‹ De la toxicité des alcoolsChapitre 14 sur 26 · EQUIVALENTS TOXIQUES EXPÉRIMENTAUX DES ALCOOLS · texte numérisé non relu

EQUIVALENTS TOXIQUES EXPÉRIMENTAUX DES ALCOOLS

Alcool Formule Equivalent toxique

Méthylique CH*0 ..... 25,25

Ethylique C«H«0 11,70

Propylique C'fTO. . . .». 3,40

Isobutylique C*H'*0 f,45

Amylique C*H**0 .... 0,63

On voit par ces chiffres que les valeurs des équivalents toxiques satisfont entièrement à la loi que Rabuteau d'abord, puis Dujardin-Beaumetz et Audigé avaient formulée, à savoir que la toxicité croît avec le point d'ébullition ou avec le nombre d'atomes de carbone compris dans la molécule, ce qui ne constitue que deux énoncés d'une même loi, puisque Ton sait depuis longtemps qu'il y a une relation entre le point d'ébuUition et la constitution pour la série homologue des alcools.

Or cette loi présentait uae exception, et une exception importants, puisque po jr ces auleurs Talcool méthylique, l'esprit de bois, avait une toxicité plus grande que Falcool ethylique, son homologue supérieur. D'après les recher- <:hes de MM. Joffroy et Serveaux, cette exception n'existe plus, l'alcool méthylique est moins toxique que Falcool ethylique, et la loi devient absolue.

VD

Ces résultats comme les précédents se sont trouvés -confirmés dernièrement par les recherches de M. Picaud^ récemment exposées par M. Marey au nom de cet auteur •devant l'^^cadémie des sciences, recherches concernant la toxicité relative de quelques alcools. D'après M. Pi- •câud (1) les expériences instituées par Rabuteau, Dujardin-Baumetz, Audigé n'ayant porté que sur des mammifères (chiens, porcs, etc.), il restait pour généraliser la loi <lont nous avons parlé, à démontrer qu'elle se vérifie également pour d'autres animaux de la série zoologigue.

« Dans ce but, dit cet expérimentateur, nous avons ^< fait des recherches sur les poissons, les batraciens et « les oiseaux. Avec de tels animaux, l'administration de ^ l'alcool, par la voie stomacale ou par la voie hypoder- « mique devient inutile ; il n'y a qu'à ajouter de l'alcoo' « au milieu dans lequel ils vivent.

« Nous avons placé nos poissons (carassius auratus)et « nos batraciens (triton vulgaris) dans des solutions titrées -« d'alcool et nos oiseaux (carduelis élegans) sous desclo- « ches dont l'atmosphère était saturée de vapeurs alcoolise qtoes. Nous avons toujou/rs remarqué : 1" que l'alcool étky- « lique était réellement toxique, mais moins que les alcools « propylique, butylique et amylique ; 2" que la toxicité de « ces derniers augmente avec le poids de leur molécule.

« D'après MM. Dujardin-Baumetz et Audigé, l'alcool « méthylique (CH*0) serait plus toxique que l'alcool et kyli- « qwe. Nous l'avons essayé et il nous a donné uae toxicité

(1) Picaud. Sur la toxicité des alcools. Bulletin de f Académie des sciences. Séance du 12 avril 1897.

€ moindre ; cela devait arriver, puisque son point d'ébul- € lîtion (66°) est moins élevé que celui de Talcool éthyli- 4i que (78°).

< Les résultats auxquels nous sommes arrivés peuvent € ainsi se résumer :

Toxicité relative

Alcool méthyliqae 2/3

Alcool éthylique 1

Alcool propylique »

Alcool butylique 3

Alcool amylique 10

Nous n'insisterons pas sur la valeur relative de ces résultats, qui n'ont du reste la prétention que d'être approximatifs; ils viennent dans tous les cas corroborer, dans une certaine mesure, le bien fondé des résultats obtenus par M. le professeur Joffroy.

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