament, qui a semblé exercer ici une espèce d’effet de discipline particulièrement heureux. :